Après le « renouveau » de Madrid, Paire retombe dans ses travers à Rome

Après le « renouveau » de Madrid, Benoît Paire a de nouveau craqué à Rome. Battu (6-4, 6-3) par Stefano Travaglia, le Français a sombré dans le deuxième set suite à un litige avec l’arbitre.

Benoît Paire at Madrid in 2021

« C’est un peu le début de ma saison, une sorte de renouveau, expliquait Benoît Paire après avoir passé le premier tour du Masters 1000 de Madrid, en mettant ainsi fin à une série de sept défaites consécutives. Cette ambiance de Coupe Davis (en référence à quelques dizaines de fans l’ayant soutenu avec vigueur durant ce match), ça me fait aimer le tennis. Je joue aussi pour les gens qui sont là, ça me fait chaud au cœur. » Dans le huis clos romain, sans l’ombre d’une âme pour le soutenir face à Stefano Travaglia, le Français a de nouveau craqué.

Breaké à 3-3 dans l’acte initial, le natif d’Avignon a eu une occasion d’égaliser dès le jeu suivant. En vain. Peinant à trouver son meilleur niveau malgré quelques coups de pattes magiques dont il a le secret, il a fini par plier quelques instants plus tard face à l’invité italien, 69e mondial. 6-4, en 42 minutes, malgré seulement 47 % de premières balles passées par son adversaire. Peu après, il rompait définitivement.

Cédant aux démons qui dansent régulièrement sous son crâne, Paire a vécu un petit enfer à partir de 6-4, 2-2. Comme souvent, c’est un litige avec l’arbitre qui l’a entraîné vers les abîmes. Convaincu d’être floué après une discussion autour d’une marque proche du couloir, l’actuel 35e du classement ATP ne s’est jamais remis de cet épisode.

Dans la foulée, il a offert son engagement pour la deuxième fois de la rencontre en commettant trois doubles fautes. Bien que débreakant dans un sursaut d’orgueil, il a sombré en restant focalisé sur la décision de M. Bernardes. Témoin de cette frustration non dissipée : la scène de la photo. Téléphone portable en main, il est allé immortaliser la trace de la discorde après la poignée de main.

JEAN-PAUL LOTH, c’est la personne âgée ?

Si deux hommes étaient physiquement présents sur le court, un seul l’était encore réellement dans sa tête. Sorti du match, discutant avec l’élue de son cœur entre les points, Benoît Paire a quelque peu lâché les trois derniers jeux de la partie pour s’incliner 6-4, 6-3 en 1h20. De quoi pousser Jean-Paul Loth, consultant pour Eurosport, à un constat sur son attitude.

« Sans aucune méchanceté de ma part, ce n’est pas admissible d’avoir un comportement pareil à ce niveau de tennis. Là, il n’a pas été mal élevé, ni grossier, mais ce n’est pas un joueur professionnel. C’est un saltimbanque. »

Résultat, peu combattif pour terminer la partie sur la brique pilée de Rome, Benoît Paire a retrouvé de la verve en dehors, sur une autre surface : celle des réseaux sociaux. « JEAN-PAUL Loth, c’est la personne âgée ? », a-t-il balancé en commentaire d’une vidéo publiée par le compte Twitter du média pour lequel travaille l’ancien capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis.

Dans la capitale italienne, Paire cumule souvenirs grandioses et moments de colères cultes. Révélé au grand public par sa demi-finale en 2013 – la plus belle performance de sa carrière dans un tournoi aussi important – perdue suite à un duel accroché avec Roger Federer après avoir écarté Juan Martin del Potro, il s’était laissé aller un coup de sang mémorable contre Nicolas Mahut en 2017. L’an passé, face à Jannik Sinner, il avait dégoupillé en balançant le match… suite à une prise de bec avec l’homme perché. A défaut de confirmer le « renouveau », Benoît Paire « régale » dans le domaine de l’éternel recommencement.

Je sens que mon tennis est toujours là

Après la débâcle, celui qui a fêté ses 32 ans le 8 mai en se faisant vacciner contre la COVID-19 ne s’est pas montré inquiet pour sa carrière à court terme. Grâce au règlement permettant de conserver 50 % des points obtenus en 2019 pour les évènements non joués en 2020, il va conserver un statut suffisamment bon pour intégrer directement les tableaux principaux.

« Je me suis fait vacciner il y a deux jours (samedi), j’ai encore un peu mal suite à la piqûre, c’est un peu lourd pour lever le bras. Je le savais. Le résultat n’est pas le plus important », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par L’Equipe. « J’ai gagné deux matchs en deux ans et je suis encore 35e mondial. Je profite du système. On me parle souvent du classement, mais je vais conserver des points de 2019 avec mon titre à Marrakech, ma finale à Lyon et mes deux huitièmes à Roland et Wimbledon. Même si je descends, je serai 50e. Il faudra juste retrouver un peu de plaisir sur le court quand la pandémie sera passée. »

Désormais, Benoît Paire compte enchaîner les semaines de compétition et bosser pour être le mieux préparer possible en vue de Roland-Garros, où le public devrait le pousser à se dépasser.

« Je vais m’entraîner. Je suis en train d’essayer de trouver un entraîneur, de trouver de l’aide sur le plan physique. Je ne dis pas que je laisse tomber. Je n’abandonne pas. Je dis juste que c’est dur en ce moment sur les tournois à huis clos. Je vais à Genève avec mes parents la semaine prochaine, après à Parme puis Roland-Garros. À Roland, il va y avoir un peu de monde, je vais essayer de retrouver un peu de plaisir. Je n’ai pas trop peur car je sens que le tennis est toujours là. C’est dans la tête que c’est difficile. »

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