La France s’agite en coulisses pour retrouver une Coupe Davis dans l’esprit de l’ancienne

Au détour de sa conférence de presse avant de lancer la compétition jeudi, le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, Sébastien Grosjean, a confié qu’il était en discussion avec certains de ses pairs pour revenir à la formule « home&away ».

Sebastien Grosjean Leon Smith

Ce n’est pas la première fois qu’il en parle et manifestement, Sébastien Grosjean commence aussi à s’activer en coulisses. Le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, qui attaquera sa campagne 2021 jeudi (16h) contre la République tchèque, est un farouche partisan de l’ancienne formule de la compétition, ou tout du moins de la particularité qui en faisait (pour beaucoup) le charme principal : le principe du « home&away », à savoir des rencontres disputées à domicile ou à l’extérieur.

L’ancien numéro un français a expliqué en avoir longuement parlé pendant le Rolex Paris Masters avec Leon Smith, le capitaine de la Grande-Bretagne, qui figure dans le même groupe (C) que la France. Ce dernier s’est lui aussi déclaré attristé par la nouvelle formule en vigueur depuis 2019, consistant à rassembler les équipes dans une unité de temps et de lieu (neutre), même s’il faut préciser que des rencontres « home&away » demeurent pour les barrages et les divisions inférieures.

Je crois qu’il est temps de se mettre autour d’une table.

Sébastien Grosjean

« Lui, ce qui le dérange, c’est d’avoir les informations une fois que les décisions sont prises », a expliqué le capitaine tricolore, plus disert sur ce sujet que pour étayer sa sélection et notamment son choix de n’avoir finalement pas retenu Hugo Gaston parmi les cinq titulaires. « Il en parle beaucoup avec Andy Murray, ils ont peut-être appris qu’un lieu avait déjà été établi pour l’année prochaine… », a-t-il également lâché, énigmatique.

L’allusion concerne probablement l’hypothèse d’un déménagement de la Coupe Davis au Moyen Orient. The Telegraph a écrit mercredi que, selon ses informations, Kosmos avait signé un accord qui déboucherait sur le déménagement de la Coupe Davis à Abou Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, pendant cinq ans, après avoir envisagé la même opération en Arabie Saoudite.

Sébastien Grosjean, vainqueur de la Coupe Davis en 2001, fait comme s’il était encore temps de faire machine arrière. Il espère réunir tous les acteurs concernés pour décider de l’avenir de la compétition. « Je crois qu’il est temps de se mettre autour d’une table avec les instances et les joueurs afin de voir comment l’on peut remettre cette Coupe Davis au « home&away », trouver la formule qui permette de l’intégrer dans le calendrier et aux meilleurs de venir la disputer », a-t-il ainsi déclaré. Moi, je suis pour. Maintenant il faut la volonté de tout le monde pour que cela se fasse. Et, si possible, que cela se fasse avant que le calendrier soit établi. » 

Les propos de l’ancien quadruple demi-finaliste en Grand Chelem font écho à ceux de son joueur, Richard Gasquet, interviewé ce mercredi dans l’Equipe. « Je pense que ça (la Coupe Davis) reviendra, dans deux-trois ans, à quelque chose plus dans l’esprit. Au niveau économique, je ne vois pas comment c’est possible de tenir en l’état », estime le Biterrois.

En 2018, la Fédération internationale, qui était historiquement en charge de l’organisation de la Coupe Davis depuis ses origines (en 1900), a vendu le droit d’exploiter la compétition au groupe Kosmos, lancé par le footballeur espagnol Gérard Piqué, qui a acquis les droits opérationnel pour 25 ans, moyennant un somme de trois milliards de dollars. Avec pour objectif, donc, de révolutionner la formule ancestrale de l’épreuve, devenue certes vieillissante, pour en faire une auto-proclamée Coupe du Monde des nations.

Cet investissement colossal paraît aujourd’hui d’autant plus démesuré que l’édition 2020 a été annulée en raison du contexte sanitaire, et qu’une partie de l’édition 2021 (la phase de poules à Innsbruck) se jouera à huis-clos. Et ce alors que la nouvelle formule, toujours pas vraiment stabilisée puisqu’elle évoluera encore en 2022 (avec le passage de 18 à 16 équipes), continue de susciter la défiance des nations historiques du jeu.

Le clan français, qui a toujours été parmi les plus contestataires de cette nouvelle formule, sentirait-il le vent tourner au gré de ses discussions avec les hautes instances ? Possible. Et un retour en arrière, aujourd’hui, ne paraît plus si impossible…

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