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Invasion de l’Ukraine par la Russie : Andreï Medvedev et Alexandr Dolgopolov délaissent eux aussi la raquette pour les armes

Après Serhiy Stakhovsky, les anciens joueurs Andreï Medvedev et Alexandr Dolgopolov, ukrainiens, ont eu aussi décidé de défendre leur pays.

Andreï Medvedev, Serhiy Stakhovsky Andreï Medvedev (à gauche) et Serhiy Stakhovsky (via Instagram)

13e mondial en 2012 et premier ukrainien à battre un numéro 1 mondial grâce à sa victoire contre Rafael Nadal à Indian Wells en 2014, Alexandr Dolgopolov avait officiellement annoncé l’arrêt de sa carrière l’an passé. A 32 ans, trois années après son dernier match officiel. Sa retraite, qu’il espérait paisible, a pris un tournant dramatique.

A l’instar de Serhiy Stakhovski, Dolgopolov a choisi de délaisser la raquette pour les armes afin de défendre son pays, comme il l’a annoncé le 16 mars.

“J’ai déjà commencé à m’entraîner au tir”, a-t-il expliqué en story Instagram. “Je ne suis pas devenu Rambo en une semaine, mais j’arrive à toucher la cible trois fois sur 5 au niveau de la tête, à 25 m, dans des conditions d’entraînement calmes.(…) C’est mon pays, je le défendrai avec tous ceux qui sont restés. Je suis fier de la façon dont nous nous sommes unis pour luter contre la pression d’un dictateur fou comme Poutine.”

La veille, le 15 mars, un post publié par Stakhovski révélait qu’Andrei Medvedev – actuel capitaine de l’équipe d’Ukraine de Coupe Davis, ancien numéro 4 mondial et finaliste de Roland-Garros 1999 – avait lui aussi décidé de se battre pour son pays.

Yastremska, finaliste à Lyon une semaine après avoir dû fuir la guerre

A la demande de ses parents, mais sans eux, Dayana Yastremska fuyait l’Ukraine avec sa petite sœur de 15 ans, Ivanna, le 25 février après avoir passé deux nuits dans un parking souterrain. Huit jours plus tard, elle s’est qualifiée pour la finale du tournoi de Lyon. Déjà héroïque au premier tour pour s’imposer (3-6, 7-6, 7-6) en sauvant deux balles de matchs, la jeune femme de 21ans, 140e mondiale, ans a remporté un nouveau match renversant (7-6, 4-6, 6-4) en demi-finale, contre Sorana Cirstea.

La tête sur le court, mais le cœur en Ukraine comme sa compatriote, Elina Svitolina jouait le tournoi de Monterrey cette semaine. Si son parcours s’est arrêté en quarts de finale contre la Colombienne Camila Osorio, l’Ukrainienne, émue lors de l’interview sur le court après son premier tour, avait confié qu’elle reversait à l’armée de son pays tout le prize money gagné au cours du tournoi.

En signe de solidarité envers l’Ukraine, l’équipe de France de Coupe Davis, qui affrontait l’Équateur en barrage pour de la phase finale vendredi et samedi, arborait de drapeau jaune et bleu sur son survêtement, cousu au niveau de l’épaule gauche. Un fanion qui apparaît également sur la veste de l’arbitre de chaise.

Les instances dirigeantes ont suspendu la Russie et la Biélorussie des compétitions par équipe

Mardi 1er mars 2022, les instances dirigeantes du tennis – l’ATP, la WTA, l’ITF, Tennis Europe et les quatre tournois du Grand Chelem – ont pris des décisions conjointes suite à l’invasion de la Russie par l’Ukraine. Par un communiqué, ils ont statué quant aux situations des fédérations russe et biélorusse (la Biélorussie étant l’alliée et complice de la Russie sur le plan militaire) ainsi que leurs joueurs en décidant de suspendre toutes les équipes nationales russes mais d’autoriser les joueuses et joueurs à participer aux compétitions à titre individuel.

Les derniers développements du conflit peuvent être suivis ici.

La Russie est-elle exclue du monde du tennis ?

En tant que nation, oui ; mais les joueurs russes, non. L’ITF a précisé les conditions dans lesquelles les ressortissants russes pouvaient continuer à pratiquer le tennis sur la scène internationale :

  • L’ITF a pris la décision de suspendre l’adhésion des fédérations russe et biélorusse de tennis et de les exclure de toute compétition internationale par équipes jusqu’à nouvel ordre. Cette action suit l’annulation des tournois ITF en Russie et en Biélorussie pour une durée indéterminée.
  • Pour le moment, les joueurs russes et biélorusses sont toujours autorisés à participer aux compétitions internationales sur les différents circuits et en Grand Chelem. Toutefois, ils ne pourront pas jouer sous les noms et drapeaux de leur pays jusqu’à nouvel ordre.
  • L’ATP et la WTA ont pris la décision de suspendre le tournoi de Moscou prévu en octobre

Les positions des joueurs russes et biélorusses :

  • Daniil Medvedev : “Aucun enfant ne devrait cesser de rêver”

Après s’être dit émotionnellement, et négativement, impacté par l’annonce de l’invasion russe en conférence de presse à Acapulco, le nouveau numéro 1 mondial a publié un message de paix via les réseaux sociaux le 27 février, quatre jours après l’invasion russe :

Vous souvenez-vous de ce que j’ai dit après la finale de l’Open d’Australie ? Cette histoire était seulement à propos de moi, de mes rêves d’enfant. Aujourd’hui, je veux parler au nom de tous les enfants du monde. Leurs vies débutent à peine, ils sont tous des rêves et tellement d’expérience à vivre. C’est pourquoi je veux demander la paix dans le monde, la paix entre les pays. Les enfants naissent en ayant confiance en le monde, ils croient tellement en tout : les gens, l’amour, la sécurité, la justice, leurs chances dans la vie. Unissons-nous, tous ensemble, pour leur montrer qu’ils ont raison. Aucun enfant ne devrait cesser de rêver.”

  • Andrey Rublev : “No war, please”

Le 20 février, quatre jours avant le début de la guerre, Andrey Rublev remportait, en plus du simple, le tournoi de double à Marseille. Associé à un Ukrainien, Denys Molchanov.

“On ne fait pas de politique”, avait alors répondu le Russe en conférence de presse. “On fait du sport. Le sport est une activité qui permet de réunir les gens, même s’ils encouragent chacun leur équipe ou leur joueur. Simple. Paix à tous.”

La semaine suivante, lors de son parcours victorieux à Dubaï, il signait la caméra d’un “No war, please” après sa qualification pour la finale. Un message qui a fait le tour du monde, Rublev ayant été le premier sportif russe de haut niveau à se désolidariser de la décision de son gouvernement.

  • Anastasia Pavlyuchenkova : “Stop à la violence, stop à la guerre”

Le 28 février, Anastasia Pavlyuchenkova, 13e joueuse mondiale et finaliste de Roland-Garros 2021, s’est publiquement opposée à la guerre :

“Je joue au tennis depuis que je suis enfant. J’ai représenté la Russie toute ma vie. C’est ma maison, mon pays. Désormais, je suis prise d’une peur totale, tout comme mes amis et ma famille. Mais je n’ai pas peur d’exprimer clairement ma position. Je suis contre la guerre et la violence. Les ambitions personnelles ou politiques ne peuvent justifier la violence. Tout ça nous enlève notre futur, mais aussi celui de nos enfants. Je suis perdue et ne sais pas comment aider dans cette situation. (…) Stop à la violence, stop à la guerre.”

https://twitter.com/NastiaPav/status/1498269581445632007?s=20&t=chFkExsucfHHYL-joc-BMA

  • Victoria Azarenka : “Je suis dévastée”

Le 2 mars 2022, Victoria Azarenka a publié un message de paix sur son compte Instagram :

“Je suis dévastée par les actions qui ont eu lieu ces derniers jours contre l’Ukraine. C’est déchirant de voir combien de personnes innocentes ont été affectées et continuent d’être affectées par une telle violence. Depuis ma petite enfance, j’ai toujours vu et connu les peuples ukrainien et biélorusse, ainsi que les deux nations, amicales et solidaires. l’une envers l’autre.”

“Il est difficile d’assister à la violente séparation qui a lieu actuellement au lieu de se soutenir et de trouver de la compassion pour l’autre. Mon cœur est avec tous ceux qui sont directement et indirectement touchés par cette guerre qui cause une telle douleur et souffrance pour tant de personnes. J’espère et souhaite la paix et la fin de la guerre.”

Comment joueurs et joueuses ukrainiens réagissent sur le circuit 

  • Elina Svitolina : “Tout mon prize money de Monterrey ira à l’armée ukrainienne”

Le 28 février, avant son entrée en lice à Monterrey, Elina Svitolina avait annoncé qu’elle ne jouerait plus contre une adversaire russe ou biélorusse jusqu’à ce que ce que les instances dirigeantes du tennis se soient clairement exprimées par rapport à la demande des joueurs ukrainiens de respecter les recommandations du CIO : faire jouer Russes et Biélorusses sous une bannière neutre.

“Je ne blâme aucun sportif russe”, avait-elle tenu à préciser. “Ils ne sont pas responsables de l’invasion de notre terre-mère. En outre, je souhaite rendre hommage à tous les joueurs et joueuses, particulièrement les Russes et les Biélorusses, qui ont courageusement pris position contre la guerre. Leur soutien est essentiel.”

Suite au communiqué ATP, WTA, ITF annonçant que Russes et Biélorusses n’évoluaient plus sous les couleurs de leurs pays, l’actuelle 13e joueuse mondiale a bien pris part au premier tour du tournoi de Monterrey où elle a éliminé – 6-2, 6-1 – la Russe Anastasia Potapova. “C’est un tournoi très, très particulier pour moi”, a-t-elle déclaré, émue, lors de l’interview sur le court. “Tout le prize money que je gagnerai cette semaine ira à l’armée ukrainienne.”

  • Dayana Yastremska : “Mon cœur était dans mon foyer et mon esprit devait lutter sur un court”

Restée, dans un premier temps, en Ukraine avec sa famille, Dayana Yastremska a finalement fui le pays avec sa petite sœur de 15 ans, Ivanna, le 25 février. “Après avoir passé deux nuits dans un parking sous-terrain, mes parents ont pris la décision de nous faire quitter l’Ukraine à tout prix”, a-t-elle expliqué via Instagram. “Maman, papa, on vous aime très fort. Prenez soin de vous. Je t’aime, mon pays. Prenez soin de vous, les Ukrainiens.”

Invitée au tournoi de Lyon cette semaine, où elle également reçu une wild-card pour participer au double avec sa sœur, 21e du classement WTA à 19 ans en janvier 2020, a franchi le premier tour en simple mardi. Une victoire 3-6, 7-6, 7-6 terminée en larmes après 3h05 de jeu et deux balles de match sauvées face à Ana Bogdan. “Mon cœur était dans mon foyer et mon esprit devait lutter sur un court, c’est très compliqué, a-t-elle confié en conférence de presse. “Mais en comparaison à ce qui se passe dans mon pays et ce par quoi je suis passée, je me disais que ce (le match) n’était pas si important.”

Mercredi, les sœurs Yastremska ont été reçues par le maire de Lyon, Grégory Doucet, qui a tenu a leur affiché son soutien.

  • Serhiy Stakhovski : engagé dans la réserve de l’armée ukrainienne

Ayant mis un terme à sa carrière de joueur professionnel cette année, Serhiy Stakhovsky, toujours classé à la 230e place à l’ATP, a décidé de se battre pour son pays. Au sens littéral, en prenant les armes. “L’armée a ouvert la liste de réserve à tous ceux étant prêts à se battre, a-t-il expliqué, en larmes, lors d’une interview pour Sky Sports. “Je n’avais pas les documents nécessaires pour entrer dans le pays, mais ils ont changé les règles et toute personne motivée peut s’inscrire désormais. Je n’ai aucune expérience militaire.”

Ce mercredi, via Instagram, l’ancien tombeur de Roger Federer au deuxième tour de Wimbledon 2013, a décrit les expériences traumatisantes vécues jusqu’à présent : “Vivre toute cette violence qui nous est imposée par les troupes russes et le régime de Putin… Voir les larmes dans les yeux des gens qui sentent leur avenir incertain… Ça me mène à une conclusion… Nous devons triompher… NOUS NE DEVONS PAS NOUS RENDRE !”

 
 
 
 
 
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