15 octobre 2001 : Le jour où Jennifer Capriati est devenue numéro 1 mondiale pour la première fois

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, retour en 2001 pour voir comment Jennifer Capriati est devenue numéro 1 mondiale, 11 ans après ses incroyables débuts sur le circuit.

Jennifer Capriati, On this day 15.10.2001

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : numéro 1 après avoir pensé à la retraite

Ce jour-là, le 15 octobre 2001, Jennifer Capriati accède à la première place du classement WTA. L’ancienne prodige, qui, à l’âge de 14 ans, avait été la plus jeune joueuse de tous les temps à entrer dans le top 10 et à atteindre les demi-finales de Roland-Garros, avait réussi à revenir de nulle part après avoir failli prendre sa retraite au milieu des années 1990. En 2001, elle avait triomphé à la fois à l’Open d’Australie et à Roland-Garros et se rapprochait du sommet depuis quelques semaines.

Les acteurs : Jennifer Capriati, après la pluie, le beau temps

Jennifer Capriati est née en mars 1976, à Long Island, New York. En 1986, sa famille déménage en Floride. Sous la houlette du père de Chris Evert, Jimmy, elle devient un véritable enfant prodige. Ses coups surpuissants du fond de court font forte impression. A 13 ans, elle remporte Roland-Garros juniors, et elle passe pro l’année suivante, avant d’avoir fêté ses 14 ans.

En mars, elle atteint la finale du premier tournoi WTA qu’elle dispute, à Boca Raton, seulement battue par la n°2 mondiale, Gabriela Sabatini (6-4, 7-5). Déjà 24e mondiale, elle devient la plus jeune joueuse à se hisser en demi-finales de Roland-Garros en battant la 8e mondiale, Mary Joe Fernandez, avant d’être battue par Monica Seles (6-2, 6-2). Éliminée en huitièmes de finale de l’US Open par la n°1 mondiale, Steffi Graf (6-1, 6-1), la voilà à présent 11e mondiale.

En 1991 et 1992, Jennifer Capriati poursuit son ascension fulgurante. L’Américaine atteint les demi-finales à Wimbledon ainsi qu’à l’US Open, et décroche la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Barcelone, aux dépens de Steffi Graf (3-6, 6-3, 6-4).

Capriati supporte pourtant mal la pression médiatique. En 1994, elle va jusqu’à arrêter temporairement le tennis, traversant alors une sombre passe (elle est arrêtée pour vol à l’étalage et détention de stupéfiants). De retour en 1996, elle n’obtient pas de grands résultats jusqu’à l’Open d’Australie 2000, où elle atteint les demi-finales. C’est le début d’une nouvelle carrière et, en  2001, Capriati remporte deux titres consécutifs du Grand Chelem à l’Open d’Australie et à Roland-Garros.

Jennifer CAPRIATI – Tennis – Tournoi de Rome – 15.05.2004 – 1/2 Finale – Panoramic

L’histoire : Hingis abandonne, Capriati numéro 1

En octobre 2001, après avoir remporté les deux premiers Grands Chelems de l’année, Jennifer Capriati est une prétendante logique à la place de numéro 1 mondiale, occupée sans interruption par Martina Hingis depuis mai 2000. Personne n’avait triomphé à Melbourne et à Paris la même année depuis Monica Seles, en 1992. Après sa finale épique remportée contre Kim Clijsters à Paris (1-6, 6-4, 12-10), certains experts avaient même commencé à se demander si elle pourrait réaliser le Grand Chelem calendaire. Cependant, elle a été vaincue en demi-finale à Wimbledon (par Justine Henin, 2-6, 6-4, 6-2) et à l’US Open (par Venus Williams, 6-4, 6-2).

Grâce à ces résultats, elle se hisse à la deuxième place mondiale. Lorsque commence le tournoi de Filderstadt, Capriati est tout près d’atteindre la première place. Pour rester au sommet du classement, Martina Hingis doit absolument remporter le tournoi. La Suissesse est contrainte à l’abandon en demi-finale en raison d’une blessure au pied. Capriati est alors assurée de devenir numéro 1 mondiale la semaine suivante, malgré sa propre défaite contre Sandrine Testud en quart de finale.

Capriati : « Je n’ai jamais pensé que je me tiendrais ici 11 ans plus tard »

Le lundi 15 octobre 2001, onze ans après être devenue la plus jeune joueuse à atteindre les demi-finales de Roland-Garros, Jennifer Capriati est enfin numéro un mondiale. Sa carrière a connu de nombreux hauts et bas. Après son triomphe à Roland-Garros, elle avait déjà dit à quel point elle appréciait ses récents succès, selon Sports Illustrated

« Je n’ai jamais pensé que je me tiendrais ici 11 ans plus tard, après avoir joué pour la première fois ici quand j’avais 14 ans. Vraiment, j’ai l’impression de vivre un rêve éveillé. »

Atteindre la première place après avoir ainsi touché le fond lui permet de profiter encore plus intensément, comme elle l’explique elle-même, selon le Globe and Mail :

« Je pense qu’on apprécie davantage quand on est plus âgé. Je suis également fière de revenir après tout ce qui s’est passé dans ma vie, de profiter du tennis et de jouer aussi bien. Je pense que cela montre à tout le monde qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser son talent et ses rêves. »

« Pour une raison quelconque, cela n’était pas censé se produire à l’époque », confie aussi Capriati au journaliste sportif Juan C. Rodriguez. Je dois dire que cela a été un voyage unique pour moi, une histoire unique, je pense, pour tout le monde. »

Jennifer Capriati, Wimbledon 2004 / Panoramic

Postérité du moment : 17 semaines au sommet

Cette semaine-là, pour son premier tournoi en tant que numéro un mondiale, Jennifer Capriati s’inclinera en demi-finale face à Lindsay Davenport (6-1, 5-7, 6-2). En plus de cela, le 5 novembre, Davenport récupèrera la première place, qu’elle avait déjà occupée auparavant, et elle empêchera aussi Capriati de terminer l’année au sommet.

En 2002, Capriati ajoutera un troisième titre du Grand Chelem à son palmarès, sauvant quatre balles de match pour battre Martina Hingis en finale de l’Open d’Australie (4-6, 7-6, 6-2). Capriati restera n°1 mondiale pendant 17 semaines au total, mais Serena Williams commencera bientôt sa domination, en battant sa sœur Venus en finale des quatre prochains tournois du Grand Chelem. Atteignant les demi-finales de quatre autres tournois majeurs, Capriati restera dans le top 10 jusqu’en 2004, date à laquelle elle prendra sa retraite en raison d’une blessure à l’épaule.

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