13 janvier 2003 : le jour où Capriati est devenue la première tenante du titre à être éliminée au premier tour de l’Open d’Australie

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, nous retournons en 2003 pour voir comment Jennifer Capriati, numéro 3 mondiale, alors qu’elle s’était détachée 6-2, 4-2, a fini par être éliminée par Marlene Weingartner, 90e mondiale, devenant ainsi la première tenante du titre à quitter l’Open d’Australie dès le premier tour.

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Capriati, double tenante du titre, prend la porte d’entrée

Ce jour-là, le 13 janvier 2003, Jennifer Capriati, double tenante du titre, s’est inclinée au premier tour de l’Open d’Australie face à Marlene Weingartner, 90e mondiale (2-6, 7-6, 6-4). L’Américaine ne s’est pas totalement remise de l’opération des yeux qu’elle a subie à la fin de la saison précédente.

Les personnages : Jennifer Capriati et Marlene Weingartner

  • Jennifer Capriati, double tenante du titre

Jennifer Capriati est née en mars 1976, à Long Island, New York. En 1986, sa famille déménage en Floride, où, sous la houlette du père de Chris Evert, Jimmy, elle devient un véritable enfant prodige. Ses coups surpuissants du fond de court font forte impression sur l’ensemble du tennis féminin. A 13 ans, elle remporte Roland-Garros juniors, et elle passe pro l’année suivante, avant d’avoir fêté ses 14 ans. En mars, elle atteint la finale du premier tournoi WTA qu’elle dispute, à Boca Raton, seulement battue par la n°2 mondiale, Gabriela Sabatini (6-4, 7-5). Déjà 24e mondiale, elle devient la plus jeune joueuse à se hisser en demi-finales de Roland-Garros, battant la 8e mondiale, Mary Joe Fernandez, avant d’être battue par Monica Seles (6-2, 6-2). Éliminée en huitièmes de finale de l’US Open par la n°1 mondiale, Steffi Graf (6-1, 6-1), la voilà à présent 11e mondiale. En 1991 et 1992, Jennifer Capriati poursuit son ascension fulgurante, atteignant les demi-finales à Wimbledon ainsi qu’à l’US Open, et décrochant la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Barcelone, aux dépens de Steffi Graf (3-6, 6-3, 6-4). Malheureusement, elle supporte mal la pression médiatique, et en 1994, elle va jusqu’à arrêter temporairement le tennis, traversant alors une sombre passe (elle est arrêtée pour vol à l’étalage et détention de stupéfiants). De retour en 1996, elle n’obtient pas de grands résultats jusqu’à l’Open d’Australie 2000, où elle atteint les demi-finales. C’est le début d’une nouvelle carrière : depuis lors, Capriati n’a pas quitté le top 10, remportant au passage deux tournois du Grand Chelem en 2001 (l’Open d’Australie et Roland-Garros, année où elle devient enfin n°1 mondiale. En 2002, elle parvient à conserver son titre à l’Open d’Australie après une victoire miraculeuse contre Martina Hingis en finale (4-6, 7-6, 6-2). Au début de l’année 2003, elle est numéro 3 mondiale.

Jennifer Capriati, Roland-Garros, 2001
Jennifer Capriati, Roland-Garros, 2001, © Fep / Panoramic
  • Marlene Weingartner, 90e mondiale

Marlene Weingartner, joueuse allemande née en 1980, n’a jamais confirmé le potentiel qu’elle avait montré chez les juniors, où elle avait disputé la finale de trois tournois du Grand Chelem. Depuis qu’elle a commencé à jouer sur le circuit principal, en 1993, elle n’a jamais atteint la finale d’un tournoi WTA, et sa meilleure performance en Grand Chelem a été d’atteindre les huitièmes de finale de l’Open d’Australie en 2002 (défaite contre Amélie Mauresmo, 6-0, 4-6, 7-5). Après avoir atteint la 36e place mondiale en 2002, elle est 90e mondiale au début de 2003.

Le lieu : L’Open d’Australie

Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie (d’abord appelé Championnat d’Australasie puis Championnat d’Australie) a changé plusieurs fois de lieu au fil des ans. L’épreuve changeait même de ville chaque année avant de s’installer à Melbourne en 1972, et pas moins de cinq villes australiennes l’ont accueillie à au moins trois reprises : Melbourne, Sydney, Adelaïde, Brisbane et Perth. Ses dates ont été assez mouvantes également, entre début décembre et fin janvier, faisant de l’Open d’Australie parfois le premier, parfois le dernier Grand Chelem de la saison. Jusqu’en 1982, la plupart des meilleurs joueurs font l’impasse sur l’épreuve en raison de son éloignement et des prix insuffisants, mais à partir de la victoire de Mats Wilander, la dynamique change. Pour rendre le tournoi plus attractif, le comité du tournoi déploie d’énormes efforts qui mènent au déménagement de l’épreuve vers un nouveau site, Flinders Park (qui sera plus tard renommé Melbourne Park), à l’abandon du gazon pour des courts en dur, et à la construction du premier court central doté d’un toit rétractable. La dotation augmente également, et il ne faut alors que quelques années pour que l’Open d’Australie devienne le Grand Chelem préféré de nombreux joueurs. 

L’histoire : Une opération des yeux à l’origine de la débâcle

À l’Open d’Australie 2003, lorsque Jennifer Capriati, double tenante du titre et numéro 3 mondiale, affronte Marlene Weingartner au premier tour, aucun expert au monde ne pense qu’elle va rencontrer la moindre difficulté. Le plus grand exploit de l’Allemande sur le circuit a été d’atteindre les huitièmes de finale ici, à Melbourne, douze mois plus tôt, et lors de leur seule rencontre, à Charleston, en 2001, Capriati l’a facilement emporté, 6-0, 6-2.

Il semble de prime abord que la numéro 3 mondial se dirige vers une victoire facile, alors qu’elle empoche la première manche, 6-2, avant de se détacher 4-2 au deuxième set. Cependant, Weingartner, qui n’avait encore jamais joué sur le central d’un tournoi majeur, ne baisse pas les bras, et à mesure qu’elle monte en puissance, le jeu de Capriati devenait de plus en plus erratique. L’Allemande remporte le deuxième set, 7-6.

Menée 2-1 dans le set décisif, la tenante du titre tente une pause-toilettes, mais cela ne l’aide pas à retrouver son tennis. Alors que Weingartner saisit pleinement sa chance, l’Américaine commet un nombre inhabituel de doubles fautes et de fautes directes. Finalement, vaincue 6-4 au dernier set, Capriati est la première tenante du titre à quitter l’Open d’Australie dès le premier tour.

« Il m’a fallu quelques minutes pour réaliser que j’avais gagné », déclare Weingartner après sa victoire, selon la BBC. « J’ai travaillé si dur au cours des deux derniers mois, que j’y suis allée à fond et je n’ai rien lâché. »

Cependant, lors de sa conférence de presse, Capriati donne une explication à sa mauvaise prestation : après avoir subi, à la fin de la saison précédente une opération des yeux qui l’a éloignée des courts pendant plusieurs semaines, elle n’a pas eu le temps de bien se préparer pour l’Open d’Australie.

« Si je n’étais pas la tenante du titre, je ne me serais probablement pas présentée. Je n’essaie pas de me trouver des excuses, mais je dois dire que cela a beaucoup impacté avec ma préparation », déclare Capriati, citée par The Guardian. « Le temps de récupération après l’opération n’était tout simplement pas suffisant. Elle (Weingartner) était dans une bonne dynamique. J’ai senti que la confiance changeait de camp, et mentalement et physiquement, je n’étais pas assez forte, je suppose. »

La postérité du moment : Capriati ne rejouera plus à Melbourne

Marlene Weingartner atteindra le troisième tour de l’Open d’Australie 2003, où elle sera battue par Virginia Ruano (6-1, 4-6, 6-4). En 2004, à Bali, elle disputera l’unique finale de sa carrière, battue par Svetlana Kuznetsova (6-1, 6-4). Elle prendra sa retraite dès 2005, après avoir souffert de diverses blessures.

Atteignant les demi-finales de trois autres tournois majeurs, Capriati restera dans le top 10 jusqu’à la fin 2004, date à laquelle elle prendra sa retraite en raison d’une blessure à l’épaule. Malheureusement, elle ne participera pas à l’Open d’Australie cette année-là et sa défaite au premier tour contre Weingartner restera sa dernière apparition à Melbourne Park.

Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *