25 juillet 1970 : le tie-break est introduit par l’USTA

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 25 juillet 1970, la Fédération Américaine annonce l’introduction d’un tie-break au meilleur des 9 points, avec point décisif.

Flushing Meadows

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi c’est historique

Ce jour-là, le 25 juillet 1970, la Fédération Américaine de Tennis annonce officiellement l’un des plus grands changements de règles de l’histoire du jeu : l’introduction, dès l’US Open 1970, d’un tie-break au meilleur des 9 points, avec point décisif, très différent du tie-break que nous connaissons aujourd’hui. Les joueurs n’apprécient guère cette nouveauté, contrairement aux spectateurs et aux chaînes de télévision. Bien que les règles soient amenées à changer par la suite, pour les rendre plus équitables, le tie-break s’imposera progressivement comme la norme dans tous les tournois du monde.

L’histoire

Le tie-break fut initialement inventé par James Van Halen, le fondateur du International Tennis Hall of Fame, dans les années 1950. Pour raccourcir les sets, et donc les matches, et faciliter ainsi leur programmation ainsi que leur diffusion à la télévision, il imagine un jeu décisif au meilleur des neuf points. Les règles sont simples : si les joueurs parviennent à six jeux partout, le set sera remporté par le premier à marquer cinq points, avec un point décisif à 4-4.

Pour tester ce nouveau format, Van Halen organise un tournoi d’exhibition à Newport, attirant certains des meilleurs joueurs du monde tels que Rod Laver et Ken Rosewall en les payant grassement. Le 10 juillet 1965, Mike Davis et Luis Ayal parviennent à six jeux partout. Pour la première fois, Van Halen peut brandir un drapeau rouge pour mettre l’accent sur le début du premier tie-break de l’histoire du tennis, remporté par Mike Davis.

Dans les années qui suivent, Van Halen continue à promouvoir son « breaker », comme il aime l’appeler. Malgré l’intérêt des chaînes de télévision, qui y voient une façon de caler le tennis plus facilement parmi leurs programmes, il lui faudra plusieurs années pour convaincre quelqu’un d’essayer le tie-break dans un grand tournoi. C’est Bill Talbert, directeur de l’US Open, qui lui prête l’oreille en premier et décide en 1970 d’instaurer le tie-break au meilleur des neufs points, avec point décisif, à chaque set. Le 25 juillet 1970, Talbert déclare, selon le New York Times : 

« Nous considérons cela comme un grand pas en avant pour le tennis. Cela donne une ligne d’arrivée pour les matches de tennis, comme pour les courses, le basket, le football et d’autres sports majeurs. Il n’y aura plus de matches de tennis s’étirant pendant des heures. Les matches se dérouleront dans un laps de temps raisonnable et prévisible, permettant aux spectateurs d’estimer la durée d’un match et de s’organiser en conséquence. (…) La mort subite retire un élément d’endurance dans les matches à rallonge. Mais ça obligera les joueurs à améliorer l’un des secteurs les plus ignorés du jeu : le retour de service. Dorénavant, le mec avec un gros service devra aussi apprendre à relancer. »

Toutefois, les joueurs ne partagent pas tous l’enthousiasme de Talbert, notamment parce qu’en cas de point décisif à 4-4, l’un des joueurs se retrouverait à servir cinq fois. Rod Laver, par exemple, déclare qu’il trouve ce système « injuste ».

Postérité de ce moment

Six semaines plus tard, au début du mois de septembre, l’US Open démarrera avec la nouvelle règle. Vingt-six tie-breaks au meilleur des neuf point seront disputés dès le premier jour du tournoi. Les spectateurs seront séduits par la dramaturgie ainsi créée, mais les joueurs, eux, se plaigneront toujours beaucoup de ce tie-break avec point décisif. En 1975, Peter Jones, de la Fédération Britannique de Tennis, mettra au point un nouveau tie-break. Celui que nous connaissons aujourd’hui. Il inclue déjà le changement de côté tous les six points par souci d’équité.

Au cours des années 1970, la plupart des tournois de tennis adopteront le tie-break. A Wimbledon, par exemple, on décidera d’abord de disputer un tie-break à 8-8, à l’exception du cinquième set, puis, en 1979, on jouera le tie-break à 6-6. La dernière compétition majeure à introduire le tie-break sera la Coupe Davis, qui ne l’intègrera à son règlement qu’en 1989.

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