11 août 2003 : Le jour où Kim Clijsters est devenue la première reine sans couronne

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 11 août 2003, au lendemain de sa victoire à Los Angeles, Kim Clijsters devient numéro 1 mondiale sans avoir remporté le moindre titre du Grand Chelem. Un fait inédit sur le circuit féminin.

Tout en haut mais sans Majeur : ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi c’est historique

Ce jour-là, le 11 août 2003, Kim Clijsters atteint la première place mondiale pour la première fois de sa carrière après avoir remporté, la veille, le tournoi de Los Angeles. A l’époque, elle est la première joueuse à s’installer au sommet du classement WTA sans avoir jamais gagné de tournoi du Grand Chelem, bien qu’elle ait atteint cette année-là la finale de Roland-Garros et les demi-finales de l’Open d’Australie et de Wimbledon. La Belge est également numéro 1 mondiale en double, et elle devient ainsi la première joueuse à se trouver au sommet de la hiérarchie simultanément en simple et en double.

L’héroïne : Kim Clijsters, la prétendante qui attend son heure

Kim Clijsters, née en 1983, est l’une des meilleures joueuses du monde depuis qu’elle a atteint la finale de Roland-Garros en 2001, finale d’anthologie perdue face à Jennifer Capriati après deux heures et demie de lutte. Son style de jeu est principalement agressif, elle aime diriger le jeu dès les premiers coups de raquette, mais elle est aussi connue pour sa couverture de terrain exceptionnelle, ramenant toutes les balles, glissant même sur dur avec ses célèbres grands écarts en bout de course.

L’histoire : longue ascension, logique consécration

Clijsters fait ses débuts sur le circuit principal à l’âge de 16 ans. Elle bat sa première Top 10 (Amanda Coetzer) dès 1999, à Wimbledon, avant de gagner son premier tournoi quelques mois plus tard au Luxembourg, aux dépens de Dominique Monami. Elle termine la saison à la 47e place mondiale.

Elle explose au plus haut niveau en 2001, lorsqu’elle élimine la numéro 1 mondiale Martina Hingis en demi-finale d’Indian Wells (6-2, 2-6, 6-1), avant de s’incliner face à Serena Williams en finale (4-6, 6-4, 6-2). Quelques mois plus tard, à Roland-Garros, elle vient à bout de sa rivale Justine Henin à l’issue d’une demi-finale 100% belge (2-6, 7-5, 6-3), avant de perdre une finale épique (l’une des plus belles de l’histoire du tournoi) contre Jennifer Capriati (1-6, 6-4, 12-10). Ces résultats la propulsent dans le Top 10. Elle remporte son premier titre majeur en 2002, au Masters de Los Angeles, dominant en finale Serena Williams (7-5, 6-3) et termine l’année à la 4e place mondiale.

Hénin et Clijsters à Roland Garros en 2003

Forte de son succès au Masters, Kim Clijsters débute 2003 en s’adjugeant le titre à Sydney, écartant en finale Lindsay Davenport (6-4, 6-3) et arrive à Melbourne en faisant partie des favorites de l’Open d’Australie. Elle est stoppée en demi-finale par Serena Williams (4-6, 6-3, 7-5), qui demeure invaincue en Grand Chelem depuis l’US Open 2001. Dans les mois qui suivent, la Belge remporte quatre tournois, dont deux Tier I (Indian Wells et Rome), mais ne parvient pas à confirmer son emprise en Grand Chelem, surclassée par Justine Henin en finale de Roland-Garros (6-0, 6-4) et éliminée par Venus Williams en demi-finale de Wimbledon (4-6, 6-3, 6-1).

Avec ces excellents résultats, Clijsters grimpe à la deuxième place mondiale en simple, derrière Serena Williams. Elle fait encore mieux en double. Alors qu’elle a échoué à s’imposer en Grand Chelem en simple, elle gagne Roland-Garros et Wimbledon en double en étant associée à la Japonaise Ai Sugiyama et, le 4 août 2003, elle devient numéro 1 mondiale de la discipline.

Après Wimbledon, Kim Clijsters profite de sa grande forme : elle gagne le tournoi de San Jose (battant Capriati en finale, 4-6, 6-4, 6-2) et atteint la finale à San Diego (battue par Justine Henin, 3-6, 6-2, 6-3). Pendant ce temps, Serena Williams, qui occupe la première place mondiale depuis juillet 2002, souffre d’une blessure au genou qui l’oblige à s’éloigner du circuit (elle ne rejouera d’ailleurs qu’en mars 2004). C’est ainsi que Kim Clijsters, lorsqu’elle arrive à Los Angeles, sait parfaitement qu’en cas de victoire, elle deviendra numéro 1 mondiale, ce qui est un défi stimulant, mais aussi une pression supplémentaire. « C’est un sentiment que je ne peux pas vraiment décrire », explique-t-elle. « J’avais vraiment le trac. » Malgré tout, la Belge se promène jusqu’en finale, perdant seulement un set en huitièmes contre Sharapova (6-4, 1-6, 6-1) et écartant Francesca Schiavone en demi-finale pour retrouver l’ancienne numéro 1 Lindsay Davenport, toujours 4e mondiale.

Après un départ en trombe, Clijsters prend la première manche (6-1) mais au deuxième set, tendue, elle joue nettement moins bien et Davenport en profite pour revenir à un set partout (6-3). La Belge reprend alors confiance en se rappelant qu’elle a déjà battu Davenport à trois reprises en 2003, sans lâcher un set : la première fois en finale à Sydney (6-4, 6-3), la deuxième fois en finale d’Indian Wells (6-4, 7-5) et la troisième en demi-finale de San Diego, à peine une semaine plus tôt (6-3, 6-3). Clijsters rassemble ses esprits, remet en place un jeu plus agressif pour empêcher l’Américaine de dicter le jeu, et s’impose 6-1 au troisième set.

Le lendemain, lorsqu’elle se réveille, Kim Clijsters a perdu la première place mondiale en double, mais elle est la nouvelle numéro 1 mondiale en simple, et aussi la première joueuse de l’histoire à atteindre le sommet sans avoir remporté de tournoi du Grand Chelem. Son prochain défi sera de combler ce vide dans son palmarès.

La postérité du moment : Numéro 1 en simple et en double, du jamais-vu

Une semaine plus tard, Kim Clijsters récupèrera la première place mondiale en double et deviendra ainsi la seule joueuse de l’histoire à avoir été au sommet des deux classements simultanément.

Elle restera numéro 1 mondiale pendant 10 semaines consécutives et 12 semaines au total en 2003 avant d’être renversée par sa compatriote Justine Henin, qui terminera la saison sur le toit du monde. Sa rivale belge la battra encore à deux reprises en finale de tournois majeurs, à l’US Open 2003 et à l’Open d’Australie 2004. Kim Clijsters ne retrouvera la place de numéro 1 mondiale qu’en janvier 2006, quelques mois après avoir enfin gagné son premier Grand Chelem à l’US Open 2005, où elle dominera Mary Pierce en finale (6-3, 6-1). Après une première retraite annoncée en 2007, Kim Clijsters réalisera un superbe come-back en 2009 et remportera trois nouveaux tournois du Grand Chelem, l’US Open (en 2009 et 2010) et l’Open d’Australie en 2011.

Clijsters won the Australian Open in 2011

Cette année-là, elle récupérera également la place de numéro 1 mondiale, pour une semaine seulement, aux dépens de Caroline Wozniacki. Son corps la trahira ensuite à nouveau, et elle sera minée par des blessures à l’épaule, à la cheville et aux abdominaux. Ses apparitions se feront alors rares et elle prendra sa retraite pour la deuxième fois après Wimbledon 2012.

En 2020, Kim Clijsters tentera un second retour sur le circuit, qui débutera à Dubaï (battue par Muguruza, 6-2, 7-6), puis à Monterrey (battue par Konta, 6-3, 7-5) avant d’être interrompue par la crise du coronavirus.

Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *