2 août 1996 : le jour où Lindsay Davenport s’est parée d’or aux J.O d’Atlanta

Après une année 1995 très compliquée en raison de problèmes familiaux, Lindsay Davenport a pris une belle revanche en décrochant la médaille d’or aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996.

2 août 2021
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Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi c’est historique : Davenport a rebondi de la plus belle des manières

Ce jour-là, le 2 août 1996, Lindsay Davenport, 20 ans, domine Arantxa Sanchez-Vicario (7-6, 6-2) pour obtenir la médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Atlanta. Il s’agit du premier titre majeur remporté par la future numéro 1 mondiale, qui, quelques mois plus tôt, avait chuté au 14e rang mondial, hors de forme, minée par des problèmes familiaux.

Les personnages : Lindsay Davenport et Arantxa Sanchez-Vicario

  • Lindsay Davenport, en reconquête

Lindsay Davenport est née en 1976. Elle devient professionnelle en 1993, saison au cours de laquelle elle remporte son premier tournoi à Lucerne, atteint les huitièmes de finale de l’US Open et domine Gabriela Sabatini, 6e mondiale, à Philadelphie (6-4, 6-2), terminant l’année à la 20e place mondiale. L’Argentine décrit le tennis de Davenport en ces termes simples : « Elle aime frapper dans les coins, très fort. Très, très fort. » En 1994, elle entre dans le top 10 et parvient en finale au Masters de fin d’année (battue par Sabatini, 6-3, 6-2, 6-4), mais en 1995, peturbée par des problèmes familiaux, elle prend beaucoup de poids et ne parvient pas à rester dans le top 10. En 1996, elle améliore sa condition physique et, après avoir atteint les quarts de finale de Roland-Garros, elle remonte dans le top 10 en vue des Jeux Olympiques d’Atlanta.

  • Arantxa Sanchez-Vicario, numéro trois mondiale

L’Espagnole Arantxa Sanchez-Vicario naît en 1971 dans une famille de tennis : ses frères aînés, Emilio et Javier, deviendront eux aussi joueurs professionnels. Ayant ainsi le tennis dans la peau, elle atteint dès 1987 les quarts de finale du premier tableau final de Grand Chelem auquel elle participe, à l’âge de 15 ans, à Roland-Garros (battue par Gabriela Sabatini, 6-4, 6-0). En 1988, elle remporte son premier titre WTA, à Bruxelles, en battant Raffaella Reggi en finale (6-0, 7-5), et termine l’année au 18e rang mondial. Son jeu, qui repose sur un excellent jeu de jambes, une grande régularité en fond de court et une défense incroyable, est plus efficace sur terre battue. En 1989, elle atteint la finale de Roland-Garros où, à la surprise générale, elle renverse la n°1 mondiale incontestée, Steffi Graf (7-6, 3-6, 7-5). Grâce à cet exploit, elle se hisse au quatrième rang mondial quelques mois plus tard. Au cours des années suivantes, elle est l’une des meilleures joueuses mondiales. Elle atteint les demi-finales de sept tournois du Grand Chelem, et dispute trois finales (battue par Monica Seles à Roland-Garros en 1991 et à l’US Open 1992, puis par Graf à l’Open d’Australie 1994), avant de soulever un deuxième trophée majeur, à Roland-Garros, en 1994, où elle bat Mary Pierce en finale (6-4, 6-4). Quelques mois plus tard, elle remporte pour la première fois l’US Open, en s’imposant face à Graf malgré une entame de match catastrophique (1-6, 7-6, 6-4), en février 1995, elle accède à la première place mondiale, qu’elle conservera 12 semaines. En août 1996, après avoir été battue par Graf en finale de Roland-Garros et de Wimbledon, elle est 3e mondiale. Sanchez-Vicario s’illustre également en double, remportant quatre titres du Grand Chelem et atteignant la première place mondiale en 1992.

Le lieu : Atlanta

L’épreuve de tennis des Jeux olympiques d’Atlanta se déroule au Stone Mountain Tennis Center, un site construit exprès pour cette occasion pour un coût de 22 millions de dollars. Le complexe, qui compte 15 courts en plus de son Central, peut accueillir 12 000 spectateurs.

L’histoire : Cette fois, l’hymne américain a résonné pour Davenport

Quelques mois avant le début des Jeux Olympiques d’Atlanta, Lindsay Davenport était loin d’être considérée comme l’une des meilleures chances de médaille d’or pour les Etats-Unis. Après avoir atteint la sixième place mondiale en 1995, des problèmes familiaux avaient  mis un coup de frein à sa carrière. Elle avait pris beaucoup de poids et avait quitté le top 10, mais en 1996, grâce aux efforts qu’elle a réalisés pour retrouver sa forme, et elle est lentement remontée à la 10ème place mondiale. Cependant, elle n’était encore que la quatrième joueuse de l’équipe américaine, derrière Monica Seles, Chanda Rubin et Mary Joe Fernandez, et, selon ses propres dires, elle ne pensait même pas pouvoir prétendre à une médaille à Atlanta. La seule personne qui croyait en ses chances était Billie Jean King, capitaine de l’équipe américaine de Fed Cup, qui l’avait vue détruire Kimiko Date, n° 9 mondiale, au début du mois de juillet (6-2, 6-1), et qui avait dit à Davenport qu’avec ce niveau de jeu, elle pourrait accomplir quelque chose de grand lors des prochains Jeux Olympiques.

La finaliste du Masters Cup 1994 passe ses deux premiers tours sans encombre, avant d’éliminer la tête de série n°5, Anke Huber, en huitièmes de finale (6-1, 3-6, 6-3), et la tête de série n°4, Iva Majoli, en quart de finale (7-5, 6-3). En demi-finale, elle affronte sa compatriote Mary-Joe Fernandez, qu’elle domine, 6-2, 7-6. Ce soir-là, en regardant son compatriote Michael Johnson remporter la médaille d’or, elle réalise soudain qu’elle n’est en fait qu’à un match d’accomplir le même exploit. “Ces deux dernières semaines, j’ai tellement entendu [“l’hymne national américain”] pour les autres athlètes”, déclare Davenport, selon le Los Angeles Times, “et ce n’est qu’hier soir que j’ai vraiment pensé que je pouvais l’entendre pour moi-même. Je l’ai réalisé en fait lorsque Michael Johnson était sur le podium. »

Cependant, sa tâche n’est pas facile, car de l’autre côté du filet se tient Arantxa Sanchez-Vicario, qui vient d’atteindre les finales de Roland-Garros et  Wimbledon, et contre laquelle Davenport n’a jusqu’à présent remporté qu’un seul set en cinq rencontres. En effet, au terme d’un premier set serré, l’Américaine profite d’un coup de pouce du destin, lorsque son revers frappe la bande du filet pour convertir sa troisième balle de set (7-6). Profitant de ce petit coup de chance, elle déploie les puissants coups de fond de court qui avaient tant impressionné Billie Jean King ,quelques semaines auparavant, pour remporter le deuxième set, 6-2. Davenport, qui n’avait jamais dépassé les quarts de finale d’un tournoi majeur auparavant, est la nouvelle championne olympique.

“Cela signifie tout pour moi”, dit-elle. “Peu importe ce qui se passe dans ma vie, je serai toujours une médaillée d’or”.

“C’était tellement différent parce que j’avais l’impression, et c’est toujours le cas, de faire partie d’un club différent du simple club des joueurs de tennis. Vous savez, non seulement je suis une athlète olympique américaine, mais je suis aussi une médaillée d’or », dira la championne olympique 1996 à l’ITF en 2021.

La postérité du moment : Davenport ajoutera trois Grands Chelems à son palmarès

Lindsay Davenport, en plus d’être médaillée d’or, ajoutera trois titres du Grand Chelem à son palmarès : l’US Open 1998, Wimbledon 1999 et l’Open d’Australie 2000, atteignant la première place mondiale en 1998. Elle perdra ensuite les quatre finales majeures supplémentaires qu’elle disputera, toutes face aux sœurs Williams : trois contre Venus (Wimbledon 2000 et 2005, l’US Open 2000) et une contre Serena (Open d’Australie 2005). Très régulière dans les grands événements, Davenport terminera quatre saisons à la première place mondiale (1998, 2001, 2004, 2005), une place qu’elle aura en tout occupée 98 semaines durant. Une fois sa carrière de joueuse achevée en 2008, Davenport travaillera en tant que coach (notamment avec Madison Keys) et comme commentatrice pour la chaîne de télévision Tennis Channel.

Arantxa Sanchez-Vicario remportera un quatrième titre du Grand Chelem en 1998, en battant Monica Seles en finale de Roland-Garros (7-6, 0-6, 6-2). Ce sera sa dernière apparition en finale d’un tournoi majeur. Elle obtiendra son dernier résultat notable à Roland-Garros, en 2000, battue en demi-finale par Conchita Martinez (6-1, 6-2), et, après un déclin progressif, elle prendra sa retraite en 2002.

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