30 décembre 1977 : le jour où Lloyd est devenu le dernier Britannique, avant Murray, à atteindre une finale de Grand Chelem

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 30 décembre 1977, John Lloyd, 49e mondial, élimine Bob Giltinan, 322e au classement ATP, et devient le premier Britannique à atteindre une finale de Grand Chelem depuis 39 ans. Le Royaume-Uni devra ensuite attendre Andy Murray pour voir l’un de ses joueurs réussir pareille performance.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : John Lloyd devient le premier Britannique à se qualifier pour une finale de Grand Chelem depuis 41 ans

Ce jour-là, le 30 décembre 1977, John Lloyd domine Bob Giltinan en demi-finale de l’Open d’Australie (6-4, 6-2, 6-0), devenant ainsi le premier homme britannique à se qualifier pour une finale de Grand Chelem, en simple, depuis Bunny Austin en 1938. Battu par Vitas Gerulaitis, il sera à son tour plus de trente ans le dernier Britannique à avoir joué une finale majeure, jusqu’à ce qu’Andy Murray atteigne la dernière marche de l’US Open en 2008.

Les acteurs

Le Britannique John Lloyd, né en 1954, suit les traces de son frère aîné, David, lui aussi joueur de tennis. Lloyd remporte son premier et unique titre en 1974, à Merion, aux dépens de John Whitlinger (6-0, 4-6, 6-3, 7-5). En Grand Chelem, son meilleur résultat est d’avoir atteint le troisième tour, une performance réalisée à Wimbledon en 1973 (éliminé par Vijay Amritraj, 7-5, 6-4, 3-6, 2-6, 7-5) ainsi qu’à l’US Open en 1976 (battu par Björn Borg, 6-3, 6-3). Au cours de la saison 1977, Lloyd dispute deux finales, à Bâle puis à Wembley, mais il y est à chaque fois sèchement dominé par Borg. En décembre 1977, il est 49e mondial.

Né en 1949, Bob Giltinan commence sa carrière dans les années 1960, mais elle est interrompue pendant deux ans par son service militaire, effectué durant la guerre du Vietnam. Spécialiste du gazon, il remporte son unique titre en 1970, à Brisbane. Son meilleur résultat en Grand Chelem est un quart de finale à l’Open d’Australie, et a obtenu son meilleur classement en 1974, lorsqu’il se hisse à la 56e place du classement ATP. À la fin de l’année 1977, il est 322e mondial.

Le lieu : l’Open d’Australie, à Melbourne

Contrairement aux autres tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie (d’abord appelé Championnat d’Australasie puis Championnat d’Australie) a changé plusieurs fois de lieu au fil des ans. L’épreuve changeait même de ville chaque année avant de s’installer à Melbourne en 1972, et pas moins de cinq villes australiennes l’ont accueillie à au moins trois reprises : Melbourne, Sydney, Adelaïde, Brisbane et Perth. Ses dates ont été assez mouvantes également, entre début décembre et fin janvier, faisant de l’Open d’Australie parfois le premier, parfois le dernier Grand Chelem de la saison. À l’époque, la plupart des meilleurs joueurs font l’impasse sur l’épreuve en raison de son éloignement et des prix insuffisants. En 1977, afin d’attirer les meilleurs, les organisateurs ont décidé d’organiser un deuxième tournoi, plus tôt au mois de décembre, afin d’éviter les fêtes de fin d’année.

L’histoire : les cadors de l’époque absents, John Lloyd se fraie un chemin jusqu’en finale

À l’Open d’Australie 1977, le pari des organisateurs d’organiser un deuxième tournoi avant Noël pour attirer les meilleurs joueurs du monde ne s’est pas avéré payant. Björn Borg et Jimmy Connors sont absents, et Guillermo Vilas, finaliste de l’édition précédente, fait lui aussi l’impasse sur le tournoi. Les premières têtes de série sont Vitas Gerulaitis et Roscoe Tanner, suivis par les vétérans australiens Tony Roche et Ken Rosewall (alors âgé de 43 ans).

Le tournoi a lieu au mois de décembre, à l’issue d’une série de tournois en Australie. Contrairement aux grands noms du tennis, John Lloyd apprécie cette tournée australienne.

« On était pour tout le mois », expliquera-t-il en 2010. « Vous pouviez passer Noël loin de chez vous et vous étiez prêt à jouer comme si de rien n’était, vous étiez déjà sur place. Vous vous prépariez bien avant d’aller en Australie et ensuite vous pouviez jouer trois ou quatre tournois, à Sydney, Adelaïde, Brisbane. Parfois on était là-bas six semaines durant. J’adorais ça, on passait Noël sur place et on était prêt à jouer le 26 décembre. »

Tanner devient le premier tenant du titre battu dès le premier tour de l’Open d’Australie, battu par le 55e mondial, le Néo-Zélandais Chris Lewis (3-6, 6-3, 6-2, 1-6, 6-4), et Tony Roche est lui aussi éliminé dans les premiers tours.

Dans ce contexte, John Lloyd parvient en demi-finale sans affronter la moindre tête de série, bien qu’il batte tout de même une légende australienne, John Newcombe, 33 ans, en quarts de finale (3-6, 6-3, 7-5, 7-5).

Son adversaire dans le dernier carré, Bob Giltinan, est un qualifié, pointant seulement à la 322e place mondiale, qui a notamment éliminé Lewis en huitièmes de finale (6-3, 6-3, 7-6), avant de battre le 101e mondial, Robin Drysdale, en quarts de finale (6-4, 6-4, 3-6, 7-6).

Ni Lloyd, ni Giltinan n’ont jamais disputé une demi-finale de Grand Chelem auparavant. Dans ce tournoi plein de surprises, Lloyd tient son rang et s’impose facilement, 6-4, 6-2, 6-0, devenant ainsi le premier homme Britannique à se qualifier en finale d’un tournoi du Grand Chelem, en simple, depuis Bunny Austin en 1938.

La postérité du moment

En finale, Lloyd réussira à remonter un handicap de deux sets à rien pour pousser le favori, Vitas Gerulaitis, à disputer une cinquième manche. Malheureusement, épuisé par cet effort, il s’effondrera lors de la dernière manche et s’inclinera finalement 6-3, 7-6, 5-7, 3-6, 6-2.

John Lloyd restera célèbre dans l’histoire du tennis pour son mariage avec Chris Evert, qui durera de 1979 à 1987. Il se hissera à la 21e place mondiale en 1978, et il remportera trois titres du Grand Chelem en double mixte, associé à Wendy Turnbull. En simple, il obtiendra son dernier résultat notable en atteignant les quarts de finale de l’Open d’Australie 1985 (défait par Ivan Lendl, 7-6, 6-2, 6-1).

Il faudra attendre 31 ans avant de voir un nouveau Britannique en finale d’un tournoi du Grand Chelem. Il s’agira d’Andy Murray, finaliste malheureux de l’US Open en 2008, qui finira par remporter trois tournois majeurs et atteindre la première place mondiale en 2016.

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