5 novembre 2016 : le jour où le forfait de Milos Raonic a propulsé Andy Murray à la première place mondiale

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, nous retournons en 2016 pour voir comment, grâce au forfait de Milos Raonic, Andy Murray s’est hissé en finale du Rolex Paris Masters – ce qui lui a permis de devenir numéro 1 mondial pour la première fois de sa carrière.

5 novembre 2021
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CE QUI S’EST PASSÉ CE JOUR-LÀ : Le forfaite de Raonic permet à Murray de passer numéro 1 mondial

Ce jour-là, le 5 novembre 2017, Milos Raonic, tête de série n°4 du Rolex Paris Masters, déclare forfait en raison d’une blessure à la jambe, alors qu’il devait affronter Andy Murray en demi-finale. C’est tout ce qu’il fallait à l’Écossais pour devenir numéro 1 mondial après la défaite de Novak Djokovic en quart de finale. Mais après une deuxième partie de saison exceptionnelle, qui l’a vu triompher à Wimbledon et aux Jeux olympiques, Murray déborde de confiance et commencera  son règne en beauté en battant John Isner en finale le lendemain (6-3, 6-7, 6-4).

Andy Murray, Rolex Paris Masters 2016
Andy Murray, Rolex Paris Masters 2016, © Gwendoline Le Goff / Panoramic

Les acteurs : Andy Murray et Milos Raonic

  • Andy Murray, le quatrième membre du « big 4 » devenu numéro 1 mondial

L’Ecossais Andy Murray est né en 1987. Il obtient ses premiers résultats notables en 2005, atteignant notamment sa première finale à Bangkok en tant que 109e mondial (vaincu par Roger Federer, 6-3 7-5). En 2006, il remporte son premier tournoi à San Jose aux dépens de Lleyton Hewitt (1-6 6-2 7-6), mais il n’explose réellement qu’en 2008. Cette année-là, non seulement « Muzz » gagne cinq tournois, dont deux Masters 1000 (Cincinnati et Madrid), mais il atteint également les quarts de finale à Wimbledon (éliminé par Rafael Nadal, 6-3 6-2 6-4) et surtout la finale de l’US Open, où il s’incline face à Roger Federer (6-2 7-5 6-2). Il termine la saison à la 4e place, qu’il occupera au cours des quatre années suivantes, faisant partie du « big 4 » qui domine alors le tennis.

Au cours de cette période, il atteint six demi-finales et cinq finales de Grand Chelem sans jamais parvenir à triompher. Andy Murray prend alors pour entraîneur Ivan Lendl, qui a connu une histoire similaire, ayant perdu plusieurs finales avant de remporter son premier titre majeur à Roland-Garros en 1984. La magie opère : en 2012, après une douloureuse défaite contre Roger Federer en finale de Wimbledon, Muzz prend une revanche éclatante en finale des Jeux Olympiques, où il écrase le Suisse (6-2 6-1 6-4) pour s’offrir une médaille d’or. Moins de deux mois plus tard, il vient à bout de Novak Djokovic à l’issue d’une finale de l’US Open au scénario improbable, où la victoire lui passe presque sous le nez (7-6 7-5 2-6 3-6 6-2), et devient le premier Britannique à soulever un trophée du Grand Chelem depuis que Fred Perry a gagné Wimbledon en 1936. En 2013, il réalise le rêve de toute une nation en battant Djokovic en finale de Wimbledon (6-4, 7-5, 6-4). Cependant, il est contraint de subir une opération du bas du dos à la fin de l’année, et en 2014, il lutte pour se maintenir dans le top 10.

Il revient à son meilleur niveau en 2015, atteignant une quatrième finale à l’Open d’Australie, mais en 2016, il change encore de dimension : finaliste malheureux face à Djokovic à l’Open d’Australie et à Roland-Garros, il remporte une deuxième fois Wimbledon, en battant Milos Raonic en finale (6-4, 7-6, 7-6). Quelques semaines plus tard, il devient le premier joueur à remporter deux fois l’or olympique après avoir battu Juan Marin del Potro en finale des Jeux de Rio (7-5, 4-6, 6-2, 7-5). Malgré une défaite décevante face à Kei Nishikori en quart de finale de l’US Open, il est définitivement l’homme à battre au cours de la seconde moitié de l’année et il a l’occasion de s’emparer de la place de numéro 1 mondial pour la première fois.

  • Milos Raonic, le finaliste de Wimbledon au service dévastateur

Milos Raonic est né en Yougoslavie en 1990, mais ses parents se sont installés au Canada avant ses cinq ans. Avec un jeu basé surtout sur son service, sur l’un des plus meurtriers jamais vus sur le circuit, Raonic perce au plus haut niveau en 2011 : après avoir atteint les huitièmes de finale de l’Open d’Australie, il remporte son premier titre à San José (en battant Fernando Verdasco en finale, 7-6, 7-6) et passe de la 156e à la 31e place mondiale en moins de 12 mois. Il remporte également le tournoi de San José  en 2012 et 2013, mais c’est en 2014 qu’il obtient ses premiers excellents résultats en Grand Chelem, en atteignant les quarts de finale à Roland-Garros (battu par Novak Djokovic, 7-5, 7-6, 6-4) et les demi-finales à Wimbledon (éliminé par Roger Federer, 6-4, 6-4, 6-4). Après une saison 2015 perturbée par des blessures, il atteint son meilleur niveau en 2016 : battu seulement en cinq sets en demi-finale de l’Open d’Australie par Andy Murray (4-6, 7-5, 6-7, 6-4, 6-2), il termine finaliste face au même Murray à Wimbledon (6-4, 7-6, 7-6). Grâce à ces superbes résultats, il pointe désormais ‘au 4e rang mondial.

Milos Raonic, Rolex Paris Masters 2016
Milos Raonic, Rolex Paris Masters 2016, © Photo News / Panoramic

Le lieu : le Rolex Paris Masters

Le tournoi en salle de Paris-Bercy est créé en 1986. Disputé chaque année au début du mois de novembre, il s’agit en général du dernier tournoi avant le Masters et la finale de la Coupe Davis. C’est l’un des tournois en salle les plus cotés au monde, et il intègre la catégorie Super 9 (ancien nom des Masters 1000) en 1990. A son palmarès, on retrouve de grandes stars comme Boris Becker (1986, 1989, 1992), Andre Agassi (1994, 1999), Pete Sampras (1995, 1997), Marat Safin (2000, 2002, 2004), Roger Federer (2011), mais le maître des lieux est à présent Novak Djokovic, du haut de ses quatre titres (2009, 2013-2015).

L’HISTOIRE : Murray détrône Djokovic à la place de numéro 1 mondial

Lors du Rolex Masters de Paris 2016, pour la première fois de sa carrière, Andy Murray a l’opportunité de devenir numéro 1 mondial. Pour l’Écossais, qui est depuis des années le membre le moins performant du Big Four, n’ayant engrangé « que » trois titres du Grand Chelem alors qu’il a  pourtant atteint le dernier carré à vingt reprises, l’heure de la revanche a sonné. Battu par sa bête noire, Novak Djokovic, en finale de l’Open d’Australie et de Roland-Garros, il a depuis lors pris la main sur le circuit. Non seulement Muzz a remporté une précieuse deuxième couronne à Wimbledon, mais il est également devenu le premier homme à obtenir deux médailles d’or olympiques en simple, tout en accumulant un total de sept titres au cours de l’année.

Pendant ce temps,  Djokovic, bien que finaliste de l’US Open, est en quête de nouveaux objectifs après avoir finalement remporté Roland-Garros et réalisé le Grand Chelem en carrière. Par conséquent, après sa décevante défaite en quart de finale contre Nishikori à Flushing Meadows, Murray participe à autant de tournois que possible pour essayer d’atteindre la première place mondiale pour la première fois. Dans sa quête de la première place, l’Écossais vient de trois tournois consécutifs lors du seul mois d’octobre, à Pékin, Shanghai et Vienne. Lorsque commence le Rolex Masters de Paris, Murray sait qu’il peut devenir numéro 1 s’il remporte le tournoi et si Djokovic est éliminé avant la finale. Le Serbe est battu par Marin Cilic dès les quarts de finale (6-4, 7-6), ce qui signifie qu’il suffit désormais à Murray d’atteindre la finale pour apparaître au sommet du classement mondial le 7 novembre.

Sa dernière étape vers la première place est facilitée par Milos Raonic, qu’il devait affronter en demi-finale, mais qui déclare finalement forfait en raison d’une blessure à la jambe. La route de Murray vers la première place mondiale s’achève ainsi étrangement dans les vestiaires, comme il le confiera au Guardian.

« J’étais dans les vestiaires en train de regarder des vidéos du match d’hier de Milos, quand il est entré dans la pièce où nous étions. J’ai rapidement refermé l’iPad, puis il nous a dit qu’il s’était blessé au quadricpes et qu’il ne pourrait pas jouer. »

Cette façon inhabituelle d’arriver au sommet ne suffit pas à diminuer la satisfaction de Murray. « Cela a été une chose tellement difficile à accomplir en raison de la qualité des gars devant moi », déclare-t-il, toujours selon The Guardian.

« Même cette année, pour n’y être que pendant une semaine et avoir 20 points d’avance, j’ai dû gagner tellement de matches et atteindre les derniers tours de presque tous les tournois que j’ai disputés. Ils [Djokovic, Roger Federer et Rafael Nadal] sont trois des meilleurs joueurs de l’histoire du tennis. Certaines des années qu’ils ont connues au cours de cette période ont été ridicules, vraiment – trois Grands Chelems, deux Grands Chelems et de nombreux Masters 1000, également. Il a donc fallu une grande année pour en arriver là. »

Andy Murray, Rolex Paris Masters 2016
Andy Murray, Rolex Paris Masters 2016, © Gwendoline Le Goff / Panoramic

LA POSTÉRITÉ DU MOMENT : Murray remporte le tournoi, le Masters et termine l’année numéro 1 mondial

Le lendemain, Murray commencera son règne avec la manière en battant John Isner pour remporter le Paris Rolex Masters pour la première fois (6-3, 6-7, 6-4). Quelques semaines plus tard, l’Écossais mettra la cerise sur le gâteau en battant son éternel rival, Novak Djokovic, en finale du Masters (6-3, 6-4). Malheureusement, son corps ne se remettra jamais vraiment de cette folle saison 2016, et les années suivantes, il subira plusieurs opérations, tentant inlassablement de revenir au sommet mais n’ajoutant que deux titres supplémentaires à son palmarès, le dernier à Anvers en 2019.

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