7 septembre 1997 : Le jour où Martina Hingis et Venus Williams ont disputé la finale la plus jeune de l’histoire

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 7 septembre 1997, Martina Hingis et Venus Williams s’affrontaient en finale de l’US Open. La finale la plus jeune de l’histoire en Grand Chelem et de l’ère Open.

HINGIS WILLIAMS US OPEN 1997

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Hingis et Venus Williams disputent la finale de Grand Chelem la plus jeune de l’histoire

Ce jour-là, le 7 septembre 1997, Martina Hingis, qui s’apprête à fêter son 17e anniversaire, et Venus Williams, qui a eu 17 ans au mois de juin, disputent la finale la plus jeune de l’histoire de l’Ère Open. La « Swiss Miss », comme on l’appelle, qui est déjà numéro 1 mondiale (après s’être imposée à l’Open d’Australie et à Wimbledon), domine facilement sa rivale montante, 6-0, 6-4. C’est l’apogée de la domination d’Hingis sur le circuit, et le début d’une longue rivalité entre elle est la famille Williams.

 

Les actrices

Martina Hingis, 17 ans, numéro une mondiale et titré deux fois en Grand Chelem

Martina Hingis est née en septembre 1980, et sa mère, Melanie Molitor, la prénomme en référence à la championne de tennis, Martina Navratilova. Formée par sa maman, elle est un enfant prodige, et remporte Roland-Garros juniors à seulement 12 ans. Elle fait ses débuts sur le circuit à 14 ans, mais le règlement ne l’autorise à disputer que 15 tournois avant l’âge de 16 ans, une règle contre laquelle elle s’insurge : « Comment est-ce que je peux rentrer dans le top 10 en jouant aussi peu ? ». Son tennis s’appuie sur une coordination extraordinaire, un sens tactique impressionnant, un superbe toucher de balle et une bonne lecture du jeu. Au début de sa carrière, elle manque néanmoins de puissance et sa deuxième balle est assez faible.

Plus jeune joueuse de l’histoire à gagner un match à l’Open d’Australie, en 1995, elle explose en 1996. Après avoir battu la numéro 1 mondiale incontestée, Steffi Graf, au mois de mai, à Rome, elle se hisse en demi-finales de l’US Open (battue par Graf, 7-5, 6-3), puis en finale du Masters (où elle est battue par Graf en cinq sets, 6-3, 4-6, 6-0, 4-6, 6-0). A 16 ans, elle est déjà 6e mondiale, et en janvier 1997, elle devient la plus jeune gagnante en Grand Chelem de tous les temps, en battant Mary Pierce en finale de l’Open d’Australie (6-2, 6-2). Dans les mois qui suivent, elle remporte pas moins de 8 titres, dont Wimbledon (aux dépens de Jana Novotna, 2-6, 6-3, 6-3), et elle atteint la finale à Roland-Garros (battue par Iva Majoli, 6-4, 6-2). Ces résultats extraordinaires lui permettent de devenir la plus jeune joueuse de tous les temps à s’installer au sommet du classement WTA, au mois de mars, à l’âge de 16 ans et 3 mois. 

Venus Williams, une prodige

Venus Williams est née en 1980. Entraînée par son père, Richard, elle est annoncée comme un prodige du tennis depuis ses premiers pas sur le circuit, en 1994. Cependant, ce n’est qu’en 1997 qu’elle intègre le top 100, obtenant son premier résultat notable à Palm Springs, où elle se qualifie pour les quarts de finale en battant la 9e mondiale, Iva Majoli (7-5, 3-6, 7-5). Bien qu’elle ne soit que 66e mondiale au début de l’US Open, elle ne passe pas inaperçue, en raison de ses coups extrêmement puissants, de son charisme mais aussi de la façon dont son père l’a mise en avant. Sa petite sœur, Serena, entame elle aussi une carrière de joueuse professionnelle, et leur père a audacieusement prédit qu’un jour, elles s’affronteraient en finale d’un tournoi du Grand Chelem.  

 

Le lieu : Flushing Meadows et le court Arthur-Ashe

L’US Open (appelé US Nationals avant 1968 et le début de l’Ère Open) a été créé en 1881. Bien qu’il soit le seul Grand Chelem à avoir été disputé sans la moindre interruption depuis ses débuts, le tournoi a changé de site à plusieurs reprises au fil des ans. Les premières éditions se déroulent sur les courts en herbe du Casino de Newport, à Rhode Island, puis, en 1915, l’épreuve s’installe à New-York, au West Side Tennis Club, dans le quartier de Forest Hills,  jusqu’en 1977 (avec une parenthèse de 1921 à 1923, où les joueurs s’affrontent à Philadelphie). De 1975 à 1977, le tournoi se dispute sur terre battue.

En 1978, l’US Open quitte le West Side Tennis Club, désormais trop petit pour accueillir un événement d’une telle importance, pour l’USTA National Tennis Center, situé à Flushing Meadows, à New-York. Par la même occasion, le tournoi se dispute à présent sur surface dur. Le Tennis Center est l’un des plus grands complexes de tennis au monde et son court central est le Stade Louis Armstrong, d’une capacité de 14 000 places. En 1997, un nouveau court central, le Stade Arthur Ashe, est inauguré. Avec ses 23,000 places, c’est le plus grand terrain de tennis au monde.

 

L’histoire : deux prodiges face à face

Bien qu’elle n’ait pas encore 17 ans, Martina Hingis est la grande favorite de cet US Open. En 1997, elle s’est imposée comme la numéro 1 mondiale, remportant neuf tournois, dont l’Open d’Australie et Wimbledon, et a atteint la finale à Roland-Garros. Elle n’a perdu que deux matches depuis le début de la saison. A Flushing Meadows, elle confirme son emprise sur le circuit féminin, n’abandonnant en moyenne que quatre jeux par match sur le chemin de la finale, où l’attend Venus Williams.

Venus, qui a fêté ses 17 ans au mois de juin, est 66e mondiale, et ce n’est que sa troisième participation à un tableau final de Grand Chelem. Avec sa puissance révolutionnaire et son énorme service, elle a renversé la 8e mondiale, Amanda Coetzer, au troisième tour (6-3, 6-4). En demi-finale, elle a écarté deux balles de match avant de venir à bout d’Irina Spirlea (7-6, 4-6, 7-6), à l’issue d’un match qui crée la controverse après que Spirlea a volontairement percuté Williams lors d’un changement de côté. Bien que la Roumaine mette en avant l’arrogance de son adversaire, Richard Williams l’accuse de racisme, tandis que Venus reste concentrée, n’accordant que peu d’importance à l’incident.

Au cours de mois précédents, la Suissesse a sèchement battu l’Américaine à deux reprises. Williams croit tout de même en ses chances. « J’ai beaucoup appris pendant ce tournoi », dit-elle, d’après le New York Times. « J’ai appris à garder la balle en jeu, à ne pas tenter des coups gagnants trop rapidement, ne pas me précipiter. Les choses sont différentes. » Pour l’histoire, elle est la première Afro-américaine à jouer une finale de l’US Open depuis Althea Gibson en 1958.

Au premier jeu, Williams démarre fort, avec deux gros services, pour mener 40-15. Elle n’obtiendra plus la moindre balle de jeu du set, Hingis prenant son service d’entrée avant d’empocher la première manche, 6-0. Même si le deuxième set est plus accroché, il y a peu de place pour le suspense. L’arme principale de Venus, le service, se révèle trop prévisible et pose peu de problèmes à la Suissesse, qui retourne sans difficulté les premières balles, campée sur sa ligne de fond de court. Sur 58 services réussis par Williams, Hingis en relance 50, empêchant ainsi l’Américaine de diriger le jeu, étouffant sa puissance. 

« Vous ne pouvez pas la laisser dérouler son jeu », déclare la plus jeune numéro 1 mondiale de l’histoire. « Elle a des frappes très puissantes. Si elle peut vous faire faire droite-gauche tout le temps, son revers, surtout, est très dangereux. »

Hingis conclut le deuxième set, 6-4, remportant (6-0, 6-4) ainsi son troisième tournoi du Grand Chelem en 1997.

Lors de la conférence de presse qui suit la finale, Venus Williams prend le monde du tennis par surprise en déclarant que sa principale rivale pour la place de numéro 1 mondiale sera sa sœur, Serena, qui débute alors sa carrière.

La postérité du moment : Hingis confirme, Venus grimpe

Ce succès demeurera le seul triomphe de Martina Hingis à Flushing Meadows, même si elle atteindra encore deux fois la finale, en 1998 (battue par Lindsay Davenport, 6-3, 7-5) et en 1999 (battue par Serena Williams, 6-3, 7-6). En difficulté face à une génération de joueuses très puissantes, elle ne remportera plus que deux titres majeurs, à l’Open d’Australie en 1998 et 1999, mais disputera tout de même six autres finales perdues en Grand Chelem. Hingis Open Australie 1999

Venus Williams accumulera un total de sept titres du Grand Chelem au cours de sa carrière, à l’US Open (2000, 2001) et à Wimbledon (2000, 2001, 2005, 2007(photo), 2008). Sa prédiction se réalisera : sa plus grande rivale sur dur sera bien sa sœur Serena, qui la battra lors de quatre finales de Grand Chelem consécutives en 2002-2003. Ensemble, les soeurs Williams remporteront également 14 titres majeurs en double.

Venus Williams

 

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