25 mars 1990 : le jour où Andre Agassi, 19 ans, s’est imposé à Miami

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 25 mars 1990, Andre Agassi, 19 ans, battait Stefan Edberg en finale à Miami pour remporter ce qui était alors le plus grand titre de sa carrière.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : à Miami, Andre Agassi soulève ce qui est alors le trophée le plus important de sa carrière

Ce jour-là, le 25 mars 1990, Andre Agassi domine Stefan Edberg (6-1, 6-4, 0-6, 6-2) en finale du tournoi de Miami, remportant ainsi ce qui est à l’époque le titre le plus important de sa carrière. À l’époque, le Lipton Championship est le plus grand tournoi en dehors des levées du Grand Chelem, et cela constitue une étape importante pour le jeune Agassi, qui avait été jusque-là fortement critiqué pour son manque de succès dans les tournois majeurs.

Les acteurs

Andre Agassi, le Kid de Las Vegas, est l’une des plus grandes stars de l’histoire du tennis. Passé pro en 1986, il devient rapidement célèbre, grâce à son talent mais aussi à ses tenues vestimentaires originales, dont l’emblématique short en jean et le cycliste rose. Initié au tennis par son père puis élevé à l’académie de Nick Bollettieri, il dispose d’un excellent retour de service (le meilleur de son temps), et son jeu consiste à frapper la balle montante avec une force incroyable, ce qui est révolutionnaire à l’époque et inspirera des générations entières de tennismen. Andre Agassi explose en 1988 : il remporte six tournois, et atteint les demi-finales de Roland-Garros (éliminé par Mats Wilander, 4-6, 6-2, 7-5, 5-7, 6-0) et à l’US Open, où il est battu par Ivan Lendl (4-6, 6-2, 6-3, 6-4). En 1989, Agassi, qui avait été le premier joueur américain de sa génération à se retrouver sous le feu des projecteurs, voit ses rivaux remporter des tournois majeurs, et rate de son côté plusieurs occasions. A Roland-Garros, en 1989, il perd contre Jim Courier au troisième tour (7-6, 4-6, 6-3, 6-2) et assiste au triomphe de Michael Chang, âgé de 17 ans. En 1990, le Kid de Las Vegas démarre fort, en remportant le tournoi de San Francisco avant d’arriver en finale d’Indian Wells, où il élimine le numéro 2 mondial, Boris Becker (6-4, 6-1), avant d’être battu par Stefan Edberg (6-4, 5-7, 7-6, 7-6). Il est 5e mondial en arrivant à Miami.

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Stefan Edberg est né en 1966. Déjà très fort chez les juniors où il a réalisé le Grand Chelem en 1983, il a pourtant failli arrêter le tennis la même année, à 17 ans, après que l’un de ses services a accidentellement tué un juge de ligne à New-York. Il n’a probablement jamais regretté d’avoir continué. Dès 1985, quelques mois après la révélation de Boris Becker à Wimbledon, Stefan Edberg s’adjuge son premier titre du Grand Chelem, lui aussi sur gazon, à l’Open d’Australie, venant à bout de son compatriote Mats Wilander en finale (6-4, 6-3, 6-3). Le tournoi, dont les dates s’apprêtent à changer, n’a pas lieu en 1986 et Edberg parvient à conserver son titre en 1987 aux dépens du favori local Pat Cash (6-3, 6-4, 3-6, 5-7, 6-3). En 1988, il remporte Wimbledon en battant Boris Becker (4-6, 7-6, 6-4, 6-2) à l’issue d’une finale qui marquera le début de l’une des rivalités les plus populaires du tennis. En 1989, Stefan Edberg perd confiance après avoir perdu deux finales majeures à la suite : la première à Roland-Garros, où il est battu par Michael Chang (6-1, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2) à l’issue d’un crève-cœur où il manque 10 balles de break au quatrième set, et la deuxième à Wimbledon, où son rival Boris Becker prend une revanche brutale sur la finale de l’an passé (6-0 7-6 6-4). Le Suédois perd cinq autres finales importantes au cours de la saison, mais finalement, il parvient à battre Becker en finale du Masters (4-6 7-6 6-3 6-1). Il démarre 1990 en se qualifiant pour la finale de l’Open d’Australie face à Ivan Lendl, mais, blessé aux abdominaux, il y est contraint à l’abandon au deuxième set. Le Suédois récupère à temps pour triompher ensuite à Indian Wells, confirmant sa belle forme de Melbourne.

Le lieu : l’Open de Miami, à Key Biscayne

L’Open de tennis de Miami, qui s’appelle à l’origine le Lipton International Players Championship, a lieu pour la première fois en 1985, à Delray Beach, dans l’idée d’être le premier grand événement de tennis de l’année (à l’époque, l’Open d’Australie se tient au mois de décembre). Le tournoi déménage à Key Biscayne en 1987, et Miloslav Mecir est le premier à triompher dans les nouvelles installations. Les joueurs s’y affrontent sur des courts en dur assez lents, dans une chaleur et une humidité extrêmes. Néanmoins, avec une dotation exceptionnelle et un tableau de 96 joueurs, il est considéré en 1990 comme le plus grand tournoi de tennis au monde, en dehors de ceux du Grand Chelem.

L’histoire : battu par Edberg en finale à Indian Wells, Agassi prend sa revanche à Miami

Le 25 mars 1990, retrouver Andre Agassi et Stefan Edberg en finale de l’Open de Miami est tout sauf une surprise. Le Suédois et l’Américain s’étaient déjà affrontés en finale à Indian Wells, et Edberg, récent finaliste de l’Open d’Australie, l’avait emporté.

À Miami, Boris Becker, en mal de motivation, est éliminé au deuxième tour par le 46e mondial, Jean-Philippe Fleurian (7-6, 6-1), et le numéro1 mondial, Ivan Lendl, qui affirme n’être venu en Floride que pour honorer son contrat Adidas, est éliminé par Emilio Sanchez en huitièmes de finale (6-3, 6-7, 6-4).

Pour obtenir le droit d’affronter à nouveau Agassi en finale, Edberg remporte une victoire miraculeuse en quart de finale, contre Jakob Hlasek, où il n’échappe à la défaite que grâce à l’annonce controversée d’un juge de ligne alors que le Suédois est mené 6-5 dans le tie-break du troisième set.

En finale, alors qu’Agassi est bien déterminé à prendre sa revanche sur Edberg, le Suédois semble en petite forme, comme s’il n’avait pas totalement récupéré des 10 victoires consécutives qu’il a accumulées depuis le début du mois de mars. Grâce notamment à ses passing shots de revers surpuissants, le Kid de Las Vegas remporte les premiers sets, 6-1, 6-4, et même s’il perd sa concentration dans le troisième set, qu’il perd sans marquer un jeu, il se ressaisit dans le quatrième set, s’imposant facilement 6-2.

« Je suppose que les gens ne peuvent plus dire que je ne gagne pas de grands tournois, n’est-ce pas ? », demande Agassi, un tantinet provocateur, en réponse à toutes les critiques dont il avait fait l’objet en 1989, en raison de son manque de succès dans les grands tournois. Cependant, bien que le Lipton Championship soit l’un des plus grands événements du circuit, il n’a tout de même pas le prestige d’un tournoi du Grand Chelem.

Plus sérieusement, Agassi, qui a beaucoup progressé à la fois sur le plan physique et sur le plan mental, se montre satisfait de sa performance, et explique son trou d’air du troisième set par la chaleur.

« Je jouais bien, mais il a pris un très bon départ dans le troisième set et je me suis un peu relâché parce que dans cette chaleur, il est difficile de maintenir ce niveau de tennis pendant trois sets entiers d’affilée. L’année dernière, Edberg aurait été très confiant en entamant le quatrième set, car il se serait probablement dit : « Tout ce que j’ai à faire, c’est de m’accrocher et il va se fatiguer ou manquer de rigueur », mais ce n’est pas le cas maintenant. Je suis beaucoup plus fort, et plus endurant, physiquement comme mentalement ».

La postérité du moment

Agassi avait raison : en 1990, plus fort, mieux préparé physiquement et plus endurant mentalement, il atteindra la finale à Roland-Garros et à l’US Open. Mais à chaque fois, malgré son statut de favori, il s’inclinera, d’abord face à Andres Gomez à Paris (6-3, 2-6, 6-4, 6-4) puis face à Pete Sampras à New York (6-4, 6-3, 6-2). À la fin de l’année, il battra Edberg en finale du Masters (5-7, 7-6, 7-5, 6-2). Cependant, Agassi devra attendre juillet 1992 pour remporter son premier titre du Grand Chelem, à Wimbledon, aux dépens de Goran Ivanisevic. Le Kid de Las Vegas triomphera 6 fois au total à Miami (1990, 1995, 1996, 2001, 2002, 2003), un record égalé plus tard par Novak Djokovic.

La carrière de Stefan Edberg atteindra son apogée en 1990. Après une nouvelle déception à Roland-Garros, où il s’inclinera au premier tour, Stefan Edberg reconquerra la couronne de Wimbledon en battant Becker en cinq sets lors de leur troisième finale consécutive au All England Club (6-2, 6-2, 3-6, 3-6, 6-4). Le 12 août, il deviendra numéro un mondial pour la première fois, une place qu’il conservera pendant 24 semaines consécutives, et 72 semaines au total.

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