6 mars 2006 : Le jour où la révolution Hawk-Eye a débuté

C’est le 6 mars 2006 que la Fédération américaine de tennis valide, avec l’ATP et la WTA, la mise en place de l’arbitrage électronique pour le Masters 1000 de Miami. La technologie Hawk-Eye, qui allait révolutionner le sport, s’installe ainsi dans un cadre officiel.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : L’arrivée du Hawk-Eye, c’est officiel

Le 6 mars 2006, la Fédération Américaine de Tennis, l’ATP et la WTA annoncent conjointement que le Hawk-Eye, une technologie d’arbitrage électronique, va être introduit dans le tennis professionnel. Cette nouveauté s’accompagne d’un système de « challenge » pour les joueurs, qui peuvent ainsi contester les décisions arbitrales, afin de la rendre plus divertissante, et elle doit être mise en place pour la première fois au Masters 1000 de Miami.

L’histoire : La suite logique de l’évolution du tennis

Dans l’histoire du tennis, les erreurs d’arbitrage et les disputes sans fin entre joueurs et arbitres ont toujours fait partie du jeu. Ils ont même été à l’origine de certains des moments les plus emblématiques de ce sport, comme les célèbres colères de John McEnroe. Avec l’augmentation de la vitesse du jeu, bien arbitrer devient, d’année en année, de plus en plus difficile.

La première technologie électronique d’aide à l’arbitrage, Cyclops, a été inventée en 1979 et utilisée pour la première fois à Wimbledon en 1980, avant que son utilisation ne devienne courante dans la plupart des tournois de tennis, sauf sur les courts en terre battue. La précision de ce système était difficile à mesurer, et il n’était utilisé que sur la ligne de service, car son fonctionnement aurait été perturbé par les mouvements des joueurs de part et d’autre de la ligne de fond de court. La plupart des amateurs de tennis des années 1980 et 1990 se souviennent de son bip sonore lorsque la balle était faute.

Le système Hawk-Eye, créé en 1999 par Paul Hawkins, est popularisé par les chaînes de télévision, qui l’adoptent pour passer en revue les points litigieux. Au départ, cette analyse n’est accessible qu’aux téléspectateurs et n’a aucune influence sur le déroulement du match.

Au début des années 2000, quelques incidents font avancer la cause de l’arbitrage électronique. L’un des plus célèbres se produit à l’US Open 2004, lorsque Serena Williams doit faire face à plusieurs erreurs manifestes à des moments importants de sa défaite en quarts de finale contre Jennifer Capriati. Les officiels de l’US Open lui téléphonent ensuite pour présenter des excuses et l’arbitre n’a pas été autorisée à remonter sur la chaise pendant la suite du tournoi. Mais la question reste posée : comment éviter ce genre de situation ?

Grâce au Hawk-Eye, à la télévision, tout le monde a vu les terribles erreurs survenues lors du match Williams-Capriati, et il est vite devenu évident que cela pourrait permettre de résoudre les éternelles disputes entre joueurs et officiels. Cependant, le monde du tennis étant assez conservateur, il faut encore presque 18 mois avant que l’ère de l’assistance électronique ne débute.

Le 6 mars 2006, Arlen Kantarian de l’USTA, Larry Scott de la WTA et Etienne de Villiers de l’ATP annoncent qu’un système d’arbitrage vidéo instantané va être introduit dans certains tournois d’Amérique du Nord.

« Nous avons tous, en tant qu’adeptes de ce sport, vu des matchs tourner sur des annonces douteuses dont la rediffusion à la télé a démontré qu’elles étaient incorrectes, déclare Larry Scott, le président de la WTA. Avec les enjeux du tennis moderne, nous avons senti qu’il fallait chercher par tous les moyens à utiliser la technologie pour s’assurer que les annonces étaient exactes, sans perdre l’élément humain des officiels sur le terrain ».

Les nouvelles règles accordent aux joueurs de recevoir deux « challenges » par set pour contester les annonces des juges de ligne. Si le « challenge » est gagnant, le joueur conserve ses deux chances ; sinon, le « challenge » est perdu.

De nombreux joueurs et experts du tennis se montrent très enthousiastes à l’idée de cette petite révolution.

« Au cours de mes 20 ans de carrière dans le tennis professionnel, affirme Andre Agassi, c’est l’une des choses les plus excitantes qui soit arrivée aux joueurs, aux fans et aux téléspectateurs ».

Andre Agassi

John McEnroe, un joueur autrefois redouté par les arbitres, est particulièrement satisfait.

« Si quelqu’un a écouté mes commentaires au long de l’année dernière, il sait que je suis en faveur de l’utilisation de l’arbitrage vidéo. Je pense que cela rendra le tennis plus intéressant ».

Cependant, les deux plus grandes stars de l’époque, Roger Federer et Rafael Nadal, sont nettement plus réservés, voire hostiles, et se prononcent contre l’utilisation de cette nouvelle technologie.

« Ce qui se passe est une folie. Un pur gaspillage d’argent », affirme le Maestro.

Néanmoins, la technologie Hawk-Eye et les règles du « challenge » doivent être testées pour la première fois au Masters 1000 de Miami, et l’US Open 2006 sera le premier tournoi du Grand Chelem à introduire ces changements.

La postérité du moment : Le premier pas vers une automatisation totale

À Miami, l’Américaine Jamea Jackson sera la première joueuse à utiliser la technologie Hawk-Eye, lors de son premier tour face à Ashley Harkleroad. Bien que son « challenge » s’avèrera perdant, elle appréciera ce privilège.

« J’ai adoré, j’ai trouvé ça génial. Ça enlève beaucoup de pression. »

Au fil des ans, la technologie Hawk-Eye s’imposera dans tous les grands événements de tennis au monde, à condition qu’ils ne soient pas joués sur terre battue. Cependant, en 2021, son extension à un arbitrage entièrement électronique pour limiter le nombre de personnes sur le terrain allait soulever de nouvelles controverses, avec des joueurs comme Gilles Simon affirmant que « le principal problème est qu’il n’est pas du tout précis ».

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