3 minutes de conférence de presse, et Serena fond en larmes

Stupeur et émotion à Melbourne : Serena Williams a brutalement interrompu sa conférence de presse, en larmes, après sa demi-finale perdue face à Naomi Osaka.

Serena Williams tears, Melboure, 2021

Une première chose nous avait surpris : pourquoi Serena Williams avait-elle décidé de se présenter aux journalistes à peine un gros quart d’heure après son élimination de l’Open d’Australie en demi-finale contre Naomi Osaka, c’est-à-dire à chaud, à 16h05 locales, 6h05 du matin en France ?

Voir aussi : Osaka, supérieure à Serena, retourne en finale de l’Open d’Australie

Bientôt une autre question brûlerait les lèvres des rares journalistes présents sur place et des dizaines connectés en visio-conférence partout dans le monde : pourquoi la détentrice de 23 titres du Grand Chelem en simple a-t-elle quitté la conférence de presse en larmes, subitement, au bout de 200 secondes d’échange, par un rapide « Je ne sais pas, j’en ai marre… » ?

La question qui a fait craquer Serena

L’indice le plus probable se trouve dans les deux dernières questions qui lui ont été posées, même si l’Américaine est jalouse de ses secrets et détient, seule, la réponse à cette interrogation.

La question qui a fait craquer Serena était relativement banale :

«Toutes ces fautes directes pendant le match, elles étaient dues à quoi ? Un jour sans ?»

Si la question est présentée comme banale, c’est que Serena Williams avait elle même planté le décor pour expliquer sa défaite 6-3, 6-4 :

«La différence entre nous aujourd’hui, c’était les fautes. Franchement, j’ai eu des tas d’opportunités, j’aurais pu mener 5-0. Mais j’ai fait tellement de fautes…»

Serena Williams a fait exactement 24 fautes en 19 jeux (19 en 9 jeux dans le premier set), soit un petit peu plus d’une faute par jeu. Son total n’est pas si insensé et il est d’ailleurs proche de celui de Naomi Osaka (21). Sa réponse n’était pas tout à fait lucide sur les contours d’un match marqué par la vitesse de jeu d’Osaka, un cran au-dessus. Peut-être était-elle influencée par un premier set fertile en émotions négatives, avec 16 fautes en 9 jeux, dont 6 en 4 jeux.

Adieu à Melbourne ? Serena ne répondra pas

Au moment où Craig Gabriel, journaliste australien basé à Sydney, lui a posé cette question, Serena dissimulait déjà son visage face à sa table pour réfréner ses sanglots.

Elle venait alors de répondre à une question sur son attitude avec le public au moment de quitter la Rod-Laver Arena. Question posée en deux temps après une première réponse convenue de l’Américaine (« le public australien est si incroyable ») :

« Il y a eu une image poignante quand vous avez quitté le court. Vous avez placé votre main sur le coeur. A quoi pensiez-vous intérieurement ? [première réponse de Serena] Certains ont pu y voir un adieu. »

« Je ne sais pas, a répondu Serena Williams. Je ne sais même si je partagerais avec qui que ce soit ma décision de dire adieu, donc… »

Puis le long sourire de fière ironie affiché par Serena Williams s’est brutalement effacé derrière sa résistance aux larmes, au diapason d’une voix qui était déjà fragilisée par la déception depuis le début de la conférence. Quelques secondes plus tard, elle se levait, partait, et laissait tout le monde sous ce choc.

Une heure plus tard, Serena Williams a publié sur Instagram un message au diapason de l’émotion pudique de sa sortie du court.

« A Melbourne, à mes fans australiens. Ce n’était vraiment pas le jour idéal pour sortir la performance que j’ai faite aujourd’hui, mais ça arrive… Je me sens honorée d’avoir pu jouer devant vous. Votre soutien, vos encouragements… J’aurais tellement voulu faire mieux. J’ai une dette éternelle envers chaque personne parmi vous. Je vous aime, je vous aime, je vous aime, je vous aime. »

Serena Williams, qui continuer de jouer pour remporter un 24e titre du Grand Chelem, n’a jamais dit publiquement quand elle arrêterait le tennis, ni si elle avait arrêté une décision ou une tendance à ce sujet. Elle est mère de famille depuis 2017 et apparaît moins active pour son tennis depuis sa défaite en finale à Wimbledon 2019 contre Simona Halep, même si son niveau de jeu et de présence physique à cet Open d’Australie était spectaculairement bon par rapport à 2020.

Elle sera âgée de quarante ans le 26 septembre prochain. Le dernier de ses 23 Grands Chelems remportés l’a été à Melbourne, en janvier 2017.

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