Abonnez-vous à la newsletter

30 janvier 2017 : le jour où Serena Williams, enceinte, est devenue la joueuse la plus âgée de l’histoire à occuper la première place mondiale

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Aujourd’hui, nous retournons en 2017 pour voir comment, à 35 ans, Serena Williams, qui venait de remporter l’Open d’Australie, est devenue la numéro un mondiale la plus âgée de l’histoire du tennis.

Serena_Williams_A0_2017

CE QUI S’EST PASSÉ CE JOUR-LÀ : SERENA WILLIAMS, LE RETOUR SANS FIN

Ce jour-là, le 30 janvier 2017, Serena Williams atteint la première place mondiale pour la septième fois de sa carrière, grâce à son triomphe à l’Open d’Australie, deux jours plus tôt, face à sa sœur Venus en finale (6-4, 6-4). Avec ce 23e titre du Grand Chelem, elle bat deux records à la fois : elle dépasse les 22 Grands Chelems de Steffi Graf (record de l’ère Open) et, à 35 ans et 124 jours, elle devient la joueuse la plus âgée à occuper la première place mondiale.

Venus et Serena Williams
Venus et Serena Williams. ©Panoramic

L’ACTRICE : SERENA, UNE LEGENDE VIVANTE

Serena Williams, née en 1981, est la cadette de sa famille. Quelques années plus tôt, en 1997, sa grande sœur Venus, qui débutait alors sur le circuit, avait déclaré que sa principale rivale serait bel et bien Serena. A l’époque, les observateurs n’avaient pas su si elle avait dit ça sérieusement ou par pure provocation. Ils réalisent bientôt à quel point Venus était en fait sérieuse. 

Serena explose en 1999. Cette année-là, au mois de septembre, elle crée la surprise en gagnant son premier titre du Grand Chelem avant sa grande sœur, dominant Hingis en finale (6-3 7-6). Associée à Venus, elle s’adjuge aussi le titre en double et termine l’année à la quatrième place mondiale. En 2001, en finale de l’US Open, elle perd contre Venus le premier match disputé par deux sœurs à un tel niveau de compétition.

Entre Roland-Garros 2002 et l’Open d’Australie 2003, sa carrière prend une nouvelle dimension lorsqu’elle accomplit ce qui sera connu sous le nom de « Serena Slam » : elle remporte les quatre tournois du Grand Chelem à la suite, en battant à chaque fois sa sœur Venus en finale. De 2004 à 2006, elle prend du recul par rapport au tennis et, malgré un nouveau grand titre glané à l’Open d’Australie 2005, elle va même jusqu’à faire une pause en 2006.

Elle revient d’autant plus forte en 2007, remportant au fil des ans de nombreux titres majeurs. Et en 2015, après avoir remporté les trois premiers tournois majeurs de l’année, elle passe à deux matchs de réussir le Grand Chelem calendaire, s’inclinant face à Roberta Vinci en demi-finale de l’US Open (2-6, 6-4, 6-4). À l’Open d’Australie 2017, elle affronte sa sœur Venus en finale d’un tournoi majeur pour la neuvième fois et la bat pour la septième fois, 6-4 6-4. Elle détient désormais 23 titres du Grand Chelem.

L’HISTOIRE : DE “SUPER WOMAN” À “SUPER MUM”

Au début de l’année 2017, Serena Williams, bien qu’elle ait déjà 35 ans, est la joueuse la plus dominante des cinq dernières années. Son emprise sur le circuit a même augmenté depuis 2015 : lors des huit derniers tournois du Grand Chelem, elle a triomphé à quatre reprises, terminé deux fois finaliste et atteint deux fois les demi-finales. En 2015, après avoir remporté les trois premiers tournois majeurs de l’année, elle n’était plus qu’à deux matches du Grand Chelem calendaire, mais, à la stupéfaction générale, elle s’est inclinée en demi-finale de l’US Open face à Roberta Vinci (2-6, 6-4, 6-4).

En 2016, sa domination est remise en question par des joueuses comme Angelique Kerber, qui bat Serena en finale de l’Open d’Australie (6-4, 3-6, 6-4), et Garbiñe Muguruza, qui la domine en finale de Roland-Garros (7-5, 6-4). Toutefois, grâce à son septième triomphe à Wimbledon, elle égale le record des 22 titres du Grand Chelem accumulés par Steffi Graf dans l’ère Open, et même si elle abandonne la première place du classement au profit de Kerber au mois septembre, elle est toujours considérée par de nombreux experts comme la favorite de l’Open d’Australie 2017. 

Je poursuis ce record depuis très longtemps. Il n’y a pas de meilleur endroit que Melbourne pour le battre.

Serena Williams

Malgré une défaite décevante au deuxième tour de son tournoi de préparation, à Auckland (contre la 72e mondiale, Madison Brengle, 6-4, 6-7, 6-4), Serena traverse sans encombre le tableau de l’Open d’Australie, où elle se qualifie pour la finale sans perdre un seul set, éliminant successivement Belinda Bencic, Lucie Safarova, Nicole Gibbs, Barbara Strycova, Johanna Konta et Mirjana Lucic-Baroni. En finale, elle affronte sa sœur Venus, que personne n’attendait à ce stade du tournoi : sa dernière apparition en finale d’un Grand Chelem remonte à près de huit ans, à Wimbledon, en 2009 – et c’était d’ailleurs contre Serena.

Pour la septième fois en neuf finales, la plus jeune des sœurs Williams prend le dessus, en deux sets, 6-4, 6-4. Grâce à ce titre, elle dépasse les 22 titres du Grand Chelem de Steffi Graf et reprend la place de numéro 1 mondiale à Angelique Kerber, la tenante du titre, qui s’était inclinée en huitièmes de finale face à Coco Vandeweghe (6-2, 6-3). C’est  une grande surprise pour elle car son entraîneur, Patrick Mouratoglou, lui avait délibérément caché cette information avant le match afin, dira-t-il, “d’éviter de lui mettre une pression supplémentaire à un moment déjà délicat”, selon le New York Times. À l’âge de 35 ans et 124 jours, elle est la joueuse la plus âgée à avoir jamais réalisé cet exploit. 

“Je poursuis ce record depuis très longtemps”, déclare Williams à propos de ses 23 Grands Chelems. “Quand il s’est enfin trouvé à portée de main, j’ai su que j’avais l’occasion d’y arriver, et j’y suis parvenue. C’est un sentiment formidable. Il n’y a pas de meilleur endroit pour le faire que Melbourne”.

Son prochain objectif est maintenant d’égaler les 24 titres de Margaret Court. “Tant mieux pour elle si elle est assez forte pour y arriver”, commente assez froidement Court pendant le tournoi.

LA POSTÉRITÉ DU MOMENT : UN CONGÉ MATERNITÉ POUR LA PATRONNE

Serena Williams se tiendra à l’écart du circuit les semaines suivantes et, début avril, elle annoncera sur les médias sociaux qu’elle est enceinte de 20 semaines – ce qui signifie qu’elle était déjà enceinte à Melbourne lorsqu’elle a remporté l’Open d’Australie. Elle apparaîtra au sommet du classement WTA pour la dernière fois le 14 mai 2017. 

De retour sur le circuit en 2018 pour poursuivre le record de Margaret Court, elle s’inclinera dans quatre finales de Grand Chelem sans pouvoir décrocher un 24e titre. À Wimbledon, elle s’inclinera face à Angelique Kerber en 2018 (6-3, 6-3) et face à Simona Halep en 2019 (6-2, 6-2), tandis qu’à l’US Open, elle s’inclinera face à Naomi Osaka en 2018 (6-2, 6-4) et face à Bianca Andreescu en 2019 (6-3, 7-5). 

Williams est la plus grande joueuse de tennis de sa génération, avec 23 tournois du Grand Chelem à son actif, dont un très spécial. En 2017, elle a remporté l’Open d’Australie alors qu’elle était enceinte de sa fille, Alexis Olympia Ohanian Jr. Son retour au tennis a été retardé car elle a souffert de deux embolies pulmonaires. Bien qu’elle soit toujours une joueuse de haut niveau à son retour, elle n’a pu ajouter qu’un seul titre à son palmarès en battant Jessie Pegula à l’Open d’Auckland en 2020 et a échoué lors de quatre finales majeures consécutives. (Williams avec Olympia, Instagram, 2 juillet 2020)
Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.