La “Happy end”, elle est pour Raducanu

Emma Raducanu a conclu sa folle épopée à l’US Open, démarrée en qualifications, par un titre ce samedi aux dépens de Leylah Fernandez (6-4, 6-3). La Britannique, 150e mondiale, est la première femme britannique à remporter un titre en Grand Chelem depuis 44 ans.

Emma Raducanu at the 2021 US Open

US Open (F) – Finale

E.Raducanu bat L.Fernandez : 6-4, 6-3

  • L’information principale : 150e mondiale et issue des qualifications, Emma Raducanu a remporté son premier titre du Grand Chelem en dominant Leylah Fernandez samedi en finale de l’US Open.
  • Vous apprendrez aussi : Raducanu est la première joueuse britannique à gagner un Majeur depuis 44 ans et le sacre de Virginia Wade à Wimbledon.
  • Pourquoi il faut lire cet article : Pour se rendre compte que Raducanu s’est imposée au fil des jeux comme l’incontestable patronne du court.

Au royaume de Hollywood et des histoires qui finissent bien, le plus souvent, cette finale de l’US Open 2021 devait être une célébration autant qu’un crève-coeur. Elle allait décider de l’épilogue des deux contes de fées qui ont rythmé la quinzaine new-yorkaise dans le tableau féminin, et il n’y en avait qu’une seule qui pouvait se terminer en “happy end”. C’est celle d’Emma Raducanu, 150e mondiale et sortie des qualifications, qui s’est bouclée dans la joie intense de remporter un premier titre du Grand Chelem, à seulement 18 ans.

Raducanu a vaincu samedi en deux sets (6-4, 6-3) Leylah Fernandez, 73e au classement WTA et de deux mois son aînée, pour devenir la première femme britannique à remporter un Majeur depuis Virginia Wade, à Wimbledon, en 1977. Le tout sans lâcher une manche lors des dix matchs disputés depuis son entrée dans le tableau au premier tour des qualifications. Un exploit immense, pour son quatrième tournoi seulement chez les professionnelles. À coup sûr l’un des plus grands de l’histoire du tennis.

Les deux finalistes étaient à leur place, et Raducanu a fini par prendre le dessus

L’émotion de Raducanu après la balle de match, sa troisième de la soirée, traduisait à la fois son bonheur incommensurable et son incrédulité. Elle s’est écroulée sur le court Arthur-Ashe, toujours avec cet air halluciné, qui l’accompagne depuis les huitièmes de finale, de celle qui ne comprend pas tout ce qui lui arrive.

Il n’y a pourtant pas de hasard dans sa réussite. Encore ce samedi, elle était la meilleure sur le court dans un match où les deux joueuses ont démontré à quel point elles méritaient de se disputer le dernier titre du Grand Chelem à attribuer cette saison.

Certes, Raducanu et Fernandez ont été, de temps à autre, rattrapées par une tension qui a entraîné davantage de fautes directes qu’à l’accoutumée (25 pour la Britannique, 26 pour la Canadienne). Mais nombreux ont été les échanges de haut niveau et toujours les deux finalistes ont répondu dans le combat.

Raducanu a envoyé la première banderille, en breakant à sa sixième occasion sur le premier jeu de service de Fernandez. Avantage de courte durée, puisque son adversaire l’a débrakée dans la foulée.

Leylah Fernandez at the 2021 US Open
Leylah Fernandez at the 2021 US Open © AI / Reuters / Panoramic

Les débats étaient tellement serrés, tendus, que le score n’était que de 3-3 que le chronomètre approchait déjà des 40 minutes de jeu. Mais Raducanu, mieux installée dans le court grâce à un premier coup de raquette très efficace, au service ou en retour, a pris peu à peu la mesure d’une Fernandez mise sur le reculoir et contrainte de raccourcir sa longueur de balle. C’est logiquement que la Britannique a fait le break qu’il fallait pour empocher la première manche et faire la course en tête.

Raducanu 23e au classement WTA lundi

Libérée par le gain de ce set, Raducanu a appuyé d’entrée de deuxième. Mais elle n’a converti aucune des trois balles de break obtenues d’entrée. Ce qu’elle a payé juste derrière, en perdant son engagement. Portée par ses coups long de ligne dévastateurs et son intelligence pour déplacer son adversaire dans le but de la punir ensuite, Raducanu n’a pas tergiversé bien longtemps. Elle a débreaké d’emblée et a enchaîné pour mener 5-2.

La Britannique a alors obtenu deux premières balles de set sur le service de Fernandez, qui les a sauvées avec aplomb et un petit sourire en coin. Son clan l’arborait aussi. Chaque seconde passée en plus sur le court n’était alors que du bonus pour celle qui s’est accrochée avec ce courage qui la caractérise, alors qu’elle aurait pu lâcher tant son adversaire avait la main sur la rencontre.

De l’autre côté du filet, le visage de Raducanu était fermé et il s’est tendu encore davantage quand elle s’est mise à saigner au genou suite à une glissade sur le court. Il s’est ainsi écoulé plusieurs minutes, le temps qu’elle se fasse soigner, avant de devoir négocier une balle de débreak contre elle.

Raducanu a écarté celle-ci, puis une autre, avant de conclure son tournoi d’un ace, symbole de sa domination en première balle (69% de réussite, 67% de points gagnés derrière). Seul l’avenir le confirmera. Mais il y a un sentiment tenace qui accompagne le sacre de Raducanu. Celle qui sera 23e à la WTA lundi, soit 127 places de mieux que son classement actuel, semble avoir tous les atours pour durer au haut niveau et s’imposer comme l’une des patronnes du circuit. Comme si la “happy end” new-yorkaise n’était en fait qu’un début.

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