Osaka l’instinctive et Azarenka la rationnelle : la finale femmes par Wim Fissette

Ex-coach de Victoria Azarenka et entraîneur actuel de Naomi Osaka, Wim Fissette analyse les profils de ces deux joueuses qu’il connaît parfaitement avant la finale de l’US Open 2020 samedi (22 heures).

Wim Fissette and Naomi Osaka, Brisbane 2020

La finale du tableau féminin de l’US Open sera forcément très particulière pour Wim Fissette. L’entraîneur actuel de Naomi Osaka s’est occupé par le passé de Victoria Azarenka. Il connaît parfaitement le niveau d’excellence qu’exigent les tournois du Grand Chelem, les clefs pour se préparer aux grands rendez-vous, et les bons mots à distiller dans son discours à ses protégées pour qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes.

Certaines joueuses, à l’instar de l’ancienne numéro 1 mondiale Victoria Azarenka – l’adversaire de Naomi Osaka samedi – ressentent le besoin d’avoir le plus d’informations statistiques possibles. Pour d’autres, comme Osaka, de retour en finale deux ans après avoir remporté son premier titre du Grand Chelem à l’US Open, il s’agit davantage de les orienter dans leurs choix que de leur imposer des schémas précis.

« J’essaie toujours de me mettre dans la tête de l’adversaire et de tenter de comprendre exactement l’adversaire en me basant sur des vidéos et des statistiques, bien sûr, a-t-il déclaré aux journalistes ce vendredi. Nous allons évidemment préparer un plan de jeu. Bien sûr, je connais assez bien le jeu de Vika (Azarenka). Mais il s’agit de la finale de l’US Open. Et donc avant tout de contrôler les émotions et d’essayer de jouer le meilleur tennis au bon moment. »

Deux profils aux antipodes

Quand il travaillait avec Azarenka en 2015 et 2016, période durant laquelle elle a remporté les tournois d’Indian Wells et de Miami avant d’annoncer qu’elle était enceinte, Fissette donnait à la Biélorusse toutes les statistiques qu’il pouvait. Elle les dévorait, telle une machine. A contrario, avec Osaka, il s’agit de bien peser ses mots.

« Parmi les nombreuses joueuses avec lesquelles j’ai travaillé précédemment, Vika était la plus rationnelle, reconnaît le coach. Naomi est, c’est certain, une joueuse qui a beaucoup d’intuition et qui la suit sur le terrain. Bien sûr, elle rentre sur le court avec un plan de jeu. Mais disons que notre plan de jeu est un peu plus basique que si j’entraînais Vika pour le match de demain. »

« Pour moi, il est plus facile de sur-entraîner Naomi que de la sous-entraîner. Je veux évidemment lui donner trois clefs qui sont très importantes pour moi, mais je n’entrerai pas dans les détails de ce match parce que j’ai l’impression que, dans le passé, elle a montré qu’elle avait une grande intuition. J’ai vraiment confiance en elle. L’intuition, ce n’est pas : “maintenant je vais jouer cette balle comme ça.” Elle comprend très bien le jeu. Ce n’est pas comme si on programmait un ordinateur : “D’accord, tu vas jouer deux balles là, la troisième tu dois toujours aller là”. C’est plutôt sur le feeling. C’est une énorme différence d’entraîner ces deux joueuses. »

Osaka sait s’ajuster en plein match

Peu de chiffres, donc, dans l’approche de Fissette, qui donnera à Osaka « peut-être 30 ou 40 % de ce que je donnerais à quelqu’un comme Vika » en termes de statistiques. « Pour moi, ce sont trois clefs. C’est exactement ce que vous devez savoir. J’essaie de lui donner un peu de compréhension sur ce qu’il faut attendre de l’adversaire. »

« Naomi… c’est une joueuse avec des armes énormes, atteste Wim Fissette. C’est très important qu’elle se concentre sur son jeu, elle ne s’adapte pas trop. On préfère que ce soit l’adversaire qui s’adapte. Avec ces trois clefs, elle peut jouer exactement son jeu avec peu de corrections à apporter. Mais encore une fois, c’est une joueuse que j’ai vue avant de travailler avec elle, elle comprend bien le jeu. Je l’ai vue… ajuster ses tactiques par elle-même pendant les matchs. Je pense que c’est une grande qualité. »

Victoria Azarenka with her co

Une finale qui s’annonce serrée

Malgré toute la préparation effectuée sur sa joueuse, l’entraîneur de la Japonaise estime que la finale se jouera sur peu de choses.

« Quelques points clefs vont permettre de faire basculer d’un côté ou de l’autre demain, a-t-il confié. C’est ce que je ressens. Peut-être qu’un ace au bon moment ou une double faute au mauvais moment peuvent décider de l’issue du match. Je pense que ce sera un affrontement très serré avec les deux joueuses qui ont joué le meilleur tennis ces trois dernières semaines. Oui, je suis sûr qu’il y aura une grande bataille samedi. »

En trois confrontations, Osaka s’est imposée deux fois face à la Biélorusse, mais la seule victoire d’Azarenka a eu lieu… sur dur. Place à une finale d’ex-numéro 1 mondiales, toutes deux doublement titrées en Grand Chelem.

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