Kenin n’est pas impressionnante, mais c’est une grande joueuse – L’Œil du Coach #30

Dans le dernier épisode de L’œil du coach, Patrick Mouratoglou se penche sur le profil de Sofia Kenin, tête de série n°4 de Roland-Garros, qui va disputer la finale du tournoi samedi. L’Américaine a déjà remporté l’Open d’Australie et, selon l’entraîneur français, elle sera meilleure dans les moments clefs que son adversaire, Iga Swiatek.

9 octobre 2020

Avec l’hécatombe des têtes de série dans le tableau féminin, Sofia Kenin est rapidement devenue favorite du tournoi. A Roland-Garros, la tête de série numéro 4 et dernière vainqueure de l’Open d’Australie n’a pas forcément impressionné depuis le premier tour. Mais elle s’est montrée très solide face à Petra Kvitova en demi-finale. Pour Patrick Mouratoglou, la jeune Américaine saura faire la différence face à la surprenante Iga Swiatek (19 ans) dans les moments clefs du match.

“Sa plus grande qualité, c’est sa force mentale. C’était flagrant à l’Open d’Australie, qu’elle a gagné. Elle joue dur. Sur le court, elle n’est pas là pour rigoler. Elle est dure avec son adversaire parfois mais c’est une de ses qualités. Elle a sûrement raison. Elle est présente sur les points importants, elle ne tremble pas. Et quand elle tremble, elle se ressaisit immédiatement. C’est une championne, une gagnante.”

Un jeu pas impressionnant

A la différence d’une Simona Halep ou d’une Garbine Muguruza, Sofia Kenin ne montre jamais une domination sans pareil sur le court. Elle n’écrase pas ses adversaires, et pourtant…

“Son jeu n’est pas impressionnant, si vous la voyiez jouer pour la première fois sans la connaître, vous ne diriez pas qu’elle a gagné un Grand Chelem, car il n’y a rien d’impressionnant. Mais si vous regardez dans les détails… Elle est extrêmement forte évidemment. Aucun de ses coups n’est incroyable. Son revers est meilleur que son coup droit mais les deux sont très solides. Là où elle est forte, c’est la précision. Elle joue très près de sa ligne de fond. Très long et elle trouve de bonnes zones. C’est très difficile de l’attaquer. A la moindre opportunité, elle choisit la bonne trajectoire. Elle a cette qualité qu’ont peu de joueuses, à savoir faire courir son adversaire en jouant depuis le milieu. Elle y arrive sans souci. Renvoyer au centre face à Kenin, c’est la laisser trouver la meilleure zone pour jouer court, vite et vous balader. Au coup suivant, elle jouera l’angle opposé.”

“Elle est très compliquée à gérer. C’est super dur de l’attaquer. Si tu frappes sans la mettre en danger, elle prend tout de suite le dessus. Même si tu la balades, elle n’en souffre pas. Elle va tirer parti de l’angle que tu donnes. Elle sait très bien utiliser le rythme de son adversaire. Cela la rend dur à jouer, elle n’est pas impressionnante mais c’est une grande joueuse. Et elle est très forte dans les moments clés des matchs importants. Cette finale, c’est une finale de Grand Chelem, donc il y a un fort aspect émotionnel. Si Swiatek est nerveuse, et qu’elle ne joue pas avec le feu dans les moments importants, elle sera en danger. Elle n’a d’autres choix que de sortir le match qu’il faut. Sans ça, c’est sûr que Kenin jouera mieux les points importants et gagnera.”

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