Djokovic : « J’ai toujours les attentes les plus élevées pour moi-même »
Le Serbe se retrouve, comme à l’Open d’Australie, face au défi Jannik Sinner en demi-finales à Wimbledon. À Melbourne, il s’était imposé en cinq manches.
Novak Djokovic – Wimbledon 2026 © AP Photo/Maja Smiejkowska
Novak Djokovic, tombeur de Felix Auger-Aliassime mardi en quarts de finale, se retrouve face au défi Jannik Sinner pour une place en finale. Le Serbe l’avait battu en demi-finales de l’Open d’Australie il y a quelques mois.
Est-ce qu’il vous arrive encore d’être surpris par ce que vous êtes capable de faire après tant d’années sur le circuit ?
NOVAK DJOKOVIC : Oui et non, franchement. Oui, parce qu’à mon âge, être encore là à batailler avec des jeunes qui ont 15 ans de moins que moi et réussir à les battre sur des scores ultra-serrés, c’est clair que c’est une super surprise. J’ai toujours des attentes les plus élevées pour moi-même. Je suis très dur avec moi, très autocritique. Après, j’essaie aussi de savourer ces moments-là. Pour être honnête, je ne sais pas de quoi demain sera fait, on verra bien. Je suis encore dans le tournoi, je veux faire au moins un pas de plus. Mais ce match, c’était comme une finale pour moi. J’ai tout donné, tout ce que j’avais dans le ventre. Je pense que c’était un grand moment de frisson pour nous sur le court, mais aussi pour le public et tous ceux devant la télé. Je suis juste super content d’avoir fait partie d’un nouveau match historique.
Vous aviez fait ce parcours incroyable jusqu’en finale en Australie en sortant Sinner en demie. Comment vous vous sentez aujourd’hui par rapport à ce moment-là ? C’est similaire ou pas du tout ?
NOVAK DJOKOVIC : En Australie, c’était une très longue demie contre Sinner. Là, c’était un quart. Et c’est maintenant que je le joue en demie. Donc déjà, c’est différent, et la surface n’est pas la même non plus. L’Australie, c’était le tout premier gros tournoi de l’année, j’arrivais plus frais après plusieurs mois de break et de préparation. Là, c’est une autre histoire. Mais ça reste un super parcours pour moi en Grand Chelem. C’est ça qui compte le plus, honnêtement. J’essaie toujours de me prouver – et de prouver aux autres – que je peux rivaliser avec les meilleurs et les battre sur les plus grands courts du monde. C’est ce que j’ai fait en Australie, c’est ce que je viens de faire ici. Et j’espère le refaire encore sur les prochains matches ici à Londres.

Quel genre de défi Sinner représente-t-il ?
NOVAK DJOKOVIC : C’est un joueur tellement complet, il a énormément progressé. Jouer contre lui, c’est le défi ultime en ce moment. Sinner est numéro un mondial, c’est le meilleur joueur de la planète actuelle. Sa régularité et sa constance, c’est vraiment impressionnant.
Vous avez dit sur le court que vous aviez gagné avec le cœur. C’est le cœur qui a pris le relais quand le corps était fatigué ?
NOVAK DJOKOVIC : Comme je l’ai dit, il y a des hauts et des bas dans ce genre de match. Rester concentré pendant cinq heures, c’est super dur. Je le répète : face à un mec qui a 15 ans de moins que moi, qui est 3e ou 4e mondial, qui est mort de faim et qui joue à un niveau pareil… ce n’est pas rien pour moi. Les défis sont de plus en plus costauds et je dois puiser encore plus loin pour gagner des soirées comme celle-ci. C’est sûr, j’avais un break d’avance, mais il a suffi d’un mauvais jeu de service pour qu’il recolle. À ce niveau-là, tu paies cash la moindre baisse de régime. Mais à la fin, j’ai réussi à aller la chercher – au mental, au physique, au courage. C’était l’un des matches les plus étouffants et les plus longs que j’ai joués récemment. Il faut se poser et réaliser : continuer à jouer et à gagner comme ça à 39 ans, c’est quand même un truc de malade.