Clara Burel : « C’est un peu fou »

A 19 ans, Clara Burel était la joueuse française la moins bien classée au départ de Roland-Garros, seulement 357e mondiale. Elle est toujours en course après s’être jouée jeudi de Kaja Juvan (7-6, 6-2).

Burel Roland 2020

Clara, il y a un an, vous jouiez avec des balles en mousse à la suite de votre blessure au poignet. Pouvez-vous raconter cette période particulière, cette grave blessure à un jeune âge ? Est-ce complètement derrière vous, ou avez-vous besoin de soins particuliers ? Y’a-t-il encore une retenue sur votre revers ?
Après l’opération, j’ai vraiment très bien guéri, j’ai eu de la chance. On a pris beaucoup de temps, on a essayé de faire les choses au mieux pour que la guérison se passe le mieux possible, que je puisse reprendre le tennis à 100%. L’année dernière, j’ai repris le revers vers mi-octobre, oui. J’ai commencé avec les balles en mousse, on y est allés vraiment doucement. Et finalement, tout s’est très bien passé, je n’ai eu aucune douleur dès le début. C’est complètement derrière moi, mais pas totalement non plus, je dois encore faire hyper attention. Je me suis fait opérer l’année dernière, ça reste donc récent. Je dois faire des soins régulièrement. Après, au niveau du revers, je pense que je commence à me libérer complètement. Je ne sais pas si c’est encore à 100 %, mais ça commence.

La télévision vous a prise un peu au dépourvu sur le court, c’était compliqué d’expliquer vos émotions autant à chaud… Désormais, pouvez-vous nous raconter ce qu’il se passe dans votre tête ? Ça doit être assez dingue depuis deux jours…
Oui, c’est un peu fou. Je ne m’y attendais pas forcément, mais j’étais prête. Sur le match, je suis un peu miraculée dans la première manche, je sauve ces deux balles de set… C’est encore difficile de décrire vraiment les émotions. Pour le moment, c’est seulement de la joie.

Votre adversaire vous avait battue en finale des JO de la Jeunesse en 2018, où vous aviez d’ailleurs aussi décroché la médaille de bronze en double mixte avec Hugo Gaston. Est-ce qu’il y avait une revanche à prendre ?
Oui, une grosse revanche ! Cette défaite m’avait fait hyper mal, donc je suis vraiment contente.

“C’est cool de représenter la Bretagne”

Votre jeu commence à frapper les esprits, par rapport à son intelligence, avec beaucoup de variations. Est-ce quelque chose d’inné ?
Je pense, en tout cas on me l’a toujours dit, donc j’imagine que oui. C’est vrai que je fais des variations. Après, c’est difficile de le dire soi-même, mais en tout cas, c’est ce que j’entends et lis beaucoup.

Comment vous présenteriez-vous au grand public, qui apprend à vous connaître ? A priori, vous êtes assez fière de vos racines bretonnes, alors est-ce que vous suivez le football et le Stade Rennais leader de Ligue 1, et surtout aimez-vous les galettes saucisses ?
Je suis plus galette complète (rires) ! Je ne suis pas énormément le football, mais j’aime bien. C’est vrai que le Stade Rennais joue vraiment bien, c’est cool de représenter la Bretagne comme ça. Donc oui, je me présenterais comme une vraie bretonne, pure et dure ! Après, je ne sais pas, je n’ai pas grand-chose à dire. Je suis plutôt une fille simple. Et voilà !

On n’a pas l’impression que vous soyez tétanisée par Roland-Garros. Vous jouez pour la première fois dans le tableau principal, mais on a l’impression que vous vous en servez, que ça vous sublime, alors que d’autres sont un peu inhibés par l’enjeu et le lieu.
Je prends plutôt ça comme une opportunité de bien faire. J’essaie, je ne me mets pas de pression, j’ai eu cette chance d’avoir une wild-card grâce à la Fédération et ce n’est que du bonus.

Vous dégagez une vraie confiance et une certaine maturité à votre âge. Vous étiez-vous imaginée il y a deux ans, lors des qualifications, un plan de conquête de ce tournoi ? Un premier tour deux ans plus tard, puis une victoire dans dix ans ?
Non, vraiment pas ! J’essaie de ne pas me faire de plan. Je préfère un peu voir jour après jour ce qu’il peut se passer. J’essaie juste de faire du mieux que je peux chaque jour.

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