Fonseca : « Je suis toujours le même gars, mais je connais un peu mieux mes limites »
Le Brésilien de 19 ans s’est réjoui de sa magnifique quinzaine à Roland-Garros malgré son élimination face à Jakub Mensik en quarts de finale.
Joao Fonseca – Roland-Garros 2026 © Michael Baucher / Psnewz
Question : Le match a été difficile aujourd’hui. Quel regard portez-vous sur ces deux semaines passées à Paris ?
Joao Fonseca : Le match a été difficile aujourd’hui, c’est vrai, mais cela reste une excellente semaine. J’ai très bien joué durant cette quinzaine, alors que je revenais tout juste d’une petite blessure et que je n’avais aucune attente particulière en abordant ce tournoi. Signer un tel parcours est une vraie satisfaction. Donc, comme je l’ai dit, l’issue est dure aujourd’hui, mais le bilan de la semaine est résolument positif. Cela me donne plus de convictions et de confiance pour la suite, et cela m’a permis de mieux comprendre mon corps et d’en cerner les limites.
Le douzième jeu du premier set était d’une intensité digne d’un film, avec six balles de match sauvées. Pensiez-vous pouvoir basculer en tête et aviez-vous l’énergie nécessaire pour remonter un handicap de deux sets à zéro ?
À ce moment-là, je pensais uniquement à gagner ce jeu, pas au reste du match. J’essayais juste de produire mon meilleur tennis à cet instant précis et de me battre. J’ai donné tout ce que j’avais, j’ai tout jeté dans la bataille. Malheureusement, c’était le jour de Jakub, il a impeccablement joué. Je ne pense pas avoir fait un mauvais match aujourd’hui. Dans ce douzième jeu, je cherchais simplement à m’accrocher, à tout miser sur l’instant présent, en me disant que si j’accrochais le tie-break, cela le ferait peut-être un peu gamberger. Peut-être que j’aurais gagné ce set, peut-être pas. J’ai simplement essayé de faire de mon mieux.
Que vous a inspiré la performance de Jakub et quel regard portez-vous sur son potentiel ?
Sa qualité de service est incroyable. Sa manière de gérer les points importants est également très impressionnante. Il a dicté le rythme pendant la majeure partie de la rencontre, en servant bien et en se montrant redoutable au retour. Qu’il s’agisse d’une première ou d’une deuxième balle, ses retours s’engouffrent profondément dans le court et mettent immédiatement l’adversaire sous pression. Aujourd’hui, il n’a presque rien raté en retour, ce qui m’a constamment mis sur le reculoir. Tout le mérite lui en revient.
Il possède un immense potentiel. Il a déjà remporté un Masters 1000 (à Miami l’an passé) et il s’apprête à disputer sa première demi-finale ici. Il joue un excellent tennis et, surtout, il sait élever son niveau dans les moments clés. Il ne tremble pas, il est courageux. Je lui souhaite le meilleur, car c’est un garçon sympathique et d’une grande humilité.
je suis peut-être le même joueur, mais un joueur qui découvre de nouvelles armes.
Vous avez éliminé Novak Djokovic et Casper Ruud plus tôt dans le tournoi. Le niveau de ce soir vous a-t-il semblé du même calibre, voire supérieur ?
Ce sont des matchs différents, des jours différents, et les conditions n’étaient pas les mêmes. Aujourd’hui, avec le toit fermé, le jeu était beaucoup plus lent et les balles devenaient plus lourdes, plus grosses. Le niveau général était assez impressionnant. Le grand changement résidait surtout dans son style de jeu : il s’est installé sur sa ligne de fond et a systématiquement bondi sur la moindre ouverture. Il m’étouffait, vous voyez. Il adore agresser, et il est très bien monté au filet, c’était hyper efficace. Le niveau était indiscutablement très élevé. C’est difficile de dire si c’était exactement le même calibre que mes victoires précédentes, mais je dirais que nous étions dans les mêmes standards. Il a peut-être même encore mieux joué. Aujourd’hui, il a été le meilleur sur le court, tout le mérite lui revient.
Qu’avez-vous appris sur vous-même au cours de cette quinzaine ?
Je suis toujours le même gars, c’est certain, mais je connais un peu mieux mes limites. Avant de venir, je ne savais pas si mon corps pouvait tenir un combat de quatre ou cinq heures. Je n’ai pas encore atteint mes limites physiques, mais je sais désormais que je peux avoir pleinement confiance en mon corps. Je me sens plus à l’aise avec mon tennis, avec mon style de jeu, et mon mental évolue dans le bon sens. Je repense à ces deux matchs où j’étais mené deux sets à zéro : j’ai su ajuster ma tactique, explorer d’autres schémas de jeu et trouver des solutions pour m’en sortir. Au fond, je suis peut-être le même joueur, mais un joueur qui découvre de nouvelles armes.

Que représentait le public pour vous ?
L’énergie que nous transmettons sur le court trouve un écho magnifique en tribunes. Ils créent une ambiance que je trouve absolument géniale. Beaucoup de joueurs me disent d’ailleurs que c’est un plaisir de m’affronter dans une telle atmosphère, tant que cela reste respectueux envers l’adversaire. C’est un public qui m’a porté dans les moments délicats. Quant aux chants qui rappellent l’ambiance des stades de football, je pense que c’est l’empreinte des supporters brésiliens, c’est notre culture, notre amour du foot. Je ressens profondément cette ferveur brésilienne, et elle me transcende.
Avez-vous également ressenti une affection particulière de la part du public français, en raison de votre nationalité brésilienne ?
Je pense que oui. C’est toujours un peu difficile à mesurer — je ne sais pas s’il y avait tant de Français que ça qui me poussaient exclusivement —, mais je trouve l’atmosphère ici à Paris vraiment chaleureuse. Le public dégage de superbes ondes.
Quel capital confiance emportez-vous avec vous à l’approche de la saison sur gazon ?
J’adore jouer sur gazon, c’est une surface que je trouve très amusante. Mais nous allons y aller étape par étape. Je prends toujours beaucoup de plaisir sur herbe, même si, malheureusement, cette tournée est très courte. J’ai hâte de couper un peu maintenant, de rentrer enfin chez moi pour une semaine maximum, de profiter de ma famille, avant de repartir pour une nouvelle tournée.