Kyrgios se confie sur la dépression et sa nouvelle image : Les 6 déclas à retenir

Dans un entretien accordé dimanche au magazine australien Stellar, Nick Kyrgios, qui n’a pas disputé la moindre rencontre depuis février, a avoué qu’il avait été dans un état proche de la dépression. Il a également évoqué l’attente autour de lui, la solitude sur le circuit ou encore sa passion pour le tennis.

Kyrgios Australian Open 2020

Il n’a plus joué sur le circuit depuis le 26 février. Au premier tour de l’ATP 250 d’Acapulco, Nick Kyrgios avait abandonné après la perte du premier set contre Ugo Humbert. Depuis, plus rien. L’Australien de 25 ans s’est plus illustré en dehors du court, où il a épinglé sur Twitter plusieurs joueurs , comme Novak Djokovic, Dominic Thiem, Borna Coric ou encore Karen Khachanov. Il a accordé un entretien paru ce dimanche dans Stellar, le magazine The Sunday Telegraph à Sydney, où il évoque pour la première fois sa solitude sur le circuit, son état quasi-dépressif et sa tristesse ces dernières années.

1. Son changement d’image

“Je ne me suis pas forcément senti plus bienvenu. C’est plutôt que le public australien commençait à comprendre qui j’étais, et pas seulement le monde du tennis.”

Janvier 2020. L’Australie est frappée par de colossaux incendies. En soutien à cette cause, Kyrgios s’engage à donner 200 dollars à chaque ace servi au cours du mois. Son image a alors commencé à changer : fini l’impétueux Australien qui enchaîne les frasques et les amendes. Kyrgios, qui possède une fondation pour les enfants défavorisés, s’est montré sous son vrai visage au public.

2. Son séjour longue-durée en Australie

“J’y ai vécu toute ma vie, à la maison avec mon père et ma mère. C’était génial de les voir. C’est très décontracté. Mes parents sont d’incroyables cuisiniers, alors c’est toujours un festin. Je suis dans la même chambre que lorsque j’étais enfant. Ça n’a pas changé du tout. Je me suis en quelque sorte éloigné de ma famille parce que je voyageais beaucoup – c’était difficile de garder le contact. Depuis mon retour, j’ai presque l’impression d’avoir tout relancé avec ma famille. C’était génial.”

Depuis de nombreux mois désormais, Kyrgios n’a plus quitté l’Australie. Il n’a pas disputé l’US Open, Roland-Garros ni les autres tournois au programme, invoquant l’épidémie de Covid-19. Rentré chez ses parents à Canberra, il se sent épanoui.

 

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3. La solitude sur le circuit

“Je ne pense pas que les gens comprennent à quel point le tennis peut être solitaire. Vous êtes seul sur le terrain. Vous ne pouvez pas vraiment parler à quelqu’un. Tu dois trouver les solutions par toi-même. Je me suis battu avec ça.”

Kyrgios a parfois semblé perdu sur le court, pas bien dans ses baskets, à l’image de Benoît Paire. La solitude du tennisman professionnel est un état exprimé par de nombreux joueurs et joueuses. L’ancien top 200, Noah Rubin, a créé une plateforme, Behind The Racquet, où de nombreux joueurs font part de la solitude sur le circuit.

4. La dépression

“J’avais l’impression que personne ne voulait me connaître en tant que personne, ils voulaient juste s’emparer de moi en tant que joueur de tennis et m’utiliser. J’avais l’impression de ne pouvoir faire confiance à personne. C’était un endroit solitaire et sombre. (…) Beaucoup de gens me mettaient la pression, je me mettais beaucoup de pression. J’ai perdu toute joie de jouer et je devenais incontrôlable. Je suis devenu dépressif à cause de ce que je pensais devoir être. Quand j’étais en difficulté – et il ne s’agissait pas seulement de tennis – il y a eu des moments où j’étais sérieusement déprimé. Je me souviens m’être réveillé à Shanghai une année, il était 16 heures et j’étais encore au lit, les rideaux fermés. Je ne voulais pas voir la lumière du jour.”

Pour la première fois de sa carrière, Kyrgios a confié qu’il avait été “dépressif” il y a quelques années. L’Australien, connu pour casser de nombreuses raquettes, a également avoué être devenu “incontrôlable”. 

5. L’expressions des émotions et des sentiments

“Je me suis beaucoup perdu, je me suis senti seul au milieu d’un océan de personnes. Je n’avais pas l’impression de pouvoir parler de ce que je ressentais à qui que ce soit. Je me battais contre beaucoup de choses et je n’avais pas l’impression d’avoir un chez moi, parce que je voyageais tout le temps. Je ne veux plus jamais perdre ce sentiment [de sécurité] – et je veux le donner aux enfants.”

Kyrgios concède être très émotif, certainement plus que la plupart des autres joueurs sur le circuit. Il a soulevé les foules, notamment en Australie, mais aussi exaspéré le public en fracassant de nombreuses fois sa raquette, ou en insultant joueurs adverses et arbitres, ce qui lui a valu amendes et suspension (avec sursis). Son comportement au Masters de Cincinnati en août 2019 – deux raquettes cassées, chaussures lancées vers le public et échange musclé avec l’arbitre – lui avait valu une amende de 113 000 dollars.

6. Son lien au tennis

“Il y a des joueurs de tennis qui vivent et respirent le tennis, et c’est très bien. Je ne dis pas que c’est bien ou mal. Mais quand les gens disent : ‘Il n’en veut pas assez’ ou ‘Ce n’est pas un champion’… Eh bien, peut-être. Mais j’ai atteint un niveau de liberté dans ma vie où je ne me soucie pas vraiment de ce que les gens pensent de moi. Ça me manque vraiment (d’être sur le circuit). Mais je ne vis pas et ne respire pas pour le tennis. Il y a d’autres choses que j’aime faire. “
Il l’a déclaré plusieurs fois auparavant : Kyrgios n’est pas un fan absolu de tennis comme d’autres joueurs peuvent l’être. Ernests Gulbis et Alexander Bublik, entre autres, avaient tenu des propos similaires.
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