Miami a démontré que la Next-Gen n’a ni patron, ni la certitude que son tour viendra

La Next-Gen a laissé passer l’occasion de s’affirmer au Masters 1000 de Miami, malgré l’absence du Big 3 et de Dominic Thiem en Floride. Un échec qui renforce l’idée qu’aucun membre de cette nouvelle génération appelée à prendre le pouvoir ne se détache du lot et fait craindre qu’elle soit incapable de reprendre le flambeau que Federer, Nadal et Djokovic transmettront bientôt.

6 avril 2021
Andrey Rublev, Miami 2021

Le Miami Open, premier Masters 1000 à se disputer sans un seul membre du Big 3 depuis Paris-Bercy en 2004, constituait une ouverture unique pour la génération appelée à régner sur le tennis mondial. Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic étant tous absents, comme Dominic Thiem, c’était l’opportunité idéale pour que le prochain patron s’affirme et envoie un message à la concurrence.

Serait-ce Daniil Medvedev, nouveau N.2 mondial et double finaliste en Grand Chelem, qui s’élèverait pour s’imposer comme le mâle alpha de cette nouvelle génération ? Ou Andrey Rublev, brillant sur les ATP 500, parviendrait-il à étendre sa domination sur les Masters 1000 ? A moins que ce ne soit Alexander Zverev, triple vainqueur en Masters 1000 et récent vainqueur à Acapulco, ou Stefanos Tsitsipas, cinquième joueur mondial ? A coup sûr, un de ces quatre allait saisir l’occasion et remporter le Miami Open…

“La nouvelle génération a encore à prouver qu’elle peut battre le Big Three”

Sauf que ce sont le Polonais Hubert Hurkacz et l’Italien Jannik Sinner qui étaient opposés en finale. L’émergence d’un membre plus lointain de cette génération (Hurkacz) et du porte-drapeau de la “NextNextGen” (Sinner) rend l’analyse plus complexe.

Jannik Sinner Miami Open 2021

S’il y a une leçon à retenir du Miami Open, c’est probablement Sinner, 19 ans, qui la résume le mieux :

“La nouvelle génération a encore à prouver qu’elle peut battre le Big Three sur la durée, la nouvelle génération que je vois n’est pas prête pour les battre régulièrement”, a soufflé Sinner après sa défaite en finale.

L’aura de la Next-Gen encore abîmée

Stefanos Tsitsipas est l’un des joueurs les plus affamés sur le circuit ATP et il désire ardemment un titre en Masters 1000. Mais le Grec a laissé passer sa chance à Miami. Menant d’un set et d’un break contre Hurkacz en quart de finale, Tsitsipas a cafouillé et a fini par concéder une défaite décourageante.

“J’avais le sentiment que c’était ma chance. J’ai déjà fait de bonnes choses, mais il y avait encore plus de place pour que je puisse réaliser quelque chose de plus grand. C’est une défaite frustrante. Très décevante. Le match m’a échappé. Je l’avais en main, c’était là. Tout était sous contrôle. Et d’un coup, je ne sais pas, une auto-destruction.”

Stefanos Tsitsipas, Miami, 2021
AI / REUTERS / PANORAMIC

Hurkacz et Sinner, eux, ont marqué les esprits

Tsitsipas, comme Medvedev, Rublev et Zverev, a raté l’occasion de changer de statut aux yeux de ses pairs. Le Polonais, bloqué jusqu’ici à l’entrée à du Top 30, a surpris Tsitsipas et dominé Andrey Rublev pour se qualifier pour sa première finale de Masters 1000 en jouant largement Top 10. Quant à Sinner, son chemin semble tracé et de nouveaux records de précocité le confirment.

Au lieu d’apporter la preuve de la supériorité du quatuor, Miami a présenté de nouveaux visages, ceux qui atteindront leur maturité quand Federer, Nadal et même Djokovic seront à la retraite. Sebastian Korda (20 ans) s’est révélé en décrochant deux victoires contre des Top 20 pour sa deuxième participation au tableau principal d’un Masters 1000.

Emil Ruusuvuori (22 ans) a signalé sa montée en puissance en battant Alexander Zverev avec la manière, dès le deuxième tour. Plus tard dans la semaine, Daniil Medvedev, vainqueur de trois Masters 1000 tout comme Zverev, s’est vaillamment battu pour résister aux crampes et à Alexei Popyrin. Il a atteint les quarts de finale pour y recevoir la leçon de Roberto Bautista Agut.

S’il y a un joueur de la Next-Gen appelé à dominer dans le futur, il doit encore se révéler. Et il est bien plus probable qu’il n’y en ait pas. Dès lors, il faut se préparer à une folle décennie pour le tennis masculin.

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

“L’avenir du tennis est radieux avec les générations qui arrivent, a expliqué Rublev après sa demi-finale perdue contre Hurkacz. Les joueurs de la Next-Gen sont différents. Je ne sais pas, je trouve qu’ils ont plus de charisme. Mais tous jouent hyper bien.”

Dans la voix du Russe, une question vertigineuse était posée, deux mois après la magistrale finale de Djokovic contre Medvedev à Melbourne : et si, après la génération Nishikori, Dimitrov, Raonic, le groupe qu’il forme avec les Zverev, Medvedev et Tsitsipas était à son tour en difficulté ?

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