Stéfanos Tsitsipás, en quête de son premier Masters 1000

En l’absence de plusieurs cadors, Stéfanos Tsitsipás, avec Daniil Medvedev et Alexander Zverev fait office de favori à Miami. Mais le Grec, lui, est toujours en quête de son premier titre en Masters 1000.

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Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Alors que Miami débute, les habituels petits rats de l’opéra du tennis travaillent leurs plus beaux entrechats. Prédateurs aux panses insatiables, Rafael Nadal, Novak Djokovic, Dominic Thiem et Roger Federer – toutefois en phase de retour – sont absents aux États-Unis. Dépourvu de 10 des 30 meilleurs joueurs du monde, le tournoi floridien a presque l’allure d’un ATP 500 grossièrement maquillé en Masters 1000. Perdu au milieu du tableau, un seul vainqueur en Grand Chelem : Marin Čilić, 45e mondial. Autour du Croate, on trouve six gagnants de Masters 1000. Daniil Medvedev, Alexander Zverev, Grigor Dimitrov, Fabio Fognini, Karen Khachanov et John Isner.

Tête de série numéro 2, Stéfanos Tsitsipás, lui, attend toujours son heure dans cette catégorie d’épreuve. Et il semble n’avoir jamais eu une aussi belle chance de l’entendre sonner. Membre d’un trio de favori aux côtés de Medvedev et Zverev, le Grec compte deux finales en M1000, perdues contre Rafael Nadal à Toronto en 2018 et Novak Djokovic sur l’ocre de Madrid en 2019. Deux cadors restés en Europe. « Je ne vais pas mentir, c’est une opportunité », a reconnu le natif d’Athènes en conférence de presse. « J’espère pouvoir en tirer profit. Mais beaucoup d’autres gars sont capables de jouer un très bon tennis. Ce sont des menaces sérieuses. »

Pour marcher sur ces pièges sans se faire claquer le dos, il a une stratégie. Rester assez léger en mettant la pression sur les autres. « Je ne me vois pas comme le favori, a-t-il estimé. J‘aime bien débuter un tournoi avec des attentes assez basses et tracer mon chemin. Une fois, j’ai mis la barre trop haut et j’ai fini avec un résultat bien en-deçà de mes attentes. J’ai un tableau assez difficile, je trouve. Je vais vraiment devoir me bagarrer et être au top.« 

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Je sens que je suis très proche d’un titre en Masters 1000.

Exempt de premier tour, il peut avoir une entrée difficile face à Kevin Anderson si celui-ci se défait de Thiago Monteiro. Ensuite, – Medvedev et Zverev étant dans l’autre partie de tableau – il pourrait potentiellement affronter Kei Nishikori, Alex De Minaur, Denis Shapovalov, puis Andrey Rublev en demi-finale. Mais le tableau dessiné au fil des tours suit rarement les traits des théories esquissées par le tirage au sort. Et avant de cadrer ses pensées sur ses futurs adversaires, Tsitsipás doit se concentrer sur son jeu. Malgré une belle semaine à Acapulco, il reste sur un sentiment d’inachevé.

« Tout au long du tournoi, il n’y a pas eu une once de négatif, jusqu’à ce que la finale (perdue 6-4, 7-6 contre Zverev) arrive, a-t-il confié. Soudainement, je ne me suis plus senti aussi à l’aise. Je n’étais pas à mon meilleur. Le niveau de jeu était bon, mais sans plus. Ce n’était pas une finale incroyable. J’ai eu tellement d’opportunités. Même aujourd’hui, j’y pense encore. Je me dis que le résultat aurait pu être totalement différent. Mais c’est comme ça, je ne peux pas changer le passé.« 

Professeure sévère mais juste, la compétition se sert des courts pour balancer ses leçons. Élève assidu, Tsitsipás n’oublie jamais ses cahiers. « Je peux m’appuyer sur cette expérience (de la finale d’Acapulco, ndlr) pour en tirer des enseignements et devenir plus fort », a-t-il détaillé. « Je ne veux plus jamais répéter les mêmes erreurs au cours d’une finale. »

Bosseur, il sait que le très haut niveau n’autorise pas le laxisme. « Je travaille constamment pour devenir meilleur, a-t-il ajouté. C’est ce qui pourra m’aider dans ma quête de Masters 1000. Je sens que j’en suis très proche. Le désir est là. Je veux vraiment y arriver. » Avant l’ouverture du bal, même s’il tend à vouloir laisser la pression aux autres Stéfanos Tsitsipás, n’avance pas masqué. Il veut faire valser la concurrence à Miami.

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