Pospisil pète les plombs sur le président de l’ATP en plein match

Le tournoi de Miami tient déjà son image de la semaine : Vasek Pospisil a balancé une fin de set et invité l’arbitre à le disqualifier en insultant le président de l’ATP. Le Canadien personinfie la méfiance des joueurs envers la gouvernance de l’ATP.

Vasek Pospisil, 2021

Il y a eu les protestations de Zverev contre la baisse du prize money, celles d’Isner, un rapport de l’ATP justifiant cette chute de 60%… Mais la température continue de monter, à Miami, du côté des joueurs. Le public a pu s’en apercevoir mercredi au cours du premier tour entre Vasek Pospisil – McKenzie MacDonald.

Vasek Pospisil n’était pas ce soir-là le 67e joueur mondial en recherche de sa deuxième victoire en simple de l’année. Il était le président de la PTPA, ce syndicat de joueurs monté par lui et Novak Djokovic en marge de l’ATP. Et à ce titre, il était à fleur de peau et a « offert » un pétage de plombs qui a sorti le premier jour du Miami Open 2021 de la torpeur propre aux premiers tours.

La veille, a-t-il éructé sur le court, Pospisil avait été insulté par le directeur de l’ATP (Andrea Gaudenzi, pas nommément cité mais explicitement dans son viseur) tandis que celui-ci cherchait à avorter ce qui ressemble à une tentative d’unifier les joueurs pour protester sur le fonctionnement du circuit de tennis masculin.

« Le président de l’ATP m’a hurlé dessus pendant 90 minutes hier pendant une réunion des joueurs. Pendant 90 minutes, le patron de l’ATP ! Quel putain de trouduc’ ! (« fucking asshole », également assimilable à « putain de connard ») »

Pospisil : « Si tu as envie de me disqualifier, vas-y »

Invité par l’arbitre Arnaud Gabas à mettre en sourdine, sur le court, tout jugement de cette nature, Pospisil lui a répondu aussi sec :

« Si tu as envie de me disqualifier, vas-y, j’attaquerai l’organisation (du tournoi) avec plaisir. »

A ce moment du match, Pospisil avait déjà reçu un avertissement et un point de pénalité pour avoir ostensiblement balancé la fin de la première manche, de 3-3 à 3-6 contre lui, avec au passage un énorme fracassage de raquette avant de servir (à la cuillère…) à 3-5.

A-t-il délibérément « oublié de jouer » pour s’offrir une tribune que l’ATP lui refuse ? Il est difficile d’aller aussi loin car Pospisil a fini par revenir dans le match, pour néanmoins le perdre (6-3, 4-6, 6-3), puis par s’excuser les réseaux sociaux.

Mais à l’évidence, le joueur canadien en avait gros sur la patate et son malaise remonte à la veille. Ce soir-là, comme ses propos le révèlent, il avait mené une « réunion pour tenter d’unir les joueurs », dans laquelle l’ATP se serait invitée à sa manière.

« Système à bout » (Isner)

Le site opencourt.ca a été le premier à révéler ce que nous pouvons vous confirmer : Andrea Gaudenzi et les personnes qui l’accompagnaient ont qualifié Pospisil « d’ignorant » et de personne « mal éduquée » devant tous ses pairs.

« Amène-moi le ici », a justement crié Pospisil à Gabas avant de se demander « pourquoi il a(vait) à supporter ça ».

Vasek Pospisil fait partie des joueurs qui, depuis longtemps, demandent un audit transparent des comptes de l’ATP afin d’identifier la façon dont l’argent circule, trop peu jusqu’aux joueurs selon lui. Sa colère fait écho au thread de John Isner qui, le 24 février, avait écrit que l’ATP était un « système à bout ». L’Américain a confirmé mercredi en conférence de presse que plusieurs joueurs étaient gênés par « le manque de transparence (de l’ATP) et la façon dont les décisions sont prises » sur le circuit masculin.

Reste à savoir ce que l’inspirateur de la PTPA pense des accusations d’inculture formulées à l’égard des joueurs tentés par une protestation du pouvoir de l’ATP. Il s’agit d’un certain Novak Djokovic, absent à Miami.

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