Sinner et Musetti : les talents opposés du tennis italien

Qualifiés pour les huitièmes de finale de Roland-Garros, Jannik Sinner et Lorenzo Musetti incarnent l’avenir du tennis italiens. Avec des styles bien différents.

Si les opposés s’attirent, Lorenzo Musetti et Jannik Sinner vont finir par se télescoper. Pour ses débuts dans tableau principal en Grand Chelem, à 19 ans, le premier cité s’est qualifié samedi pour les huitièmes de finale de Roland-Garros en s’imposant en cinq manches – une expérience inédite pour lui – face au compatriote Marco Cecchinato ce samedi. Le second, 20 ans en août prochain, quart de finaliste à Paris l’an passé, s’est défait plus tranquillement du Suédois Mikael Ymer. En trois sets. Des succès acquis grâce à des styles de jeu très différents, comme ils ont été invités à le confirmer en conférence de presse.

“Lorenzo est un joueur incroyable”, a déclaré Sinner. “Il peut faire tout ce qu’il veut avec la balle. Il a tellement d’options… Plus que moi ! Il est très, très talentueux, et il est en train de montrer qu’il peut jouer un très, très bon tennis.” Un très bon tennis fait de variation des effets, d’amorties, de jeu au filet et de fulgurances aussi bien à l’aide de son coup droit que de son revers à une main.

Plus dans la puissance et la cadence, Sinner, le plus âgé des deux de sept mois, est tout aussi impressionnant dans son genre. Au point d’être déjà capable de bousculer le plus grand joueur de terre battue de tous les temps. “L’année dernière (en quart de finale de Roland-Garros), il a servi pour le premier set contre Rafa”, a rappelé le surnommé “Muse”. “Je crois qu’il a été le seul à le secouer un peu pendant le tournoi.”

Lundi, le natif de San Candido a de nouveau rendez-vous avec “l’ogre de l’ocre”. Musetti, lui, doit se coltiner le numéro 1 mondial. Novak Djokovic.

“Chacun de nous affronte un très, très grand adversaire”, a analysé Sinner. “C’est très, très difficile de jouer contre eux. Mais d’une certaine façon, je pense que c’est bien de les affronter. C’est un bon test.” À passer avec des attentes, avouées, bien différentes. “C’est la troisième fois que j’affronte Rafa (après deux défaites)”, a poursuivi l’Italien aux cheveux roux. “J’espère que ce sera un peu différent cette fois.”

Pour Musetti, l’objectif annoncé n’est pas teinté des mêmes ambitions.

“Jannik est en avance sur moi, il fait déjà partie des meilleurs à la Race”, a détaillé Musetti. “Je vis un peu ce qu’il a connu l’année dernière. On grandit ensemble. Mais je dois me concentrer sur moi, ma progression. Je suis très heureux et fier de voir Jannik réussir, il le mérite. (…) “Contre Novak, je vais essayer de profiter et faire de mon mieux.”

S’appréciant mutuellement, Sinner et Musetti ont des tempéraments opposés. Le premier s’évertue à rester impassible sur le court, le second est nettement plus enclin à laisser parler ses émotions.

“Nous sommes de natures différentes, sur et en dehors du court”, a reconnu Sinner. “Je dis ça d’une façon positive. Ce qu’il montre sur le terrain, il n’y a rien de mal à ça. Beaucoup de gens se demandent qui est le plus fort entre lui et moi, je pense que c’est génial, surtout pour les fans italiens. Je suis suis très heureux de le voir bien jouer et je lui souhaite le meilleur.”

Malgré toutes leurs différences, Jannik Sinner, 19e mondial, et Lorenzo Musetti, 76e du classement ATP, ont quelques points communs. Ils comptent parmi les plus jeunes joueurs du top 100. Seul Carlos Alcaraz, 18 printemps, est membre de cette élite avec plus de précocité. Et tous deux nourrissent des ambitions à la hauteur de leurs potentiels respectifs. “Jannik et moi, je pense que nous sommes le futur du tennis italien, mais aussi du tennis en général.”

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