25 novembre 1999 : le jour où Agassi s’est assuré de terminer l’année numéro un mondial

Le 25 novembre 1999, Andre Agassi bat Gustavo Kuerten lors du dernier match de poule du Masters (6-4, 7-5) et s’assure de finir la saison numéro un mondial.

Andre Agassi, On this day 25.11.2020

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Agassi au sommet

Ce jour-là, le 25 novembre 1999, Andre Agassi bat Gustavo Kuerten lors du dernier match de poule du Masters (6-4, 7-5). Cette victoire le propulse en demi-finales, mais elle lui offre aussi le trophée de l’ATP du champion du monde 1999, lui qui occupe la première place mondiale depuis son triomphe à l’US Open, en septembre. Difficile à croire lorsque l’on se souvient que deux ans plus tôt, Agassi avait plongé à la 141e place avant de remonter vers les sommets.

Les acteurs :

Andre Agassi, le revenant

Andre Agassi, le Kid de Las Vegas, est une légende du tennis. Passé pro en 1986, il devient rapidement l’une des plus grandes stars du tennis, grâce à son talent mais aussi à ses tenues vestimentaires originales, dont l’emblématique short en jean et le cycliste rose. Initié au tennis par son père puis élevé à l’académie de Nick Bollettieri, il dispose d’un excellent retour de service (le meilleur de son temps), et son jeu consiste à frapper la balle montante avec une force incroyable, ce qui est révolutionnaire à l’époque et inspirera des générations entières de tennismen. Après trois défaites en finale de Grand Chelem, une à l’US Open en 1990, deux à Roland-Garros (1990 et 1991), il remporte son premier tournoi du Grand Chelem à Wimbledon en 1992, en battant en finale le grand serveur Goran Ivanisevic (6-7 6-4 6-4 1-6 6-4). Il ajoute ensuite l’US Open 1994 à son palmarès, puis l’Open d’Australie 1995, où il bat son rival Pete Sampras en finale de Grand Chelem pour la seule et unique fois (4-6 6-1 7-6 6-4). Il devient numéro 1 mondial peu après, le 10 avril 1995, pour une première période de 30 semaines.  En 1996 et 1997, malgré une médaille d’or obtenue aux Jeux Olympiques d’Atlanta, Andre Agassi traverse une mauvaise passe et descend jusqu’à la 141e place mondiale. Faisant preuve d’une grande humilité, il retourne sur le circuit Challenger à la fin 1997 pour reprendre confiance. En 1998, il revient doucement au sommet, terminant l’année au 6e rang mondial malgré des résultats décevants en Grand Chelem. En juin 1999, il s’impose enfin à Roland-Garros, en battant Andrei Medvedev en cinq sets (1-6, 2-6, 6-4, 6-3, 6-4), et réalise ainsi le Grand Chelem en carrière. Depuis, il a atteint la finale de Wimbledon (battu par Pete Sampras, 6-3, 6-4, 7-5) et ajouté un nouvel US Open à son palmarès, en dominant Todd Martin en finale (6-4, 6-7, 6-7, 6-3, 6-2). Grâce à ce nouveau titre du Grand Chelem, il récupère la première place mondiale au mois de Septembre.

Andre Agassi, 1999

Gustavo Kuerten, son premier Masters

Gustavo Kuerten, né en 1976, se fait connaître aussi en 1997, lorsqu’il décroche le titre à Roland-Garros dans la peau d’un 66e mondial inconnu du public, qui élimine en route les trois derniers vainqueurs du tournoi (Thomas Muster, Yevgeny Kafelnikov et Sergi Bruguera en finale, 6-3 6-4 6-2). C’est non seulement le premier titre de sa carrière, mais c’est même la première fois qu’il atteint une finale sur le circuit. Son tennis repose sur un excellent premier service et un revers à une main impressionnant, ainsi que sur des campagnes d’amorties : bref, c’est un joueur naturel de terre battue. Alors qu’il termine 1997 à la 14e place mondiale, il a du mal à confirmer son nouveau statut en 1998 et ses résultats sur dur sont décevants. Malgré un regain de confiance pendant la saison sur terre, il est éliminé en cinq sets au deuxième tour de Roland-Garros par le jeune Marat Safin, qui atteindra les quarts de finale (3-6  7-6 3-6 6-1 6-4). Au début 1999, il est 23e mondial et, même si certains pensent que la magie de Roland-Garros 1997 n’était qu’un feu de paille, il croit toujours en ses capacités. Il atteint les demi-finales à Indian Wells (battu par Moya, qui devient par la même occasion n°1 mondial), avant de faire une démonstration en Coupe Davis, où il domine, sur terre battue, les Espagnols Carlos Moya et Alex Corretja. Dans la foulée, il remporte son premier Masters 1000 à Monte-Carlo :  Gustavo Kuerten devient alors l’un des favoris de Roland-Garros, mais à Paris, il est éliminé au stade des quarts de finale par Andreï Medvedev (7-5, 6-4, 6-4). Au cours de la deuxième partie de la saison, il confirme ses progrès sur surface en atteignant les quarts de finale à Wimbledon (battu par Andre Agassi, 6-3, 6-4, 6-4) et à l’US Open (battu par Cédric Pioline, 4-6, 7-6, 7-6, 7-6). Malgré une saison en salle décevante, il pointe à la 3e place mondiale et se qualifie donc pour son premier Masters.

Gustavo Kuerten, 2000

Le lieu : Hanovre

Créé en 1970, le Masters est le rendez-vous de fin d’année des huit meilleurs joueurs du monde. Au départ, il change de lieu chaque année, avant de s’installer au Madison Square Garden de New York, de 1977 à 1989. Depuis, le tournoi a voyagé, passant par Francfort (1990-1995) avant de poser ses valises à Hanovre en 1996. Étant donné que chaque année, seuls les huit meilleurs joueurs se qualifient pour le Masters, les plus grands joueurs de tennis figurent au palmarès de l’épreuve, mais en 1999, le tenant du titre, Alex Corretja, n’a pas réussi à se qualifier.

L’histoire : Agassi termine en patron

A l’entame de ce dernier match de poule du Masters 1999, malgré leurs classements si proches, Andre Agassi (n°1 mondial) est largement favori face à Gustavo Kuerten (3e mondial). Depuis son triomphe inattendu à Roland-Garros, le Kid de Las Vegas a atteint la finale à Wimbledon, avant de remporter l’US Open puis Paris-Bercy. Kuerten, lui , malgré ses bons résultats tout au long de l’année, n’a gagné que trois matches en cinq tournois depuis son quart de finale à Flushing Meadows. De plus, Agassi a remporté leurs trois dernières rencontres sans perdre un set.

Jusqu’à présent, à Hanovre, le n°1 mondial a gagné ses deux premiers matches sans encombre, balayant Nicolas Lapentti (6-1, 6-2) avant de signer une impressionnante victoire (6-2, 6-2) sur son rival Pete Sampras. Kuerten a également battu Lapentti (6-1, 6-2), mais il s’est lourdement incliné contre Sampras (6-3, 6-2). Néanmoins, le Brésilien entre sur le court avec de l’ambition, décochant 13 aces et infligeant à Agassi son premier break du tournoi. Cela ne suffira pas : ce jour-là, le n°1 mondial est trop fort. Agassi s’impose, 6-4, 7-5.

Après la poignée de mains, une cérémonie est organisée pour célébrer le titre de champion du monde glané par Agassi : il est assuré de finir la saison à la première place mondiale. Le trophée de verre dans les mains, le meilleur joueur de l’année 1999, qui avait été proche de la retraite en 1997, commente : « Cela représente beaucoup pour moi, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. C’est un grand aboutissement pour moi. »

La postérité du moment

Comme souvent, la satisfaction d’Agassi sera gâchée par son rival Sampras, qui retrouvera son meilleur niveau pour le battre en finale (6-1, 7-5, 6-4).

Par la suite, Andre Agassi ajoutera trois Open d’Australie à son palmarès (2000, 2001, 2003), portant ainsi à huit son total de titres du Grand Chelem, et apparaîtra pour la dernière fois au sommet du classement ATP le 7 septembre 2003. En 2005, à 35 ans, il disputera sa dernière finale en Grand Chelem à New-York, où il sera à nouveau vaincu par Federer (6-3, 2-6, 7-6, 6-1). Ce n’est qu’en 2006 qu’il quittera le top 10 pour de bon. Cette année-là, il ne jouera que huit tournois et mettra un terme à sa carrière à Flushing Meadows. Après avoir livré un dernier combat épique pour dominer le 8e mondial Marcos Baghdatis (6-4, 6-4, 3-6, 5-7, 7-5), il sera éliminé par Benjamin Becker au troisième tour, 7-5, 6-7, 6-4, 7-5.

Gustavo Kuerten restera longtemps le meilleur joueur du monde sur terre battue, en conquérant deux nouveaux titres à Paris, en 2000 (en battant Magnus Norman, 6-2 6-3 2-6 7-6), et en 2001 (où il domine Alex Corretja, 6-7 7-5 6-2 6-0), l’année où il dessinera son fameux cœur sur le court Philippe Chatrier. En 2000, il terminera l’année premier mondial, grâce un fantastique triomphe au Masters où il vaincra à la fois Andre Agassi et Pete Sampras en salle, sur surface rapide. Sérieusement touché à la hanche, il ne pourra venir défendre son titre Porte d’Auteuil en 2002, et la suite de sa carrière ne sera qu’un long combat contre cette blessure dont il ne se remettra jamais. Après deux ans d’inactivité, il finira par annoncer sa retraite en 2008, après une dernière apparition pour faire ses adieux à Roland-Garros.

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