Les joueurs et la politique du tennis : La gronde devrait continuer en 2021

Malgré les bouleversements provoqués par le coronavirus en 2020, la gronde de certains joueurs devrait continuer à se faire entendre en 2021.

La photo officielle du lancement de la PTPA

Pour marquer le passage à la nouvelle année, Tennis Majors propose une série de six articles à propos des sujets majeurs ayant fait réagir le monde du tennis ces derniers mois.

Lundi 4 janvier – Les joueurs cherchent des moyens pour mieux faire entendre leur voix et 2021 devrait accentuer ce mouvement de réappropriation du tennis.

A l’aube de la saison 2021, l’incertitude plane. Si l’arrivée des vaccins permet d’apercevoir la lumière au bout du tunnel, le coronavirus demeure une menace sérieuse.

Après le tumulte de 2020, les joueurs apprécieraient sans doute de pouvoir se concentrer uniquement sur le jeu en 2021. Pour la plupart d’entre eux, ce devrait être le cas. Néanmoins, l’évolution des relations entre l’Association des joueurs de tennis professionnels (PTPA), l’ATP et la WTA s’imposera probablement comme un sujet de discussion récurrent au cours de l’année.

Les joueurs veulent plus de représentation

Menée par Novak Djokovic et Vasek Pospisil, la PTPA a été officiellement lancée la veille de l’US Open. Son but : mieux représenter les besoins des joueurs, ce que la structure actuelle de l’ATP, composée à 50 % de ces derniers et à 50 % des tournois, ne permet pas. Cette organisation est, depuis plusieurs années, source de désaccord pour Djokovic et bon nombre de ses collègues. Pour eux, la PTPA est le moyen idéal d’obtenir enfin ce qu’ils veulent.

Novak Djokovic Nitto ATP Finals 2019 Press Conference

Lors d’un entretien avec Tennis Majors peu après la création de la PTPA, Pospisil a expliqué vouloir une représentation accrue des joueurs à la table des négociations avec le circuit. Certes, grâce à l’actuel Conseil des joueurs de l’ATP, la voix de ces acteurs est écoutée. Mais il est difficile de faire bouger les choses. Le board de l’ATP étant constitué de trois représentants des tournois d’un côté et trois représentants des joueurs de l’autre, avec un président tranchant rarement, pour ne pas dire jamais, en cas d’égalité : aucune décision majeure ne peut être arrêtée.

Pospisil et Djokovic affirment également vouloir réduire les conflits d’intérêts, qui sont légion dans le tennis.

Vasek Pospisil

Evidemment, tous les joueurs n’ont pas adhéré à la PTPA. L’ATP, elle, estime qu’il n’y a pas de place pour une autre organisation au sein des jeux politiques du tennis. Une position mise en lumière par Djokovic et Pospisil. Forcé par une clause, ajoutée au règlement ATP fin 2020, stipulant qu’un membre du Conseil des joueurs, dont ils étaient élus, ne pouvaient faire partie d’aucune autre organisation, le duo serbo-canadien a dû en donner sa démission.

Les tournois du Grand Chelem en ligne de mire

Reste à savoir comment tout cela va évoluer. En septembre, Pospisil expliquait que les femmes seraient bientôt impliquées dans la PTPA. Sloane Stephens, entre autres, a donné son soutien à l’initiative. Mais, jusqu’à présent, rien n’indique un mouvement massif des joueuses vers la nouvelle organisation. Au cours d’une interview pour Tennis Majors, Steve Simon, patron de la WTA, a indiqué qu’il n’avait empêché, et n’empêchera, aucune joueuse de discuter avec la PTPA si elle le désirait, en ajoutant qu’il gérerait la situation avec plus d’attention, si besoin, en temps voulu. Andrea Gaudenzi, boss de l’ATP, nourrit plusieurs grands projets pour le circuit. Travailler avec la PTPA ne semble pas en faire partie.

Fait notable, quatre fois dans l’année, à l’occasion des tournois du Grand Chelem, les joueurs se retrouvent réunis pour une longue durée. L’Open d’Australie devrait être le théâtre de logomachies, notamment pendant les 14 jours de quarantaine offrant plus de temps aux joueurs pour discuter, ne serait-ce que par Zoom. Même si ces derniers accepteront une diminution du prize money en raison de la conjoncture imposée par la COVID-19, attendez-vous à entendre leurs voix s’élever aux moments des Majeurs. Et leur levier principal étant la menace de grève, nous pourrions assister à quelques actions contestataires marquantes à Melbourne en 2021.

Traduction de l’anglais au français par Mathieu Canac

Your comments

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *