8 avril 2005 : Le jour où Nadal a perdu son dernier match sur terre avant de lancer sa folle série d’invincibilité

Rafael Nadal s’incline le 8 avril 2005 en quarts de finale du tournoi de Valence contre Igor Andreev. Une défaite a priori anodine dans la carrière du Majorquin, sauf qu’elle sera la dernière sur terre battue avant deux ans d’invincibilité sur la surface.

Rafael Nadal 2005 Valencia

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : La défaite qui a lancé Nadal vers un record historique

Le 8 avril 2005, en quart de finale du tournoi de Valence, Rafael Nadal, 18 ans et tête de série N.3, est battu par Igor Andreev, 47e mondial (7-5, 6-2). Cette défaite deviendra mémorable, car ce sera la dernière de l’Espagnol sur terre battue avant sa série record de 81 victoires consécutives sur cette surface, série qui débutera la semaine suivante, à Monte-Carlo, pour ne s’achever que deux ans plus tard, en mai 2007.

Les acteurs : Andreev, terrien comme Nadal

Le Russe Igor Andreev est né en 1983 à Moscou, mais il s’installe en Espagne à l’âge de 15 ans afin de se donner les meilleures chances de réussir sa carrière de tennisman. Il passe professionnel en 2002 et fait son entrée dans le Top 100 en octobre 2003. S’appuyant principalement sur un coup droit très puissant, sa surface de prédilection est la terre battue, comme en témoignent ses premiers résultats notables, obtenus en 2004. Huitième-de-finaliste à Roland-Garros (battu par le futur vainqueur, Gaston Gaudio, 6-4, 7-5, 6-3), il dispute deux finales sur ocre, la première à Gstaad (battu par le numéro un mondial Roger Federer, 6-2, 6-3, 5-7, 6-3), et la seconde à Bucarest (défait par Jose Acasuso, 6-3, 6-0). En avril 2005, il est 47e mondial.

Igor Andreev, Roland-Garros, 2004

Lorsque débute le tournoi de Valence, le jeune Rafael Nadal n’a que 18 ans, mais il s’est déjà imposé sur le circuit comme une menace à l’ordre établi. En 2002, Nadal, âgé de 15 ans, 10 mois et 26 jours, fait sa première apparition sur le circuit principal, étant invité dans le tableau principal par le directeur de l’Open de Majorque. Devant son public, le 762e joueur mondial dispute et se permet même de gagner son premier match ATP, en battant le 81e joueur mondial, Ramon Delgado, en deux sets (6-4 6-4). Un an plus tard, en 2003, à 16 ans, au Masters 1000 de Monte-Carlo, il bat le tenant du titre de Roland-Garros, Albert Costa (7-5, 6-3), avant d’atteindre le troisième tour de Wimbledon (éliminé par Paradorn Srichaphan, 6-4, 6-4, 6-2). En 2004, il élimine le nouveau N.1 mondial, Roger Federer, au Masters 1000 de Miami (6-4, 6-4) et participe à la victoire espagnole en Coupe Davis en battant le N.2 mondial, Andy Roddick, lors de la finale contre les États-Unis (6-2, 6-7, 7-6, 6-2).

En août, il remporte au passage son premier tournoi ATP, à Sopot, en battant Jose Acasuso en finale (6-3, 6-4). Il commence l’année 2005 en atteignant les huitièmes de finale de l’Open d’Australie (battu par Lleyton Hewitt, 7-5, 3-6, 1-6, 7-6, 6-2), avant de décrocher deux titres consécutifs sur terre battue en Amérique du Sud (à Costa do Sauipe et Acapulco). Ensuite, au Masters 1000 de Miami, il se hisse en finale où, à l’étonnement général, il se détache deux manches à rien face à Roger Federer, avant de voir le N.1 mondial remonter et lui damer le pion (2-6, 6-7, 7-6, 6-3, 6-1). Il est à présent 17e mondial.

Le lieu : Valence pour remplacer Majorque

L’Open de Valence a été créé en 2003, pour remplacer le défunt tournoi de Majorque. Organisé début avril, il marque le coup d’envoi de la saison sur terre battue. Les deux premiers joueurs à y triompher étaient espagnols : Juan Carlos Ferrero a remporté la première édition, et Fernando Verdasco la deuxième.

L’histoire : Le piège Andreev s’est refermé sur un Nadal exténué

Le jeune Rafael Nadal est la principale attraction de l’Open de Valence 2005. Le gaucher de 18 ans s’est déjà fait connaître par quelques victoires marquantes ces dernières années, mais il est en train de changer de dimension. Il n’est plus un nouveau venu sur le circuit. Il a déjà remporté deux titres ATP en 2005 et la semaine précédente, au Masters 1000 de Miami, il est passé tout près de battre le N.1 mondial, Roger Federer, en finale.

Nadal est désormais 17e mondial, et ceux qui l’ont vu martyriser le Suisse avec son lift incroyable sont impatients de le voir à l’œuvre sur terre battue. Lors de ses premiers tours, le jeune phénomène tient ses promesses, balayant l’ancien vainqueur de Roland-Garros Juan Carlos Ferrero (6-2, 6-1) et Guillermo Garcia-Lopez (6-1, 6-4).

En quart de finale, il affronte Igor Andreev. Bien que Russe, il joue presque à domicile, puisqu’il a emménagé à Valence en 1998, à l’âge de 15 ans. Andreev, 47e mondial, est aussi spécialiste de la terre battue, et il aime tourner autour de son revers aussi souvent que possible pour utiliser son formidable coup droit lifté. Au premier set, la bataille du fond de court fait rage, mais c’est finalement le Russe qui prend le dessus, 7-5. Dans le deuxième set, Nadal, qui a enchaîné après sa finale de Miami sans autre récupération qu’un vol immédiat pour Valence, s’effondre et s’incline 6-2, après avoir perdu son service à quatre reprises.

Personne ne le sait encore, mais aucun joueur ne sera en mesure de battre Nadal sur terre battue lors de ses 81 prochains matchs sur la surface.

La postérité du moment

Igor Andreev remportera dans la foulée le premier titre de sa carrière, en battant David Ferrer en finale (6-3, 5-7, 6-3). Dans les mois suivants, il ajoutera deux autres titres à son palmarès, à Palerme et à Moscou. Andreev se hissera jusqu’au 18ème rang mondial en 2008 et obtiendra son meilleur résultat en Grand Chelem à Roland-Garros en 2007, où il atteindra les quarts de finale (battu par Novak Djokovic, 6-3, 6-3, 6-3).

Pour Rafael Nadal, cette défaite sera la dernière avant le début d’une série record de 81 victoires sur terre battue. Celle-ci débutera à l’Open de Monte-Carlo, où il battra Gaël Monfils au premier tour (6-3, 6-2), avant de remporter son premier titre en Masters 1000, en battant le tenant du titre Guillermo Coria en finale (6-3, 6-1, 0-6, 7-5). La semaine suivante, il restera invaincu à Barcelone, venant à bout de Juan Carlos Ferrero en finale (6-1, 7-6, 6-3), et intègrera le Top 10 pour la première fois. A Rome, débordant de confiance, il continuera sa série victorieuse, dominant en finale Guillermo Coria à l’issue de la plus longue finale jamais disputée sur le circuit ATP (6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6). Ces résultats incroyables feront de lui le favori à l’occasion de sa première participation à Roland-Garros. Cette nouvelle pression ne perturbera pas Nadal, qui remportera le tournoi dès son coup d’essai, écartant au passage Roger Federer en demi-finale (6-3, 4-6, 6-4, 6-3) puis Mariano Puerta en finale (6-7, 6-3, 6-1, 7-5). Il ne sera battu sur sa surface de prédilection que le 20 mai 2007, lorsque Federer parviendra enfin à la battre sur terre, à Hambourg (2-6, 6-2, 6-0).

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