« T’as pété les plombs » : L’échange tendu entre Medvedev et son coach en plein match

Daniil Medvedev s’en est pris verbalement à son coach Gilles Cervara, après son troisième set perdu face à Filip Krajinovic samedi. Cet épisode, qui met en lumière leur relation si particulière, a entraîné le départ de l’entraîneur des tribunes et le réveil du Russe pour s’imposer en cinq manches au 3e tour de l’Open d’Australie.

Daniil Medvedev, Australian Open, 2021

Daniil Medvedev et Gilles Cervara entretiennent une relation joueur-coach bien à eux. Ils en ont encore fait la démonstration ce samedi, pendant le 3e tour de l’Open d’Australie remporté par le N.4 mondial aux dépens de Filip Krajinovic (6-3, 6-3, 4-6, 3-6, 6-0).

A la fin de la troisième manche, la première perdue par Medvedev dans ce tournoi, les deux hommes se sont invectivés verbalement. Voici les mots de la tête de série N.4, clairement intelligibles à la télévision, en partie grâce au huis-clos décrété pour au moins cinq jours à Melbourne Park suite au reconfinement de l’Etat de Victoria.

« Tu veux la raquette peut-être, et tu vas gagner le match ? J’entends pas. Tu penses que j’entends quelque chose ? J’entends pas ! T’as pété les plombs ! T’as pété les plombs, c’est dingue ! Tu peux me laisser jouer ? »


Sur une série de 17 victoires consécutives désormais, Medvedev a toutefois connu dans ce match un trou d’air inhabituel pour lui, si constant ces dernières semaines. Il s’est ressaisi avant qu’il ne soit trop tard, déroulant dans la cinquième manche pour décrocher la première victoire en cinq sets de sa carrière. Mais sans Cervara dans son box. L’entraîneur français a quitté les tribunes après l’embrouille avec son joueur.

« Il a dit avant de partir qu’il était certain que j’allais gagner, mais qu’il allait me laisser seul pour que je sois plus calme, a expliqué Medvedev après la rencontre. Je n’en dirai pas plus, c’était la bonne chose à faire. Heureusement que j’ai gagné. »

Ce n’est pas la première fois que Cervara laisse ainsi Medvedev se débrouiller : « Ça doit arriver une fois par an, deux maximum, peut-être une fois tous les deux ans, mais ç’a aidé aujourd’hui (samedi) et nous allons forcément en parler un peu, mais ce n’est pas si grave ». 

Medvedev attribue son réveil au départ de son coach

Le natif de Moscou (24 ans) a même reconnu que la décision de son entraîneur de quitter les travées de la Rod Laver Arena l’avait aidé à se remettre à l’endroit et à hausser son niveau de jeu dans la manche décisive.

« Evidemment que c’est lié. Je ne sais pas ce qui lui passait par la tête, mais au moins il a dit qu’il était certain que j’allais gagner et qu’il voulait juste me laisser seul pour que je reste calme, parce qu’en tant qu’humain, je peux être frustré par moments, nous deux d’ailleurs, parce qu’on veut tous les deux gagner. »

Dans un long entretien pour le podcast Tennis Legend, Cervara avait raconté une anecdote pendant la finale de l’US Open 2019, perdu au bout du suspense par Medvedev face à Rafael Nadal (7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4), qui en dit long sur leur relation si particulière.

« Les deux premiers sets, j’avais trouvé que c’était plutôt bien ce qu’il faisait. A deux sets à zéro, il est à l’autre bout du terrain, et je me lève pour applaudir, pour dire : ‘C’est bien ce que t’es en train de faire, t’es face à un mec qui joue bien’. Là je ne peux pas parler, je suis à un kilomètre du terrain. Et il me regarde du genre : ‘Ouais, ouais, c’est bien, c’est ça.’ Là, dans ma tête, je me dis : ‘Ah ouais, c’est bien comme ça ? OK, t’en as rien à foutre. Tu penses que c’est perdu ? Je m’en fous aussi’. Là je me mets sur ma chaise, je tends mes jambes et je les croise, comme si j’étais sur un transat. ‘Si t’y crois pas, on attend, ça va durer 20 minutes et basta, t’auras fait finale et c’est bien comme ça.’ Et là, il y a tout qui change. »

Un ressort psychologique qui a encore fonctionné. Et qui l’a porté jusqu’à la victoire, cette fois.

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