Impitoyable Djokovic

Novak Djokovic a décroché dimanche son 9e titre à l’Open d’Australie en autant de finales disputées à Melbourne, en dominant un Daniil Medvedev sans solution (7-5, 6-2, 6-3). Monté en puissance tout au long du tournoi, le Serbe en est désormais à 18 trophées en Grand Chelem et revient à deux longueurs du duo Federer-Nadal.

DJokovic Australian Open 2021

La neuvième symphonie australienne de Novak Djokovic. Intraitable face à un Daniil Medvedev qui restait sur 20 victoires consécutives et qui est pourtant apparu sans solution ce dimanche, le numéro 1 mondial a surclassé le Russe en finale de l’Open d’Australie (7-5, 6-2, 6-2, en 1h54). Le Serbe en est désormais à neuf titres à Melbourne en autant de finales disputées et porte son total de trophées en Grand Chelem à 18, à deux longueurs de Roger Federer et de Rafael Nadal.

Voir aussi : Le tableau complet de l’Open d’Australie 

Au bord de l’abandon au troisième tour face à Taylor Fritz, puis gêné par une blessure aux abdominaux pendant les deux matchs suivants, Djokovic est monté en puissance durant le tournoi, pour livrer sa prestation la plus aboutie de la quinzaine au meilleur moment. Le Serbe ne s’en était pas caché ces derniers jours, il voulait retarder la passation de pouvoir avec la Next-Gen et savait que cela passait par un début de match parfait, dans le but d’entamer la confiance d’un Medvedev en feu depuis trois mois. Mission accomplie par Djokovic, dont les images à l’échauffement témoignaient d’une concentration totale et qui a donné le ton d’entrée. Il a breaké sur le premier jeu de service de son adversaire, qui n’avait pourtant passé que des premières balles. Le meilleur relanceur du monde était déjà en action et se retrouvait à mener 3-0 en une dizaine de minutes de match.

Un Djokovic sans faille

Medvedev a toutefois su réagir pour engager le bras de fer tant attendu. La suite du premier set s’est révélé à la hauteur du combat initialement espéré, quand tout portait à croire que la soirée pourrait être historique à Melbourne, de la forme éclatante de Medvedev aux dernières confrontations entre les deux hommes (4-3 pour Djokovic sur l’ensemble, mais 3-1 pour Medvedev sur les quatre dernières). Djokovic ne voulait pas jouer en cadence pour laisser le Russe s’appuyer sur sa propre balle, mais le N.4 mondial, qui montera sur le podium du classement ATP pour la première fois de sa carrière ce lundi, était juste pour trouver des parades à la tactique déployée par le Belgradois. Le hic pour Medvedev, c’est qu’il s’est écroulé quand il ne le fallait surtout pas, sur son engagement à 6-5. Il s’est troué sur le début de jeu et n’a pu sauver que deux balles de set, la troisième étant la bonne pour Djokovic.

Daniil Medvedev, Australian Open, 2021

Le protégé de Gilles Cervara a certes bien réagi pour breaker d’entrée de deuxième manche. Mais ce sursaut est resté sans suite. Djokovic a débreaké dans la foulée et s’est détaché au score en remportant un troisième jeu de service de Medvedev consécutif. Si le Russe était tant à la peine sur son engagement, c’est que le Serbe était injouable en retour et brillant en défense, couvrant son terrain comme à ses plus belles heures. Symbole de sa domination, Djokovic a remporté 68% des points disputés sur la deuxième balle de Medvedev. Et pour ne rien arranger, il était même très inspiré au filet (16/18). Dans ces conditions, son cadet de huit ans n’avait aucune chance de s’en sortir et les jeux se sont mis à défiler.

Cette fois, pas de remontada pour Medvedev

Si Medvedev avait réussi, lors de sa première finale de Grand Chelem, à l’US Open en 2019, à remonter deux sets à Nadal pour le pousser jusqu’au cinquième, il était cette fois perdu sur le court. Il a même disjoncté pendant quelques jeux, envoyant des services surpuissants en deuxième balle sans vraiment y croire et multipliant les fautes inhabituelles ou les mauvais choix tactiques. Djokovic, lui, n’est pas homme à se laisser embarquer dans un rythme qu’il ne contrôle pas. Il est resté focalisé sur son objectif, sans prêter attention à ce qu’il se passait de l’autre côté du filet, et a continué à orienter le jeu avec une impressionnante facilité, pour éviter de s’engager dans des filières longues, en revers notamment. Le seul moment où un frisson est passé dans cette troisième manche, c’est quand il s’est retrouvé à 4-2, 15-30 sur son service. Mais là encore, Djokovic a serré le jeu, grâce à un service qui a bien fonctionné pendant tout le tournoi, pour conclure sur l’engagement de Medvedev derrière.

Impressionnant de maîtrise et de solidité, sans même avoir eu à sortir son meilleur tennis en finale, Djokovic débute idéalement 2021 dans sa course-poursuite derrière Federer et Nadal pour écrire la grande histoire du tennis. Avec un message à faire passer : pour ceux qui ont osé en douter fin 2020 ou pendant cet Open d’Australie, le boss du circuit, c’est bien lui.

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