Ulises Badio, l’arme secrète de Djokovic pour survivre à Melbourne

Novak Djokovic, touché aux abdominaux en cours de tournoi, n’aurait probablement pas atteint la finale de l’Open d’Australie cette année sans le concours d’Ulises Badio, physiothérapeute qui a intégré son staff en 2017 et a rapidement intégré le premier cercle du numéro 1 mondial. Parce que sa compétence n’a d’égal que sa joie de vivre.

19 février 2021
Novak Djokovic with Ulises Badio, Miami Open

« Uli fait vraiment attention à ma carrière et à moi, il prend soin aussi de mon physique. C’est un vrai professionnel et une personne extrêmement dévouée. Ces six ou sept derniers jours, il a travaillé jour et nuit, je le remercie de tout mon cœur. »

Novak Djokovic s’est livré en profondeur, après sa victoire sur Aslan Karatsev en demi-finale de l’Open d’Australie, sur Ulises Badio, son physiothérapeute aux « mains magiques », comme le numéro 1 mondial le décrit. Badio a joué un rôle crucial dans le parcours de Djokovic jusqu’en finale à Melbourne.

Inconnu du grand public, même s’il a son compte Instagram, l’Argentin a passé des diplômes de kinésithérapie et de physiothérapie. Badio pratique la thérapie manuale et la chiropractie, ainsi que l’acuponcture et la médecine chinoise. Il est en phase avec l’approche holistique de Djokovic, qui parle régulièrement de cette approche du soin qui consiste à prendre en compte la personne dans sa globalité, plutôt que traiter un organe, une maladie ou les symptômes d’une maladie.

Passé quatre ans parmi les physios affiliés à l’ATP, Badio a aussi collaboré avec le Valence CF, club de football sextuple champion d’Espagne, et travaillé pour diverses clinique et un centre de médecine du sport dans l’Arizona.

Ulises a gagné ses galons quand Djokovic souffrait du coude en 2017

Ceux qui le côtoient sont frappés par la permanence que met Ulises à chercher constamment à apprendre et à perfectionner ses talents. Après tout, ce n’est pas si simple d’intégrer le staff de l’un des plus grands à avoir jamais pratiqué ce sport.

Badio s’est fait une place non seulement par ses qualités, mais aussi par sa solidité en période de crise. Uli a commencé à travailler avec Djokovic en mai 2017, un mois et demi avant que le Serbe n’abandonne en quarts de finale de Wimbledon, contre Tomas Berdych, en raison de problèmes au coude qui l’ont contraint à manquer le reste de la saison. C’est à ce moment que Badio a gagné la confiance de l’octuple vainqueur de l’Open d’Australie et accédé à son premier cercle.

« Les connaissances d’Uli sont très étendues, il maîtrise parfaitement son sujet. Aussi, il est resté aux côtés de Novak dans une période de crise, en 2017. Son aide a été primordiale pour Novak, pour l’aider à se remettre de son souci au coude, ce qui a permis à Uli de s’imposer », racontait Marian Vajda, le coach de Djokovic, à Sport Klub l’année passée. »

Marian Vajda & Ulises Badio, Roland-Garros, 2018

Le rôle de Badio au sein de cette équipe est aussi très important dans des circonstances moins anxiogènes. Novak Djokovic est l’un des joueurs les mieux préparés sur le circuit, il ne laisse rien au hasard et Uli a expliqué une fois que la physionomie de Djokovic leur permettait de s’étirer quatre fois par jour.

Cette année à Melbourne, ses priorités se sont imposées à lui. Après que Djokovic se soit blessé aux muscles abdominaux et/ou à l’oblique externe lors de son troisième tour contre Taylor Fritz, il a passé à peu près tout son temps à l’accompagner dans sa guérison.

Un maître dans son domaine, un homme au diapason

« La récupération occupe tout mon temps depuis cinq jours », a avoué Djokovic suite à son succès sur Karatsev. Ce n’était pas simplement une façon de parler, Badio travaille sur le corps de Djokovic heure par heure et le travail est si colossal qu’il a demandé de l’aide de ses collègues de l’ATP.

« Avant toute autre chose, Uli est une personne fantastique et vous pouvez le voir tous les jours, par les petites choses qu’il fait, admire Djokovic. La manière dont il traite les autres, il a toujours un mot pour les employés de sécurité à Melbourne. L’autre jour, il a apporté des chocolats et des cadeaux à ses collègues qui travaillent avec l’ATP. »

 

 
 
 
 
 
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Il est rare de croiser Ulises sans un franc sourire pour lui barre le visage. Il savoure le moment et, même en n’ayant discuté avec lui qu’en de courtes occasions, son enthousiasme est très communicatif.

« Uli s’est parfaitement intégré. Novak l’adore, on l’adore », a résumé Vajda.

Musique, yoga et Bouddha

Comme Djokovic aime assurer ses arrières, Badio est un peu différent de Miljan Amanovic, un autre physio qui travaille avec Novak Djokovic, mais qui n’est pas à Melbourne pour cette quinzaine.

« Miljan est mon ami et un physiothérapeute très dévoué aussi. Ce que j’aime avec Uli et Miljan, c’est que leurs qualités se complètent, estime Djokovic. Même s’ils ont des approches différente, le plus important, c’est qu’ils me permettent de me sentir bien. »

Badio n’y a pas beaucoup de temps à tuer à Melbourne cette année. Mais quand c’est le cas, Uli écoute de la musique et pratique le yoga, comme Djokovic. Autre point commun avec le Serbe, Badio s’intéresse à la philosophie orientale et cite souvent Bouddha : « Ce que tu penses, tu le deviens. Ce que tu sens, tu l’attires. Ce que tu imagines, tu le crées. »

Novak a aussi évoqué régulièrement l’importance de la visualisation dans la préparation de ses matchs. Dimanche, face à un Daniil Medvedev en pleine confiance, Djokovic aura besoin de toute l’aide possible pour conquérir son neuvième titre à Melbourne.

S’il y a parvient, Ulises Badio aura joué un rôle majeur dans le 18e trophée du Grand Chelem de Novak Djokovic.

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