« Nouvelle patronne » annoncée, Osaka est mûre pour assumer ce statut

Naomi Osaka va disputer samedi face à Jennifer Brady sa deuxième finale à l’Open d’Australie, sa quatrième en Grand Chelem. La Japonaise, qui n’a jamais perdu à ce stade de la compétition, changerait définitivement de dimension en cas de sacre.

Naomi Osaka, Melbourne, 2021

«Je pense que je dois juste continuer à apprendre. Je n’ai pas encore vraiment la mentalité d’une championne». Ces mots sont ceux de Naomi Osaka, il y a quasiment un an jour pour jour, après sa défaite au 3e tour de l’Open d’Australie 2020 face à Coco Gauff.

Treize mois plus tard, la Japonaise est en finale d’un tournoi du Grand Chelem pour la deuxième fois consécutive, entre l’US Open 2020 et l’Open d’Australie 2021. Depuis le 24 août 2020, date de son entrée en lice à Cincinnati, Osaka est sur une série de 20 victoires consécutives (hors forfait), dont 13 en Grand Chelem (elle n’avait pas participé à Roland-Garros à cause d’une blessure à la cuisse gauche).

Après avoir eu du mal, début 2020, à gérer son statut de numéro un mondiale et vainqueure en Grand Chelem, la joueuse de 23 ans semble enfin prête à prendre les rênes du circuit WTA. Mais si elle veut définitivement s’imposer comme la patronne, cela passe par un sacre en finale de l’Open d’Australie, samedi face à Jennifer Brady. Et cela, la Japonaise l’a bien compris.

« Je n’ai joué que trois finales de Grand Chelem. J’ai cette mentalité, les gens ne se souviennent pas des finalistes. Le nom du vainqueur est celui qui est gravé. Je pense que je me bats aussi dur que je le peux en finale. C’est là que vous vous démarquez en quelque sorte. C’est le plus gros combat. Quand j’étais plus jeune, il y a deux ans environ, le ressenti, l’objectif, c’était de marquer l’histoire. Je voulais être la première joueuse japonaise à gagner un Grand Chelem. C’était mon but. Bien sûr, c’est valorisant de voir ton nom sur un trophée, sur un mur. Mais je vois plus grand maintenant. »

Osaka, l’allure d’une patronne sur le court et en dehors

Depuis l’été dernier, les choses se sont accélérées pour l’actuelle numéro trois mondiale. Lors du tournoi de Cincinnati et l’US Open 2020, la Japonaise a marqué son soutien au mouvement Black Lives Matter et aux victimes de violences policières aux Etats-Unis, en portant notamment avant chaque match un masque au nom d’une victime des violences policières aux Etats-Unis.

Cet engagement ne l’a pas empêché de remporter le troisième Grand Chelem de sa carrière. Sur et en dehors du court, Osaka a une attitude de leadere. Lors de cet Open d’Australie 2021, elle a battu deux anciennes vainqueures en Grand Chelem, dont Serena Williams, l’une des meilleures joueuses de l’histoire et dernière «vraie» patronne du circuit WTA. Un passage de témoin ?

« Pour moi, le tennis féminin a une nouvelle patronne, a déclaré l’ancienne numéro un mondiale Justine Henin sur Eurosport, après le succès de la Japonaise en demi-finale de l’Open d’Australie 2021 face à Serena Williams. Naomi Osaka a cette capacité, elle a pris une autre dimension. Je pense qu’elle est charismatique, elle n’a pas beaucoup de faiblesses. Elle a ses hauts et ses bas, elle peut améliorer son pourcentage de premiers services. Elle fait parfois beaucoup d’erreurs, mais j’ai aussi été impressionnée par le fait que, quand elle doit bien jouer, quand elle doit bien servir, elle joue comme une championne. Je suis très confiante, elle gagnera plus de tournois du Grand Chelem. »

Un gros travail mental

Gérer les attentes, la pression, les médias, Osaka connaît bien cela. En 2019, après sa défaite au 3e tour de Roland-Garros, elle avait exprimé en conférence de presse son soulagement d’avoir perdu, et l’impression d’avoir un poids sur ses épaules à chaque match avec son statut de numéro un mondiale. Un an et demi plus tard, la Japonaise a bien évolué et son travail mental semble porter ses fruits. La joueuse de 23 ans n’est plus la même, et cela se ressent sur le court. Elle prend du plaisir à jouer au tennis, encore plus contre les meilleures.

« Naomi était excitée à l’idée de jouer contre Serena, c’est magnifique de voir ça, a expliqué l’entraîneur d’Osaka, Wim Fissette, lors d’une conférence de presse organisée avant la finale de l’Open d’Australie 2021. C’est ce pour quoi vous vous entraînez, être sur le court face à la meilleure joueuse de tous les temps, Serena. C’est là que vous devez jouer votre meilleur tennis. Beaucoup ressentent la pression, ont peur de perdre. Mais Naomi était très positive, comme si c’était exactement là où elle voulait être. Les meilleurs joueurs jouent toujours leur meilleur tennis quand ils en ont besoin. Et je pense que Naomi est l’une de ces joueuses. »

La principale intéressée, très introvertie dans la vie, a beaucoup travaillé sur cet aspect mental pour mieux dialoguer avec son équipe et ainsi être plus épanouie sur le court, en ayant confiance en elle.

« Je pense que la chose dont je suis la plus fière est la force mentale que j’ai aujourd’hui, a-t-elle déclaré. J’avais l’habitude d’avoir des hauts des bas. J’avais pas mal de doutes. Mais je pense, je ne sais pas, que le processus de quarantaine et le fait de voir tout ce qui se passe dans le monde, cela a mis beaucoup de choses en perspective. Je pense honnêtement que m’ouvrir davantage à mon équipe, avoir des discussions plus longues avec Wim (Fissette) avant un match, exprimer les doutes que je ressens au lieu de tout garder pour moi, cela m’aide. »

Avant la victoire d’Osaka à l’US Open 2018 puis à l’Open d’Australie 2019, aucune joueuse n’avait réussi à remporter deux Grands Chelems de suite depuis Serena Williams en 2015. La Japonaise a la possibilité samedi, en finale de l’Open d’Australie face à Jennifer Brady, de récidiver en remportant son deuxième Grand Chelem consécutif, son quatrième en carrière. Une performance qui ferait d’Osaka la joueuse la plus dominatrice du moment. La patronne que le circuit WTA se cherche depuis Serena Williams.

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