Osaka ne parlera pas aux médias à Roland-Garros pour sa « santé mentale », la FFT n’en revient pas

Naomi Osaka, tenante du titre des deux dernières levées du Grand Chelem, affirme qu’elle ne répondra pas aux médias pendant Roland-Garros, laissant entendre que c’est une condition pour son équilibre psychologique.

Naomi Osaka Roland Garros 2021

A quelques heures du tirage au sort de Roland-Garros (voici ce que cela a donné chez les femmes) puis de son traditionnel Media Daaaay, Naomi Osaka a créé le premier petit événement du tournoi en affirmant sur ses réseaux sociaux qu’elle ne se rendrait pas aux traditionnelles conférences de presse. Cette décision unilatérale, que rien ne laissait présager, a été mal prise par l’organisation du tournoi. Le président de la FFT Gilles Moretton “une erreur phénoménale” et “un choix pas acceptable”.

Dans une note rédigée sur son smartphone, la numéro deux mondiale avait laissé entendre, derrière des considérations générales, que ces quelques minutes d’échange avec les médias, programmées entre chaque match, ont un impact sur son équilibre psychologique.

« Je ne ferai pas de presse pendant Roland-Garros, écrit Osaka. J’ai souvent ressenti que les gens n’avaient aucune considération pour la santé mentale des athlètes et cela me frappe encore plus à chaque fois que je vois une conférence de presse ou que j’en donne une. On se retrouve assise à répondre à des questions déjà entendues de nombreuses fois ou des questions qui insinuent le doute dans nos têtes, et je n’ai plus l’intention de me rendre disponible pour des personnes qui doutent de moi. »

« J’ai souvent vu des vidéos de sportifs qui fondent en larmes en salle de presse et je suis certaine que vous aussi. J’ai la conviction que cette situation secoue une personne dans un moment de creux et je n’en trouve pas la justification. »

« Ne pas faire de presse n’est pas une décision contre le tournoi, je suis interviewée par des journalistes depuis que je suis très jeune et j’ai des relations amicales avec la plupart d’entre eux. Cela dit, si les organisateurs de tournois peuvent s’en sortir à coups de ‘réponds à la presse ou on te colle une amende’, et continuent d’ignorer que la santé mentale est au cœur de leurs relations avec les joueurs, j’en rigole d’avance. En attendant, j’espère que le montant considérable des amendes que je devrai payer ira à une association qui œuvre pour la santé mentale. »

Une seule victoire sur terre en 2021 pour Osaka

Connue pour avoir eu du mal à assumer son statut de numéro un mondiale et la notoriété qui va avec en 2019, Naomi Osaka envoie ici ses premiers signes de fragilité depuis deux ans, elle qui avait appris à la domestiquer en se faisant une porte-parole de #BlackLivesMatter et en remportant coup sur coup l’US Open 2020 et l’Open d’Australie 2021.

Sportive la mieux payée du monde selon Forbes, elle vise à Roland-Garros une première participation à une deuxième semaine dans un majeur qui ne se dispute pas sur dur extérieur, sa meilleure surface. Osaka ne précise pas si sa position s’applique aussi aux interviews d’après-match que les vainqueurs donnent sur le court à l’attention du public, où les questions sont la plupart du temps très complices. Mais l’allusion d’Osaka aux « amendes considérables » qu’elle devra payer indique qu’elle se voit aller très loin dans le tournoi.

L’amende associée à un “no show” en conférence de presse s’élève à 20.000 dollars, soit approximativement 0,1% des gains de Naomi Osaka en carrière.

L’extraordinaire notoriété d’Osaka justifie que la FFT, organisatrice de Roland-Garros, ait du mal à accepter cette décision subite de la joueuse. “C’est très préjudiciable au sport, au tennis, à elle probablement, a commenté le président Gilles Moretton. Elle heurte le jeu, elle fait du mal au tennis. C’est un vrai problème.”

Le journaliste Jon Wertheim a produit sur Twitter un mail présenté comme ayant été envoyé à la FFT par Osaka dans lequel elle exprime ne rien avoir de spécifique contre Roland-Garros. Elle insiste sur le fait qu’elle entend participer à la réforme d’un “système archaïque” qui affecte, insiste-t-elle, la “santé mentale” des joueuses et joueurs.

Depuis sa victoire à l’Open d’Australie, Osaka n’a disputé que trois tournois, pour une élimination en quart de finale à Miami (contre Sakkari) et seulement une victoire pour deux défaites sur terre battue, contre Karolina Muchova (20e mondiale) à Madrid et Jessica Pegula (31e) à Rome.

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