« Aucun fantôme » : Sinner balaie d’un revers de main l’idée d’un trauma post-Roland-Garros même s’il est loin de son niveau
Jannik Sinner assure ne pas être « hanté » par sa défaite surprise à Roland-Garros, mais une première semaine en dents de scie, aussi bien sur le court qu’en dehors, relance inévitablement la question à l’heure où le tenant du titre de Wimbledon s’apprête à défier Shintaro Mochizuki en huitième de finale.
Circulez, y’a rien à voir. Jannik Sinner a fermement balayé l’idée que sa surprenante élimination à Roland-Garros pouvait hanter la défense de son titre à Wimbledon. Il a assuré vendredi à la presse qu’il n’avait « aucun fantôme » à exorciser après Paris, tout en concédant qu’un nouvel accident de ce type pouvait se produire.
La question lui a été posée directement, en italien, cinq semaines après son élimination au deuxième tour de Roland-Garros face à Juan Manuel Cerundolo (3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1). « Si l’on reste prisonnier du passé, on n’avance pas », a tranché Sinner. Il affirme évoluer à Londres « avec beaucoup de sérénité », grâce à une préparation qu’il estime très solide.
Le risque bis repetita existe, a-t-il dit. « Ça pourrait se reproduire, on ne sait jamais », a-t-il confié. « C’est le sport, c’est le tennis. » Deux jours plus tôt, il estimait avoir cerné l’origine de son malaise. Sans en révéler ni la nature ni les causes, il a indiqué que son équipe et lui-même avaient œuvré pour y remédier, tout en refusant de garantir que l’histoire ne se répéterait pas. Sinner essaie de dissiper l’idée qu’il a été victime d’un coup de chaleur en dépit de signes qui semblent pourtant parler d’eux-mêmes.
Les longues journées d’entraînement de Sinner
Ces propos font suite à une victoire 6-4, 6-3, 6-4 face à l’Américain Jenson Brooksby, qui a offert à Sinner son billet pour les huitièmes de finale. Une prestation bien plus maîtrisée que lors de son entrée en lice, conclue en cinq sets au terme de deux tie-breaks éprouvants, mais encore loin de son niveau moyen L’Italien a débarqué à l’All England Club sans avoir joué de compétition sur gazon.
« Je fais tout ce qu’il faut en dehors du court, je crois », assure Sinner, en référence à son volume d’entraînement. Ces longues journées d’entraînement, selon lui, représentent le maximum de ce que lui et son équipe pouvaient exiger d’eux-mêmes. Pas de blabla, pas de sur-réflexion, juste de l’action.
On peut perdre un match. C’est la nature du sport, c’est la nature du tennis.
S’il ne remportait pas Wimbledon, Jannik Sinner, numéro 1 mondial incontesté, ne détiendrait aucun titre du Grand Chelem sur gazon. Les derniers lauréats des Majeurs ont été Carlos Alcaraz (US Open, Open d’Australie) et Alexander Zverev (Roland-Garros).
Son prochain rendez-vous est un huitième de finale face à Shintaro Mochizuki, le qualifié japonais classé 151e mondial qui a dominé Rafael Jodar vendredi. Le tableau de Sinner s’est par ailleurs considérablement dégagé, Daniil Medvedev, son adversaire pressenti en quarts de finale et dernier joueur à l’avoir battu sur le gazon de Church Road en 2024, ayant été sorti vendredi par Jan-Lennard Struff.