Le poids de l’histoire était trop lourd pour Djokovic : “J’étais soulagé et content que ça soit fini”

Battu en finale de l’US Open, Novak Djokovic n’a pas réussi à faire le Grand Chelem calendaire. Trop tendu sur le court, le numéro un mondial n’a jamais réussi à rentrer dans son match et a déclaré en conférence de presse qu’il avait ressenti un soulagement au moment de la balle de match.

13 September 2021
Novak Djokovic

Battu en trois sets par Daniil Medvedev en finale de l’US Open, Novak Djokovic ne s’attendait certainement pas à ce scénario, personne ne s’y attendait. Ultra dominateur cette année en Grand Chelem, le numéro un mondial n’était plus qu’à une victoire d’un 21e Majeur et d’un Grand Chelem calendaire historique.

Mais le poids de l’histoire était trop lourd à porter dimanche pour le numéro un mondial Très tendu sur le court Arthur-Ashe, Novak Djokovic a notamment fracassé sa raquette en début de deuxième set après avoir manqué deux balles de break, symbole de sa nervosité, si près du but. 

Le numéro un mondial a également fondu en larmes sur sa chaise à la fin du troisième set, lorsqu’il a été ovationné par le public. Résigné, il n’a pas fait l’effort de courir après une balle pourtant à sa portée alors qu’il était mené 6-4, 6-4, 3-0. Le Serbe n’était pas à l’aise sur le court et a expliqué qu’il était soulagé lorsque Medvedev a converti sa troisième balle de match après deux doubles fautes sur les deux premières. Certes, il n’a pas réussi sa quête de Grand Chelem calendaire, mais il n’avait plus à porter le poids de l’histoire sur ses épaules. 

« C’’était une période très exigeante sur le plan émotionnel pour moi au cours des cinq ou six derniers mois. Les Grands Chelems et les Jeux Olympiques et jouer à la maison à Belgrade. Tout se mettait en place pour moi ici et j’ai en quelque sorte accumulé toutes ces émotions. Malheureusement, je n’ai pas réussi à franchir la dernière marche. »

Très ému, Djokovic a fondu en larmes en conférence de presse

« C’était un soulagement. J’étais content que ce soit fini parce que la préparation de ce tournoi et tout ce que mentalement, émotionnellement, j’ai dû gérer tout au long du tournoi, ces deux dernières semaines, c’était beaucoup. C’est beaucoup à gérer. J’étais juste heureux que tout ça soit enfin terminé. »

Très émotif sur le court, Novak Djokovic l’a également été en conférence de presse. Le natif de Belgrade a expliqué qu’il n’y avait pas que le tennis dans sa tête désormais et que cela devenait très dur de passer autant de semaines loin de sa femme et de ses enfants. Le Serbe a fondu en larmes en évoquant sa famille et n’a pas pu terminer la conférence de presse.

Je veux passer plus de temps avec les enfants, je me le suis promis… Mon absence me fait beaucoup de mal.

Novak Djokovic

« Sans entraînement, sur le terrain et en dehors, il n’y a pas de résultats. Plus le temps passe pour nous, les joueurs plus âgés, plus il est difficile de rester au sommet par rapport aux plus jeunes, et de prétendre à des titres majeurs. J’en suis conscient et je ne suis pas inquiet, c’est un cycle naturel de la vie. »

« D’un autre côté, je ne me sens pas vieux, je n’ai pas l’impression que mon corps est usé. Bien sûr, ma vie est complètement différente maintenant, je suis un mari et un père, j’ai des priorités différentes quand on regarde la vie dans son ensemble. Je veux passer plus de temps avec les enfants, je me le suis promis… Mon absence me fait beaucoup de mal (larmes). Je suis désolé (se lève et part). »

Djokovic touché par l’amour du public

Habitué à avoir le public contre lui lors de la plupart de ses matchs, Novak Djokovic a cette fois-ci gagné à l’applaudimètre face à Daniil Medvedev. Le numéro un mondial a été le plus acclamé dès son entrée sur le court Arthur-Ashe et a été soutenu par la foule tout au long de la rencontre. Dos au mur, le Serbe a été ovationné par les spectateurs au changement de côté à 5-4 dans le troisième set. 

Tout ce soutien a énormément touché Novak Djokovic et, image rare, le champion à fondu en larmes. Après avoir de nouveau pleuré au moment de faire son discours lors de la cérémonie de remise des trophées, encore applaudi par le public new yorkais, le numéro un mondial a remercié la foule pour ce moment si spécial pour lui, habituellement second dans le coeur des gens. En conférence de presse, le Serbe a expliqué que ce qu’il avait vécu sur le court Arthur-Ashe dimanche restera dans son cœur à jamais. 

« J’ai ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti dans ma vie ici à New York. La foule m’a rendu très spécial. Ils m’ont agréablement surpris. Je ne savais pas, je ne m’attendais à rien, mais la quantité de soutien, d’énergie et d’amour que j’ai reçu du public était quelque chose dont je me souviendrai pour toujours. Je veux dire, c’est la raison pour laquelle au moment du changement, j’ai juste pleuré. L’émotion, l’énergie était si forte. Je veux dire, c’est aussi fort que de gagner 21 tournois du Grand Chelem. C’est ce que j’ai ressenti, honnêtement. »

« Je me suis senti très, très spécial. Ils ont touché mon cœur, honnêtement. Bien sûr, à la fin de la journée la journée, vous voulez gagner. Vous êtes un athlète professionnel. C’est le genre de moments que vous chérissez. Ce sont les connexions que vous établissez avec les gens qui vont être durer pendant très longtemps. Oui, c’était juste merveilleux. »

Daniil Medvedev a remporté son premier titre du Grand Chelem ce dimanche et est également le premier membre de la Next Gen à être couronné en Majeur. Depuis deux ans, la jeune génération pousse pour mettre les membres du Big Three à terre mais jusque là, Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer faisaient de la résistance. 

Après les défaites en finales de Grand Chelem de Daniil Medvedev (US Open 2019, Open d’Australie 2021), Alexander Zverev (US Open 2020) et Stefanos Tsitsipas (Roland-Garros 2021), un membre de la Next Gen a enfin décroché un titre en Majeur, et en battant Novak Djokovic en finale. Le numéro un mondial a expliqué devant les journalistes que ce moment était inévitable. 

La transition avec la nouvelle génération était inévitable

Novak Djokovic

« Je pense que cela a déjà commencé d’une certaine manière, avec Dominic Thiem qui a gagné ici l’année dernière. Daniil, je ne sais pas s’il est numéro 1 maintenant ou s’il le sera bientôt. Regardez, c’est normal. La transition était inévitable. Les anciens s’accrochent encore. Nous essayons toujours de faire briller la lumière sur le monde du tennis autant que nous le pouvons. Je parle en mon nom personnel. Je veux toujours continuer, essayer de gagner d’autres tournois, jouer pour mon pays. Ces sont les choses qui me motivent le plus je pense. »

« Mais la nouvelle génération, si on peut l’appeler comme ça, ce n’est pas quelque de nouveau. Elle est déjà actuelle, établie. Bien sûr, ils vont prendre la relève. Je pense que le tennis est entre bonnes mains parce que ce sont tous des gars sympas et de très, très bons joueurs de tennis de grande qualité. Ils ont quelque chose  à offrir sur et en dehors du court. Nous espérons que la transition se fera en douceur en ce qui concerne l’attention et la popularité de ce sport. C’est très important. »

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