Corentin Moutet, deuxième chance et « zen-attitude » à l’UTS

Le 75e mondial Corentin Moutet, qui a terminé à une décevante 7e place lors de la première édition de l’UTS, arrive avec de nouvelles ambitions. Le Français a réussi à accrocher le Top 10 mondial, mais se fait encore trop surprendre par des moins bien classés.

Corentin Moutet, UTS 2020

Il est arrivé jeudi à la Mouratoglou Tennis Academy en homme neuf. Rasé de prêt, détendu, “ressourcé”. Corentin Moutet a conscience de sa “chance“. Après avoir terminé à une décevante 7e (sur 11 joueurs) place lors de la première édition de l’Ultimate Tennis Showdown, le Français de 21 ans fait partie de la deuxième « aventure » de l’UTS, à Sophia-Antipolis. “Quand j’ai su qu’il y aurait une deuxième édition, j’ai tout de suite été très motivé pour jouer si j’en avais la possibilité”, nous avoue-t-il.

Moutet s’est montré très accrocheur lors de la première édition. Il a tenu tête aux meilleurs sans jamais concrétiser. Contre Richard Gasquet (3-1), David Goffin (3-1), avant de pousser le finaliste Stefanos Tsitsipas à la mort subite (3-2). Trois joueurs qui faisaient partie du Final 4. Il n’a remporté que trois matches sur sept. Et il s’est même fait surprendre par Holger Rune, 17 ans et 827e mondial, qu’il n’a battu qu’à la mort subite (3-2). Face au Danois, comme face à Goffin et Tsitsipas, Moutet a perdu ses nerfs. « Il faut que je sois plus calme sur le court », expliquait-il alors à Tennis Majors, après avoir cassé deux raquettes face à Goffin.

« J’espère être un peu plus chanceux »

Lors d’un temps mort pendant son match contre Tsitsipas, Moutet s’était d’ailleurs forcé à une séance de “yoga”, restant silencieux pendant 30 secondes. The Tornado a respiré fort, les yeux fermés, en écoutant la voix calme de son préparateur mental, Romain Bastide, qui lui a soufflé : « Respire… Prends ton temps. »

Samedi, l’expérimenté Fernando Verdasco pourrait profiter de ses failles. En janvier dernier, Moutet l’avait battu au tournoi de Doha (6-4, 4-6, 6-4). “La clé sera de varier mon jeu, nous lance-t-il. Je devrai faire varier la vitesse de la balle, jouer en hauteur, puis à plat. Je sais qu’il aime l’intensité, et je dois faire attention à cela.

Lors des premiers matchs de l’UTS1, The Tornado assume avoir eu du mal à “s’habituer aux règles et à l’utilisation des cartes”. Il reconnaît avoir “quelques regrets”. “Cette fois-ci, j’espère aussi être un peu plus chanceux !, souffle-t-il. J’ai perdu deux matchs à la mort subite.”

Corentin Moutet, UTS 2020

Travail sur l’enchaînement service-premier coup

Plus que sur la “chance”, son entraîneur Laurent Raymond espère que le travail réalisé ces dernières semaines sera bénéfique. “Nous avons beaucoup travaillé les enchaînements service-premier coup et le coup suivant le retour, nous assure-t-il. L’UTS nous a permis de confirmer et de valider des choses travaillées à l’entraînement. Comme les matchs s’enchaînent, nous pouvons très vite corriger des erreurs. Cela nous permet d’avoir des automatismes.”

Il espère que ce travail permettra à son joueur de ne pas faire qu'”accrocher” les meilleurs, tout en ne se faisant pas battre par des joueurs moins bien classés. “Le format est un défi lancé aux joueurs, décrit Raymond. Ils doivent prendre des décisions rapidement. En termes de concentration et de tension nerveuse, c’est un très bon exercice avant la reprise.” Moutet affrontera dimanche Dustin Brown, qui a terminé avant-dernier du premier UTS, et Benoît Paire, numéro 22 mondial, le samedi suivant. Un nouveau choc pour lui. Il avait perdu face à son compatriote lors de la première édition (3-1).

Cela fait presque deux mois que nous avons repris l’entraînement depuis le déconfinement, précise l’entraîneur. Je sens que Corentin est bien physiquement. Nous sommes prêts à reprendre la compétition sur le circuit principal. Nous sommes impatients. » Après l’annulation du tournoi de Washington, qui devait lancer la reprise du tennis masculin, leur regard est désormais tourné vers le Masters 1000 de Cincinnati, qui se déroulera exceptionnellement à New-York. La compétition débute le 22 août. Mais le 75e mondial devra arriver à trouver une place parmi les 56 joueurs maximums présents. Une place à se faire, comme à l’UTS.

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