Pavlyuchenkova brise les rêves de come-back de Cornet

Anastasia Pavlyuchenkova a remporté la première édition de l’UTS féminin à la mort subite contre Alizé Cornet, à la force de ses coups droits foudroyants. Après avoir remporté les deux premiers quarts-temps, elle a résisté au retour de la Française. Un moment d’histoire.

Anastasia Pavlyuchenkova, UTS2 winner

Des coups. Du fond du court, au filet, sur les côtés, des coups partout. De tous les côtés. Et une agressivité sans faille. Anastasia Pavlyuchenkova, grâce à des coups droits aussi puissants les uns que les autres, a écrit un bout d’histoire de l’Ultimate Tennis Showdown : elle est la première championne féminine de la compétition. Après avoir remporté les deux premiers quarts-temps, elle a résisté au retour d’Alizé Cornet, qui l’a poussée à la mort subite. Et dans une tension maximale, où chacune a eu une balle de match, “The Thunder” s’est adjugée l’UTS 2 après une balle trop longue de la Française (16-8, 12-11, 11-14, 9-16, 3-1). “Je ne réalise pas… quelle tension !“, a-t-elle soufflé. 

Pavlyuchenkova n’a « pas été satisfaite » de son niveau de jeu en début de match. Il n’y avait pas de quoi. Dans son jeu, étouffant, électrique, il y avait de tout. De la puissance, de la rage, des frappes cliniques. Destructrices. Dans la première manche, la Russe a inscrit sept points de suite en déposant « The Volcano ». Et par trois fois en montant au filet, pour placer un coup droit, une amortie, et une volée limpide.

Tout cela, sans dire un mot. « Vous vous appelez ‘The Thunder’, mais vous avez l’air si calme ! », lui a même fait remarquer Jenny Drummond, la co-commentatrice britannique de l’UTS. « Tous les éclairs ne sont pas agressifs, lui a répondu la Russe. Ça dépend des points… »

Cornet se voit refuser l’utilisation de sa « Gold card » : « Je me fais fourrer, c’est un truc de martien ! »

Pavlyuchenkova avait peut-être une autre définition du mot « agressif ». Car grâce à ses coups, elle a bien fait disjoncter Alizé Cornet. Elle est allée chercher le deuxième quart-temps sur un coup droit qui a laissé sur place Cornet, à quelques secondes de la fin. La Française a alors voulu utiliser sa « Gold card ». Une carte bonus, glanée après un défi entre les quatre femmes qualifiées, qui lui permettait de rajouter 40 secondes à la fin d’un quart-temps en cas de besoin.

Elle n’a pas pu l’utiliser. Le temps était écoulé, selon l’arbitre Alexandre Juge. Impossible de l’activer dans ces circonstances. « Je l’ai demandée à une seconde de la fin !, a alors crié « The Volcano ». Je me fais fourrer, c’est un truc de martien ! »

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Au bord des larmes, Cornet bascule… du bon côté

Cette « injustice », selon elle, l’a suivie tout le match. Dès le début du troisième quart-temps, Cornet a demandé à son entraîneur et ami de toujours, Maxime Vogt, de prendre un temps-mort pour se calmer. « L’éruption est très proche… elle va sortir », a-t-elle appuyé. Référence à son surnom, « The Volcano ». Et après un nouveau coup droit explosif de Pavlyuchenkova, elle s’est tournée vers M. Juge, au bord des larmes : « J’étais pile à l’heure ! »

Mais alors que la finale de l’UTS a semblé lui échapper, comme un destin irrémédiable à qui elle espérait échapper, Cornet a résisté. Jusqu’à retourner la tendance. La Française est allée chercher les deux quarts-temps suivants grâce à une abnegation qui en aurait fait, elle aussi, une magnifique championne.

Elle a profité des erreurs de « The Thunder », qui a commencé à envoyer plusieurs balles dans le filet. Elle s’est aussi fait plaisir. A l’image de cette amortie placée avec des doigts d’or, que Pavlyuchenkova n’est pas allée chercher. A la fin de la troisième manche, elle a lâché, dans un cri du coeur : « Ce jeu est insensé ! »

Il l’a été jusqu’au bout. Après avoir empoché la quatrième manche, qu’elle a décrochée grâce à ce revers deux mains qui prenait à contre-pied « The Thunder », elle a espéré faire la différence à la mort subite.

L’histoire était taquine, dimanche soir, juste avant la finale des hommes. Elle a penché du côté de l’une comme de l’autre. Cornet a manqué une balle de match, sauvée par la Russe sur un coup droit parfait, et Pavlyuchenkova a bénéficié d’une erreur de la Française. Une balle trop longue, en dehors des limites du terrain, qui a délivré « The Thunder. » La Russe a contenu sa joie. Presque froide. Elle a serré le poing. D’une main ferme. Comme pendant tout le match.

« Je suis tellement nerveuse, c’est incroyable ! » a-t-elle lancé après la rencontre. Je regardais les hommes jouer la mort subite, et je me disais qu’en faire une devait être fou. Ce fut le cas. J’ai adoré le format. C’est bien d’être de retour sur le court. » Surtout quand on soulève un trophée à la fin.

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