Débat : Federer le gentil face à Djokovic le méchant, est-ce aussi simple ?

Match Points est une émission de débat de Tennis Majors, animée par Josh Cohen. Dans cet épisode, Marion Bartoli, Noah Rubin et Ben Rothenberg évoquent la différence de popularité entre Novak Djokovic et Roger Federer, après les déclarations de Gilles Simon.

5 août 2020

« Avec [Gilles] Simon, nous devons prendre un verre de vin prochainement et mettre au clair ce qu’il a contre moi. » Noah Rubin n’a pas été épargné ces derniers temps par le joueur français, d’habitude discret. L’ancien 6e mondial a donné des interviews au site français Tennis Break News, à L’Equipe en marge du Challenge Elite FFT, sans oublier sa discussion avec Gaël Monfils sur la chaîne Twitch.

Autant de moments où il a livré son ressenti sur l’épidémie de coronavirus, la gouvernance de l’ATP, la popularité de Roger Federer et celle de Novak Djokovic…  Dans le dernier épisode de Match Points animé par Josh Cohen, Marion Bartoli, ancienne lauréate de Wimbledon, Noah Rubin, 225e mondial (et créateur de Behind de Racquet), et le journaliste américain Ben Rothenberg ont débattu sur l’image renvoyée par le numéro un mondial et par le Suisse, à la suite des propos de Gilles Simon.

« Dans les faits, Djokovic n’est pas impopulaire »

Dans une interview à L’Equipe mercredi 8 juillet, Gilles Simon a défendu Novak Djovovic :

« Novak a fait une grosse erreur de donner le bâton pour se faire battre à l’Adria Tour, parce que tout le monde a envie de le battre. C’est très dommage. Je le vois comme n’importe quel être humain, avec ses qualités et ses défauts. Mais il se trouve que, pour Federer, on ne parle que de ses qualités. Et que des défauts de Novak. C’est le jeu médiatique qui veut ça. Je me dis que Novak essaie de s’attaquer à des dossiers compliqués dans l’intérêt des joueurs en général. Et j’étais embêté par cette histoire de l’Adria Tour car, en faisant une énorme erreur, tout ce travail tombe à l’eau. C’est désormais facile de dire : « Surtout n’écoutez plus Novak ! » »

Pour Ben Rothenberg, cette différence de traitement entre les deux joueurs n’est pas uniquement médiatique :

« Je ne sais pas si cela vient des médias, c’est une préférence que beaucoup de fans ont. Les gens sont juste plus attirés par Federer, il mérite du crédit pour ça. Construire une  image et une marque aussi populaires demande des efforts. Dans les faits, Novak n’est pas impopulaire. C’est juste très difficile d’être comparé à Federer, probablement le champion le plus apprécié de l’histoire. »

Djokovic Federer US Open 2015

Des propos corroborés par Marion Bartoli, qui trouve excessif de voir Federer comme le « gentil » et Djokovic le « méchant » :

« Le traitement réservé à Djokovic et à Federer ne sont pas si différents, je trouve ça excessif. Je ne pense pas que nous protégions toujours Roger, il a pu construire une image et cette marque de personne parfaite. Il n’est pas loin de ça mais il est humain, il peut faire des erreurs. »

La lauréate de Wimbledon 2013 évoque notamment les autographes signés par le Bâlois le 9 juillet, sans masque et en utilisant les stylos des fans.

Al igual que se dijo cuando Djokovic, esto también debe hacerse.
Roger Federer se tomó fotos con aficionados, sin usar él mascarilla ni guardar la distancia de más de un metro. Además, se le ve cómo le ofrecen agarrar el boli de otra persona para un autógrafo. Mal. pic.twitter.com/u7FxByL7uD

— José Morón (@jmgmoron) July 9, 2020

"La première vague de violence contre Djokovic, elle est très révélatrice. Depuis quand Noah Rubin a une page entière pour démolir Djokovic ? T'imagines qu'ils sont allés chercher beaucoup beaucoup de gens pour en arriver à Noah Rubin." Des propos qu'il avait confirmés dans L'Equipe : "Quand Rubin demande la démission de Novak de la présidence du Conseil des joueurs, il se tire une balle dans le pied", avait déclaré Gilles Simon.

L'Américain n'a pas directement répondu aux attaques de Gilles Simon. Il justifie la différence de notoriété avec le Suisse par des erreurs du Serbe par le passé.

"Beaucoup de gens associent encore Djokovic au scandale de la fausse blessure et à certaines choses qu’il a faites, avant d’avoir une équipe de communicants autour de lui. Djokovic a fait des erreurs, Federer aussi, mais à d’autres niveaux. Ils sont à des piédestaux différents. Federer a transformé un lanceur de raquette de 18 ans en ce gars, cette personne parfaite. Il a travaillé pour tenir ce standard."

Les retrouvailles entre Noah Rubin et Gilles Simon promettent.

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