WTA : « Niveau plus homogène qu’avant », mais « moins élevé au global »

Match Points est un talk show de Tennis Majors, animé par Josh Cohen. Dans notre dernier épisode, le niveau actuel du tennis féminin fait l’objet d’un débat âpre entre Marion Bartoli et Simon Cambers

9 novembre 2020

Sur les 14 dernières éditions de Roland-Garros, il y a eu 12 vainqueures différentes. Le sacre de la Polonaise Iga Swiatek début octobre a une nouvelle fois montré le manque de consistance du circuit WTA actuellement. Le niveau actuel du tennis féminin, ou plutôt son absence de régularité parmi les toutes meilleures, est à l’agenda de notre dernier numéro de Match Points, notre programme consacré aux débats sur l’actu du tennis.

Pour notre journaliste Simon Cambers, le tennis féminin est dans une période de transition où une vingtaine de joueuses peuvent gagner un Grand Chelem. Ce qui n’était pas le cas avant. 

« Un top 5 actuel globalement plus faible »

Marion Bartoli, qui a joué sur le circuit WTA de 1999 à 2013, estime que s’il y a autant de diversité au niveau des résultats, c’est un problème de niveau.

« Le niveau global est moins élevé qu’avant. Le problème du tennis féminin en ce moment, c’est que techniquement, les filles sont moins solides qu’avant. Lorsque vous passez en revue une joueuse qui se trouve actuellement dans le Top 10, je ne vais pas citer de noms, mais le plan de jeu est toujours très lisible. On peut trouver des points faibles et les exploiter. Quand je jouais contre Justine Henin, ou Kim Clijsters ou qui que ce soit, il n’y avait pas de faiblesse. Vous entriez sur le terrain et vous vous disiez : ‘Que dois-je faire pour gagner ce match ? Peut-être que si je joue le match de ma vie, ça passera. Si je joue un match moyen, je n’ai aucune chance du tout, même pas 1%. »

Bartoli exclut Serena Williams et Victoria Azarenka de la liste des joueuses avec des faiblesses à exploiter sur le court. Naomi Osaka, Simona Halep et Petra Kvitova, quand elles sont à leur meilleur niveau, figurent aussi dans ce groupe de joueuses « à part » aux yeux de l’ancienne numéro 7 mondiale, victorieuse de Wimbledon en 2013.

« Plus de joueuses capables de s’en sortir en Grand Chelem actuellement »

En réponse au constat de la championne tricolore, Simon Cambers explicite son propos. Selon lui, le niveau des joueuses de l’époque de Marion Bartoli était plus élevé que le niveau actuel du circuit. Cependant, il est davantage homogène et laisse donc place à plus de surprises.

« Le niveau des joueuses est beaucoup plus homogène aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Parce qu’il y a 25 ans, vous écrasiez vos adversaires dès le premier, deuxième ou troisième tour. Vous survoliez la compétition puis vous affrontiez les meilleures, ce qui était évidemment très difficile parce que vous aviez un certain nombre de joueuses numéros 1 sur dix, quinze ans. C’était une grande époque, le niveau était très élevé. Aujourd’hui, il y a plus de joueuses capables de s’en sortir en Grand Chelem qu’auparavant. C’est là où je voulais en venir. »

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