WTA : Rôle, président, Covid-19, tout ce qu’il faut savoir

La WTA est l’instance dirigeante du tennis féminin. Voici tout ce qu’il faut savoir sur la WTA pour bien comprendre son fonctionnement et son histoire.

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Que signifie WTA ?

WTA est un acronyme pour Women’s Tennis Association (Association du Tennis Féminin, en français).

Quel est le rôle de la WTA ?

La WTA gère le circuit de tennis féminin, le WTA Tour. Elle décide ainsi du calendrier, des tournois qui le composent et des catégories de chacun (Premier Mandatory, Premier Five, Premier, International, WTA 125k Series). Cette structure de tournois est en vigueur depuis 2009. Le barème de points alloués et le prize-money de chaque tournoi sont déterminés en fonction de sa catégorie. La WTA organise aussi les WTA Finals de fin de saison. En revanche, les tournois du Grand Chelem, s’ils ont une place à part dans le calendrier et rapportent des points pour le classement informatisé de la WTA, sont organisés sous l’égide de la Fédération internationale, avec des organisateurs nationaux.

Le classement informatisé de la WTA est entré en vigueur en 1974. Chris Evert en a été la première No.1, en novembre 1975. La WTA revendique être la plus grande Fédération de sport féminin au monde, avec plus de 1 650 joueuses de 84 nations différentes. Le prize money total de la saison est estimé à 180 millions de dollars, répartis sur 55 tournois WTA en plus des quatre Grands Chelems, et l’audience globale tourne autour de 700 millions de téléspectateurs.

Depuis quand existe-t-elle ?

La WTA a été créée en 1973, par Billie Jean King, dans le but de réunir toutes les joueuses professionnelles sur un même circuit. Elle a été fondée dans un hôtel londonien la semaine précédant Wimbledon. La WTA a ainsi succédé aux Virgin Slims Series, lancées en 1971 par les Original 9, surnom donné aux neuf joueuses à l’initiative de la scission avec les instances qui régissaient le circuit à l’époque.

Tout est parti du début de l’ère Open en 1968. Les joueurs et joueuses professionnels étaient enfin autorisés à participer aux tournois Open. Il y avait alors deux circuits distincts pour les pros : le World Championship Tennis, réservé aux hommes, et la National Tennis League. King faisait partie des joueuses sous contrat avec la NTL, contre 40 000 dollars la saison. Elle était alors la mieux rémunérée. A titre d’exemple, la Française Françoise Dürr, victorieuse à Roland-Garros en simple et en double en 1967, émargeait à 20 000 dollars par an.

Billie Jean King during 1975 Wimbledon

Mais ce sont les écarts de rémunération entre les joueurs et les joueuses qui ont poussé ces dernières à créer leur propre tour. Le différentiel était monté jusqu’à 8 pour 1 en faveur des hommes lors des Pacific West Championships en 1970, qui devaient se dérouler après l’US Open et étaient organisés par Jack Kramer… futur père fondateur de l’ATP ! Des joueuses ont contacté Gladys Heldman, directrice de la publication de World Tennis Magazine, et annoncé leur intention de boycotter l’US Open. Déconseillant cette option, Heldman a finalement lancé un tournoi concurrent aux Pacific West Championships avec le Houston Women’s Invitation, organisé à la même date.

Neuf joueuses ont répondu à l’appel, celles qui seront appelées plus tard les Original 9 (King, Rosie Casals, Nancy Richey, Kerry Melville, Peaches Bartkowicz, Kristy Pigeon, Judy Dalton, Valerie Ziegenfuss et Julie Heldman), malgré les menaces de sanction de la Fédération américaine. Ce groupe a donné naissance par la suite aux Virgin Slims Series, premier circuit exclusivement féminin, sponsorisé une marque de cigarette de chez Philip Morris. Chaque joueuse s’est engagée pour un dollar symbolique. Ce circuit comptait 19 tournois, dont 18 aux Etats-Unis. La WTA a pris en main son organisation à compter de sa création en 1973.

Qui est le président de la WTA ?

Steve Simon est le président et le CEO de la WTA. Il a pris ses fonctions fin 2015, après avoir été nommé par le Board of Directors en octobre, deux semaines après le départ de sa prédécesseure, Stacey Allaster. Simon était auparavant directeur du tournoi d’Indian Wells depuis 2004. Sa nomination était soutenue par Billie Jean King et des stars du circuit, comme Serena Williams ou Maria Sharapova.

Steve Simon, WTA chairman

Avant de se retirer pour des raisons personnelles, Allaster avait passé six ans à la tête de la WTA et avait été nommée par Forbes parmi les “femmes les plus puissantes du monde du sport”. Elle a diversifié les revenus de l’instance à hauteur de 1 milliard de dollars et milité pour l’égalité hommes-femmes dans le tennis. Allaster avait elle-même succédé à Larry Scott, qui avait lui aussi passé six saisons à la présidence de la WTA. 

Quel est son organigramme ?

La WTA est constituée d’un Board of Directors. Huit membres y siègent :

  • Le président et CEO (Steve Simon) ;
  • Un représentant de la Fédération internationale (David Haggerty) ;
  • 3 représentants des joueuses (Iva Majoli, Michael Segal, Vanessa Webb) ;
  • 3 représentants des tournois (Adam Barrett pour les Amériques, Peter-Michael Reichel pour l’Europe, Alastair Garland pour l’Asie).

Trois suppléants ont été nommés : Gavin Ziv pour les tournois, Dianne Hayes pour les joueurs et Kris Dent pour l’ITF.

Les représentants des joueuses sont choisis par le Players’ Council (Conseil des Joueuses). Y siègent huit joueuses réparties selon des critères de classement :

  • 4 issues du Top 20 (Sloane Stephens, Madison Keys, Anastasia Pavlyuchenkova, Johanna Konta) ;
  • 1 située entre la 21 et la 50eme place mondiale (Donna Vekic) ;
  • 1 située entre la 51eme et la 100e place mondiale (Aleksandra Krunic) ;
  • 1 au-delà de la 20eme place mondiale (Gabriela Dabrowski) ;
  • 1 au-delà de la 100e place mondiale (Kristie Ahn).

Sloane Stephens and Madison Keys during 2018 French Open

Les représentants des tournois au sein du Board of Directors, un par région (Europe, Amériques, Asie-Pacifique), sont désignés par le Tournaments’ Council. Ses neuf membres sont répartis par région :

  • 3 pour l’Asie-Pacifique (Charles Hsiung, Cameron Pearson, Victor Ruiz) ;
  • 3 pour l’Europe (Stephen Farrow, Markus Guenthardt, Gerard Tsobanian) ;
  • 3 pour les Amériques (Eugene Lapierre, Bob Moran, Gavin Ziv).

Comment la WTA gère-t-elle dans la crise du Covid-19 ?

La WTA a devancé l’ATP en communiquant dès le 16 mars, une semaine après l’annonce du report d’Indian Wells, sur la suspension de son circuit jusqu’au 2 mai. Elle a ensuite publié deux communiqués communs avec l’ATP pour étendre la suspension successivement jusqu’au 7 juin, puis jusqu’au 13 juillet, suite à l’annulation de Wimbledon. La WTA n’a pas été consultée dans la décision des organisateurs de Roland-Garros de reporter le tournoi de mai-juin à septembre-octobre. Steve Simon se fait relativement discret dans les médias depuis que l’épidémie du coronavirus a mis les circuits de tennis à l’arrêt.

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