« Il y a un mois, si on m’avait dit que je serais là aujourd’hui, j’aurais signé » : Diane Parry après sa défaite en huitièmes de finale à Roland-Garros
La Tricolore a tenté de garder le positif de sa quinzaine après son élimination en huitièmes de finale de Roland-Garros face à Maja Chwalinska (6-3, 6-2).
Diane Parry – Roland-Garros 2026 © Michael Baucher / Psnewz
Question : Peux-tu nous donner un premier bilan du match ? On sait que c’est dur juste après…
Diane Parry : C’est dur. Je suis vraiment déçue parce qu’on en veut toujours plus. Quand on est en huitièmes de finale et qu’on joue à la maison, on a envie d’aller plus loin. C’était une belle opportunité pour moi aujourd’hui. Bravo à elle, elle a fait son match, et je n’ai pas été assez bonne.
Comment était la balle de ton adversaire aujourd’hui ? On avait l’impression que tu avais du mal à rentrer dedans.
Très dure à jouer. C’était très haut et moins lourd que ce que j’avais pu avoir sur mes derniers matchs. Sur le Central, ça rebondissait beaucoup. Je savais que j’allais jouer de cette manière-là, mais une fois sur le terrain, ce n’est pas simple. Je n’ai tout simplement pas réussi à trouver des solutions contre elle, avec sa manière de jouer. Elle a été très solide et très intelligente dans sa manière de jouer. Elle donne toujours des balles différentes, donc c’est dur d’anticiper, de s’adapter. Je n’ai pas été assez bonne.
Qu’est-ce qui s’est passé sur ton coup droit aujourd’hui pour avoir autant de fautes directes ? Voulais-tu terminer les points plus vite ? Et est-ce que tu étais touchée physiquement, ou y avait-il un peu de fatigue accumulée ?
Diane Parry : Un peu de fatigue qui s’accumule, c’est normal. Mais c’est sa manière de jouer qui m’a beaucoup dérangée. Je n’ai pas réussi à m’appuyer sur sa balle, à trouver la bonne manière de taper mon coup droit. Je savais que si je m’embarquais dans sa manière de jouer, je n’allais pas gagner — elle est beaucoup plus forte et plus habituée à ça. Il fallait que j’essaie de rentrer dedans et de lui faire mal avec ma qualité de balle, mais ça a été trop dur à faire aujourd’hui. Je n’avais peut-être pas assez d’énergie pour produire assez de puissance, pour être bien placée à chaque fois. C’est une combinaison de plein de choses qui a fait que le résultat était mauvais.

Que retiens-tu malgré tout de ton parcours cette année, pour ton premier huitième de finale ?
C’est toujours dur de voir le positif. On est forcément déçue de la défaite parce qu’on a envie d’aller plus loin. C’était aussi un beau match à jouer pour aller en quart de finale à Roland-Garros. Il va falloir encaisser un petit peu la défaite et le fait de ne pas avoir su saisir les opportunités. Mais aussi en tirer tout le positif, parce que c’est vrai qu’il y a un mois, si on m’avait dit que je serais là aujourd’hui, j’aurais signé.
On te connaît pour intérioriser beaucoup tes émotions sur le court. Tu ne laisses pas transparaître grand-chose. N’y aurait-il pas pu avoir un moment où tu aurais pu essayer d’en appeler au public, même si ce n’est pas dans ta nature, pour essayer de te pousser ?
Je sentais que je n’avais pas toutes les clés en main pour pouvoir suivre dans le bon sens, donc je n’avais pas trop envie de faire ce genre de choses. Sur les matchs précédents, j’aurais pu le faire — il y avait des moments un peu plus chauds, un peu plus tendus, où l’ambiance pouvait déranger les adversaires. Aujourd’hui, je sentais qu’elle n’était pas très inquiétée dans le match, elle était assez sereine, elle savait comment jouer. Je ne me sentais pas d’en appeler au public, même si c’est dur aussi sur le terrain — on a envie de donner plus, plus de spectacle, plus de niveau de jeu. Je n’en ai pas été capable aujourd’hui, donc je ne pensais pas que c’était le bon moment.
Il y avait plus d’envie que de pression
Roland-Garros, c’est toujours particulier pour les Français — galvanisant mais aussi beaucoup de pression. Sur le plan de la gestion de la pression et sur le plan émotionnel, est-ce qu’il y a des choses dont tu te dis que la prochaine fois tu n’en seras pas victime ? Ou est-ce qu’aujourd’hui c’était uniquement tennistique selon toi ?
C’était une première pour moi, donc c’était très positif. Bien évidemment, j’étais la dernière française en course, mais en même temps c’était quelque chose de nouveau pour moi, donc très excitant. Il y avait plus d’envie que de pression, je pense. Après, il y avait peut-être un peu de fatigue qui s’est accumulée, un peu moins de lucidité sur le terrain, peut-être un peu plus vite frustrée, agacée. Ça peut vite faire la différence sur ce genre de match — ne pas rester assez calme, ne pas trouver les solutions.
Tu disais qu’il y a un mois tu aurais signé pour être là. Quelle perspective ça te donne sur la suite de la saison ?
Déjà, me reposer un petit peu. Ça va faire du bien à ma tête et à mon corps, pour mieux repartir derrière. Il y a la saison sur gazon, qui est un format que j’aime bien, et où j’ai aussi envie de performer. L’année dernière, j’étais au troisième tour de Wimbledon, donc j’espère pouvoir atteindre la deuxième semaine, et même plus si c’est possible. Ça me permet aussi de remonter au classement, donc de pouvoir jouer des tournois plus intéressants, de rentrer directement dans des tableaux. Ça va peut-être me faciliter un peu les prochaines semaines en termes de programmation, et d’être directement confrontée aux meilleures. J’espère que ça va continuer.

À part la qualité de votre adversaire, qu’est-ce que vous vous reprochez le plus ? Qu’est-ce que vous regrettez le plus chez vous ?
De ne pas avoir réussi à trouver de solution. Il y a des moments où on sait qu’on est sur le bon chemin — même s’il y a quelques fautes, on sait qu’il faut continuer là-dedans. J’ai essayé de rester dans le premier set, mais j’avais très peu d’opportunités sur ses jeux de service, et les miens étaient à chaque fois très accrochés. Ça ne tournait pas dans le bon sens. Je pense que c’est peut-être de ne pas avoir réussi à rester assez calme, de ne pas avoir trouvé de solution sur le court.
Qu’est-ce qu’on se dit sur le court, opposée à une joueuse pareille, à un tennis tout en variation comme ça, où on ne peut pas s’appuyer sur la balle ?
Ça devient vraiment pénible. On essaie de réfléchir à toutes les options possibles, pour trouver une petite lumière, pour voir s’il y a quelque chose qui peut l’embêter. Ce qui est très dur, c’est qu’il y a quelques points où on se dit : c’est bon, on a trouvé la solution — et en fait on n’est pas capable de le reproduire sur tous les points.