Edberg sur le service-volée : « Je suis sûr qu’il va revenir, pas comme à la grande époque, mais il reviendra »
Stefan Edberg, vainqueur en 1990 et l’un des anciens lauréats mis à l’honneur lors de la 40e édition du Rolex Paris Masters, a rencontré Carlos Alcaraz en coulisses samedi, à la Plenitude Arena. Le Suédois, dont le jeu reposait sur le service-volée, a évoqué le retour d’Alcaraz, le potentiel de Ben Shelton et la vitesse des courts parisiens.
Lorsque Carlos Alcaraz est venu au monde en 2003, Stefan Edberg avait déjà pris sa retraite depuis sept ans. Mais à voir la façon dont l’Espagnol regardait le Suédois dans les coulisses de la Plenitude Arena samedi, au sortir de sa demi-finale du Rolex Paris Masters, nul doute qu’il savait parfaitement à qui il avait affaire.
Concentré et affable, le numéro 3 mondial a officiellement fait la connaissance d’Edberg, vainqueur de six titres du Grand Chelem entre 1985 et 1992, soit un de moins que le total actuel d’Alcaraz. Edberg faisait partie des anciens champions honorés à l’occasion de la 40e édition du tournoi, pour son titre remporté en 1990.
Comme tout ancien vainqueur, Edberg, 60 ans depuis janvier dernier, se sent le bienvenu partout où il va. « On se tourne davantage vers les anciens champions aujourd’hui, et (…) nous sommes plus que les bienvenus pour venir quand nous le souhaitons, et c’est vraiment très apprécié », a confié Edberg samedi devant un petit groupe de journalistes, dont Tennis Majors. Voici son approche de connaisseur et de fan sur Alcaraz, Ben Shelton, le service-volée et la vitesse des courts à Paris.
Edberg évoque Alcaraz, le showman
Stefan, quel regard portez-vous sur Carlos Alcaraz depuis son retour ? Il paraît très impressionnant.
Il est très impressionnant à la base, et il a évidemment réussi un superbe retour, parce qu’il a été absent pendant très longtemps, et ce n’est jamais facile quand on a été éloigné des courts. Heureusement qu’il est de retour, oui. C’est un joueur très important pour le tennis, de par qui il est : il adore le tennis, il est comme un poisson dans l’eau sur le court, il a un côté showman. Il possède un jeu très complet, de la puissance au toucher, et c’est donc une bonne chose de le voir revenir en forme.
Êtes-vous surpris de le voir livrer une telle prestation si peu de temps après son retour ?
C’est un joueur unique en son genre, alors oui, on a forcément des attentes, mais c’est fantastique de voir ce qu’il a accompli et ce qu’il est en train de réaliser en ce moment. J’espère qu’il saura garder cet équilibre, parce que la vie sur le court est exigeante et qu’on veut se préserver des blessures autant que possible. Et je pense qu’il est encore jeune, il sera là pour de longues années encore.
Edberg et le retour du service-volée
Carlos pratique le service-volée, un registre que vous connaissez très bien. À une époque, on disait que le service-volée était mort, et aujourd’hui on le voit pas mal réapparaître comme une option chez les joueurs, pas seulement chez Carlos. Quel est votre regard ?
Le tennis fonctionne par cycles, et je pense qu’on s’entraîne différemment aujourd’hui. Le tennis se joue depuis le fond du court, et le service-volée est un jeu qui demande plus de temps à se développer. Vraiment. Il faut commencer assez jeune, et je pense que les joueurs ne s’entraînent peut-être pas autant qu’il le faudrait, parce qu’il faut commencer à disputer des matchs jeune (…) pour qu’au moins ce soit ancré en vous. Ce n’est pas facile de s’y mettre à 20 ou 21 ans. Ça ne vient pas naturellement, mais c’est un avantage de pouvoir varier son jeu. C’est quelque chose qui peut surprendre et qui peut vous faire gagner des matchs, c’est ce que je ressens. Donc je suis sûr que ça reviendra. Pas avec la même intensité qu’à la grande époque, c’est impossible, mais je pense (…) que ce serait bien aussi pour le tennis d’avoir un peu plus de variété en général.
Les courts ne sont plus aussi rapides que ceux que vous avez connus par le passé. Certains aimeraient revenir à des surfaces très rapides. Quel est votre avis ?
Bon, il ne faut pas rendre les courts trop rapides, mais je pense que l’essai en cours ici est une bonne chose. Je pense que c’est bien, de manière générale, d’avoir un peu de variété dans la vitesse des courts, parce que le jeu sera un peu différent si la surface est un peu plus rapide. Évidemment (…), il devient plus difficile de défendre et plus facile de jouer service-volée quand c’est plus rapide.
Shelton, « en train d’assembler les pièces du puzzle »
Et Ben Shelton ? Il a lui aussi disputé une superbe demi-finale, avec un service aussi puissant.
Oh oui, il a énormément de potentiel, et il est en quelque sorte en plein apprentissage pour se hisser tout en haut de la hiérarchie. Disons que c’est un peu comme assembler un puzzle. (…) Il a déjà été menaçant en Grand Chelem, et je suis sûr qu’à un moment donné, il en remportera un, parce qu’il a le jeu, il a la puissance, et (…) il ne lui reste plus qu’à le faire.
Edberg, 30 ans après sa retraite
Le Rolex Paris Masters fête son 40e anniversaire, et n’oublions pas que cela fait 30 ans que vous avez pris votre retraite. Quel regard portez-vous sur l’empreinte que vous avez laissée dans le tennis lorsque vous vous rendez sur les tournois et que vous rencontrez les gens ?
Eh bien, je pense que le tennis s’est développé en tant que sport (…). Et je trouve qu’ils mettent bien l’histoire en valeur, en continuant à associer certains anciens joueurs. C’est peut-être agréable pour les fans les plus âgés de nous voir, vous savez, présents ici en personne pour regarder les matchs, ou encore présentés un peu sur le court aujourd’hui. Cela apporte quelque chose au tennis.