27 octobre 1996 : Le jour où Boris Becker a renversé Pete Sampras lors d’une incroyable finale à Stuttgart

Chaque jour, Tennis Majors remonte le temps pour revenir sur un événement marquant pour la planète tennis. Le 27 octobre 1996, Boris Becker remporte le tournoi de Stuttgart face à Pete Sampras (3-6, 6-3, 3-6, 6-3, 6-4) mettant fin à une série de huit finales consécutives remportées par Sampras depuis octobre 1995.

27 octobre 2021
Boris Becker, 1996

Ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi c’est historique : Boris Becker stoppe Pete Sampras en finale du Masters 1000 de Stuttgart

Ce jour-là, le 27 octobre 1996, quelques semaines avant leur rencontre mythique au Masters, Boris Becker domine Pete Sampras en finale du Masters 1000 de Stuttgart (3-6, 6-3, 3-6, 6-3, 6-4). L’Allemand, qui a remporté l’Open d’Australie au début de l’année, se qualifie ainsi pour le Masters. Pour s’adjuger son 48e titre, Becker met fin à une série de huit finales consécutives remportées par Sampras depuis octobre 1995.

Les acteurs : Boris Becker et Pete Sampras

  • Boris Becker, plus jeune vainqueur de Wimbledon

Boris Becker est né en 1967. En 1985, à 17 ans, l’Allemand devient le plus jeune vainqueur de l’histoire de Wimbledon, en battant Kevin Curren en finale (6-3, 6-7, 7-6, 6-4). Au total, il remporte pas moins de trois titres au All England Club, qui est aussi le théâtre de sa célèbre rivalité avec le Suédois Stefan Edberg. A trois reprises, les deux hommes y croisent le fer en finale, Becker ne l’emportant qu’une fois, en 1989 (6-0 7-6 6-4), bien qu’il mène pourtant largement sur l’ensemble de leurs affrontements. Son service surpuissant lui vaut le surnom de « Boum Boum ». Il est connu pour ses spectaculaires plongeons à la volée. C’est un joueur très expressif qui est capable parfois de « péter les plombs ».

Sa grande époque a lieu entre 1989 et 1991 : pendant cette période, il accumule trois titres du Grand Chelem et atteint la place de numéro 1 mondial le 28 janvier 1991, suite à son triomphe face à Ivan Lendl en finale à Melbourne (1-6, 6-4, 6-4, 6-4). Becker traverse ensuite une période plus difficile et, en 1993, il sort même du top 10 pour la première fois en huit ans. En 1994, il parvient en demi-finales de Wimbledon et remporte le tournoi de Stockholm, où il bat les trois premiers mondiaux à la suite, terminant l’année à la troisième place mondiale.

En 1995, il est finaliste à Wimbledon, battu par Pete Sampras (6-7, 6-2, 6-4, 6-2) et se hisse dans le dernier carré à Flushing Meadows, mais en 1996, il gagne son sixième tournoi du Grand Chelem à Melbourne, aux dépens de Michael Chang (6-2, 6-4, 2-6, 6-4). Après un quatrième triomphe au Queen’s, une blessure au poignet l’éloigne des courts jusqu’à la saison indoor.

Boris Becker, Roland-Garros, 1995
Boris Becker, Roland-Garros, 1995, © Fep / Panoramic
  • Pete Sampras, plus jeune vainqueur de l’US Open

Pete Sampras, né en 1971, domine le tennis des années 1990. Après un premier titre du Grand Chelem conquis à l’US Open 1990 (où il devient le plus jeune vainqueur de l’histoire du tournoi, aux dépens de son éternel rival Andre Agassi, 6-4 6-3 6-2), il devient numéro 1 mondial en avril 1993. Il termine les trois saisons suivantes (1993-1995) à cette place. Son jeu de service-volée est particulièrement efficace sur le gazon du All England Club, où il décroche trois titres consécutifs entre 1993 et 1995,  remportant 25 victoires de suite avant d’être battu par Richard Krajicek, en quarts de finale de l’édition 1996, 7-5 7-6 6-4).

Pete Sampras remporte trois fois l’US Open (1990, 1993, 1995), et une fois l’Open d’Australie (1994). De plus, l’Américain s’impose aussi à deux reprises au Masters (1991, 1994), accumulant un total de 41 titres au long de sa carrière, dont sept Grands Chelems et six Masters 1000. A l’époque, il aurait été sans conteste en course pour devenir le plus grand joueur de tous les temps, malgré une réelle faiblesse sur terre battue :  son meilleur résultat à Roland-Garros est une demi-finale perdue contre Yevgeny Kafelnikov en 1996 (7-6 6-0 6-2), et il n’a remporté qu’un seul titre sur ocre.

Le lieu : Stuttgart

L’Open en salle de Stuttgart a été d’abord créé en 1979, en tant que tournoi du Grand Prix. Le tournoi disparaît en 1981, pour renaître en février 1990 en tant qu’épreuve de la catégorie Championship Series. En 1996, l’Open de Stuttgart remplace Essen dans la catégorie Masters 1000, attirant ainsi 29 des 30 meilleurs mondiaux.

Pete Sampras, Monte-Carlo, 1999
Pete Sampras, Monte-Carlo, 1999, © Buzzi / Panoramic

L’histoire : Becker mate Sampras et remporte le 48e titre de sa carrière

La finale du tournoi de Stuttgart 1996 est un remake de la finale de Wimbledon 1995, entre le numéro 1 mondial Pete Sampras et la star locale, Boris Becker. Tandis que l’Allemand revient tout juste d’une blessure au poignet, l’Américain arrive au bout d’une saison intense. En mai, son entraîneur de longue date, Tim Gullikson, est décédé d’une tumeur au cerveau.

Quelques semaines plus tard, Sampras a réussi son plus beau parcours à Roland-Garros, sans toutefois parvenir à s’y imposer, défait en demi-finales par Yevgeny Kafelnikov (7-6, 6-0, 6-2). Battu à Wimbledon pour la première fois en cinq ans par Richard Krajicek (7-5, 7-6, 6-4), il a sauvé sa saison en remportant l’US Open, aux dépens de Michael Chang (6-1, 6-4, 7-6). 

Malgré la présence de 29 des 30 meilleurs mondiaux à Stuttgart, les deux joueurs arrivent en finale sans perdre le moindre set. Le service de Becker est si affûté qu’il traverse même ses trois premiers tours sans avoir la moindre balle de break à sauver. 

A l’issue d’une véritable démonstration de service-volée, l’Allemand prend le dessus sur le numéro 1 mondial pour la première fois depuis le Masters 1994, après avoir essuyé quatre défaites de rang ((3-6 6-3 3-6 6-3 6-4). Becker, s’appuyant sur le soutien du public, claque 29 aces, mais au bout du compte, ne gagne que deux points de plus que son adversaire (139 à 137).

« Becker est le meilleur joueur en salle que j’ai jamais affronté », a déclaré Sampras en rendant hommage à son rival. « Il est à l’Allemagne ce que Michael Jordan est aux États-Unis. Il n’y a qu’un seul roi en Allemagne et son nom est Boris. »

« Mes muscles étaient endoloris au cinquième set, mais j’ai serré les dents et je me suis accroché », commente Becker, laconique.

La postérité du moment : Becker ne remportera plus de tournoi par la suite

Pete Sampras et Boris Becker s’affronteront à nouveau, quelques semaines plus tard, au Masters, à Hanovre. Lors des matchs de poule, l’Allemand gagnera à nouveau (7-6, 7-6), mais en finale, Sampras s’imposera au terme de l’une des plus belles rencontres de l’histoire du tennis (3-6, 7-6, 7-6, 6-7, 6-4).

Le tournoi de Stuttgart 1996 sera le dernier titre de Becker en Masters 1000. En décembre, le plus jeune vainqueur de l’histoire de Wimbledon gagnera son dernier tournoi à la Coupe du Grand Chelem, aux dépens de Goran Ivanisevic (6-3, 6-4, 6-4).

Sampras restera premier mondial jusqu’à la fin 1998, établissant un record de six années terminées au sommet du classement ATP. Il prendra sa retraite en 2003, quelques mois après avoir remporté son 14e titre du Grand Chelem à l’US Open (un record, à l’époque), en battant son rival de longue date Andre Agassi en finale (6-3, 6-4, 5-7, 6-4).

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