« Maintenant, je peux jouer la gagne dans les quatre tournois du Grand Chelem » : les premiers mots de Zverev en tant que numéro 1 mondial
Le jour où il est devenu numéro 1 mondial, l’Allemand a expliqué que cette saison lui avait appris à jouer sur gazon et qu’il se sentait désormais capable de jouer la gagne dans les quatre tournois du Grand Chelem. Il a aussi parlé de sa forme, de Daniil Medvedev et d’une fête tranquille après la Coupe Davis.
Alexander Zverev, Rolex Paris Masters 2026 | © Baptiste Autissier / PsNewz
Alexander Zverev s’est présenté devant la presse au Rolex Paris Masters lundi, moins pour faire son traditionnel Media Day que pour marquer le jour où il est devenu numéro 1 mondial pour la première fois de sa carrière, à 29 ans. Sacré à Roland-Garros et à l’US Open cette saison, l’Allemand entamera son tournoi au deuxième tour face à Lorenzo Musetti, vainqueur lundi de Hubert Hurkacz 7-6 (3), 7-6 (10). Il a déjà foulé le court ce lundi, après la qualification de Casper Ruud, pour une cérémonie de célébration organisée par la FFT et l’ATP.
Zverev est le 30e joueur à se hisser au sommet du classement ATP depuis sa création en 1973. Il s’est assuré la première place en atteignant les quarts de finale à Vienne la semaine dernière, avant de s’incliner en demi-finales face à Alex de Minaur 6-4, 1-6, 7-6 (4).
Les journalistes présents, dont Tennis Majors, l’ont déjà orienté vers ses objectifs pour 2027. Zverev se sait attendu au tournant, après avoir perdu cette saison tous ses duels contre ses rivaux pour la place, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz.
Zverev sur sa place de numéro 1 mondial
Qu’as-tu ressenti aujourd’hui en voyant ton nom en tête du classement PIF ATP ?
Je n’ai pas encore regardé le classement. Mais c’est un jour spécial, c’est sûr. Je pense que Paris a été assez spécial pour moi cette année, de manière générale. C’est un endroit où j’ai connu beaucoup de hauts et de bas, beaucoup de désillusions. Mais cette année, évidemment, gagner ici mon premier Grand Chelem et devenir numéro 1, c’est un sentiment très particulier.
Tu as désormais les deux. Qu’est-ce qui procure le plus de bonheur : être numéro 1 mondial ou titré en Grand Chelem ?
C’est un sentiment différent. Quand j’ai gagné mon premier Grand Chelem, c’était une autre forme d’émotion, parce que j’ai pu penser que je n’y arriverais peut-être jamais. J’avais connu beaucoup de désillusions, beaucoup de moments difficiles, beaucoup de finales perdues, donc y arriver enfin, c’était un sentiment différent. C’est le plus grand soulagement que j’aie jamais ressenti dans ma carrière.
Mais les deux trophées sont spéciaux, chacun à sa manière, et différents. Un Grand Chelem, c’est le plus grand tournoi qu’on puisse gagner au tennis. Pour moi, les Jeux olympiques font aussi partie des plus grands trophées qu’on puisse gagner (il les a gagnés en 2021, ndlr). Mais pour celui-ci, il faut réaliser la meilleure saison sur une année entière. C’est donc un sentiment complètement différent, mais spécial aussi.
Les objectifs de Zverev : Sinner, Alcaraz et les quatre tournois du Grand Chelem
Maintenant que tu es numéro 1 avec deux titres du Grand Chelem, reste-t-il quelque chose à prouver l’an prochain ? Par exemple, battre plus souvent Jannik Sinner et Carlos Alcaraz ?
Bien sûr. J’ai fait une très belle saison, et j’en suis très content : les deux Grands Chelems, la place de numéro 1, tout ça a beaucoup de valeur. Mais évidemment, il y a encore tellement de choses que je veux accomplir. Je pense que c’est très important, dans n’importe quel sport comme dans la vie de chacun, de se fixer des objectifs, et c’est clairement mon cas.
J’ai hâte que les deux joueurs cités soient de nouveau en bonne santé, qu’ils jouent pleinement, et de me mesurer à eux. J’ai hâte de relever ce défi aussi.
Pourrais-tu être plus précis sur tes objectifs pour l’an prochain ?
Rivaliser avec eux en est un. Mais j’ai maintenant un autre objectif : j’ai le sentiment que cette année, pour la première fois de ma vie, j’ai su jouer sur gazon. Avant, je ne savais pas quoi faire sur cette surface. Donc je sens vraiment que je peux jouer la gagne dans les quatre tournois du Grand Chelem, et bien sûr, si je pouvais en gagner quelques-uns de plus, ce serait formidable.
Zverev sur sa forme après Shanghai et Vienne
Tu disais être fatigué à Shanghai, et la semaine dernière, beaucoup attendaient une finale contre Carlos Alcaraz à Vienne. Comment juges-tu ta forme, mentale et physique ?
Je me sens bien. À Shanghai, oui, j’étais fatigué, ma batterie était à plat, j’étais vidé. Ensuite, j’ai pris une semaine de repos, ce qui m’a beaucoup aidé. Je n’ai pas joué au tennis pendant une semaine. Et je me sens bien, avec un bon niveau d’énergie.
En fait, je me sentais bien à Vienne aussi. Je pense que les conditions étaient un peu difficiles pour moi, et Alex a joué un match phénoménal contre moi, donc chapeau à lui pour m’avoir dominé. Mais physiquement, je me sentais bien, et j’anticipe que je pourrai bien jouer au cours des prochaines semaines.

Mais maintenant, j’ai l’impression que chaque jour, le travail continue. À Vienne, je me suis assuré la place de numéro 1 et le lendemain, je devais jouer.
Avec Stefanos Tsitsipas qui hausse son niveau, et Daniil Medvedev aussi, penses-tu que cette génération fait, en quelque sorte, son retour au sommet ?
Je pense que Daniil n’est jamais parti. Il a eu une saison pas terrible l’an dernier, où il a fini quoi, 9e mondial ? Donc oui, je pense qu’il n’est jamais parti. Il est de nouveau dans le top 5, et je pense qu’il va y rester. Donc je ne pense pas que son niveau ait vraiment faibli.
Je pense que Stefanos a eu un peu plus de problèmes, mais je pense qu’il peut aussi encore pratiquer un très grand tennis. Il faut faire attention quand on dit que des joueurs ont baissé ou régressé, parce que je pense qu’on a oublié à quel point Daniil est fort et les résultats qu’il peut obtenir. Je n’ai que du respect pour lui, et je pense qu’il fera aussi de grandes choses dans le tennis au cours des quatre ou cinq prochaines années.
Zverev sur les messages reçus et la fête de la place de numéro 1
As-tu reçu un message de félicitations inattendu ?
« Inattendu » ? Question difficile. Dans le monde du tennis, j’ai reçu un message de tout le monde. La famille du tennis est très soudée, donc quand quelqu’un accomplit quelque chose de grand, on aime toujours le féliciter. Moi aussi, je félicite toujours tout le monde. Ce que je n’attendais pas ? Des athlètes d’autres sports, des responsables politiques allemands… J’ai aussi reçu des messages de ce type.
As-tu eu le temps de fêter ça, ou tout attendra-t-il la fin des ATP Finals ?
C’est pour ça que je dis que c’est différent d’un Grand Chelem. En Grand Chelem, la semaine s’arrête, on sait qu’on a gagné, on peut fêter, on peut être heureux. Mais là, j’ai l’impression que chaque jour, il faut retourner au boulot. À Vienne, je me suis assuré la place de numéro 1 et le lendemain, je devais jouer. Ici aussi, je joue après-demain, donc je ne vais pas trop fêter ici.
Je pense que tout se fera après la Coupe Davis. Mais ce sera une fête tranquille, parce que je pars aux Maldives avec toute la famille. Ce sera donc une autre façon de fêter ça.