12 janvier 1980 : le jour où Vitas Gerulaitis a prononcé cette célèbre phrase : « personne ne bat Vitas Gerulaitis 17 fois d’affilée »

Le 12 janvier 1980, après avoir battu Jimmy Connors en demi-finale du Masters (7-5, 6-2), Gerulaitis prononce l’une des phrases les plus célèbre de l’histoire du tennis : « Et que cela vous serve de leçon à tous : personne ne bat Vitas Gerulaitis 17 fois d’affilée. »

Vitas Gerulaitis On this day 12.01.2021

Ce qu’il s’est passé ce jour-là : La fin d’une longue série de défaites

Ce jour-là, le 12 janvier 1980, après avoir battu Jimmy Connors en demi-finale du Masters (7-5, 6-2), Gerulaitis prononce l’une des phrases les plus célèbre de l’histoire du tennis : « Et que cela vous serve de leçon à tous : personne ne bat Vitas Gerulaitis 17 fois d’affilée. » En effet, Gerulaitis avait perdu ses 16 derniers affrontements avec l’ancien n°1 mondial. Au cours de cette partie, Connors fait preuve d’un fair-play assez inhabituel en rendant à son adversaire un point qui lui aurait assuré le gain de la première manche.

Les personnages :

Vitas Gerulaitis, le playboy

Vitas Gerulaitis, né à New York en 1954, remporte le premier de ses quinze titres à Vienne, aux dépens d’Andrew Pattison (6-3, 3-6, 6-4, 6-2). En 1977, sa carrière prend une nouvelle dimension lorsqu’il remporte son tournoi le plus important à ce jour, l’Open de Monte-Carlo (battant en finale Antonio Zugarelli, 6-2, 7-6, 3-6, 7-6). Le « Lion Lituanien » se hisse jusqu’à la 3e place en mars 1978, après une grande saison 1977, au cours de laquelle il remporte son premier et unique titre du Grand Chelem, à l’Open d’Australie, aux dépens de John Lloyd (6-3, 7-6, 5-7, 3-6, 6-2). Quelques mois auparavant, il avait atteint les demi-finales de Wimbledon, où il s’était incliné face à Bjorn Borg à l’issue de l’un des plus beaux matchs de l’histoire du tournoi (6-4, 3-6, 6-3, 3-6, 8-6). Gerulaitis atteint ensuite la finale de l’US Open 1979 (défait par John McEnroe, 7-5, 6-3, 6-3. L’Américain est célèbre pour sa personnalité en-dehors du court. D’après The Independant, « personne n’a autant contribué à faire du tennis le sport le plus à la mode ». ‘Broadway Vitas’, playboy ultime du tennis, sort avec des actrices et des mannequins, joue dans un groupe de rock, fait la fête jusqu’au petit matin. » Gerulaitis est aussi réputé pour son sens du l’humour : « Si je pouvais avoir autant de succès sur le court que j’en ai en-dehors, je serais numéro 1 mondial, » dit-il lui-même, avant d’avoir triomphé en Grand Chelem. 

Jimmy Connors, le champion

Jimmy Connors, né en 1952, est l’un des plus grands joueurs de son temps. Coaché depuis toujours par sa mère, Gloria, Connors est l’un des premiers joueurs à jouer à plat et en cadence depuis la ligne de fond de court. Sa manière de frapper la balle montante inspirera beaucoup les futures générations de joueurs. « Jimbo », passé pro en 1972 à vingt ans, devient numéro 1 mondial dès 1974. Cette année-là, il gagne trois des quatre tournois du Grand Chelem, mais il est interdit de participation à Roland-Garros, le quatrième tournoi, en raison d’une procédure judiciaire qu’il a lancée contre l’ATP. Il reste numéro 1 mondial pendant une durée record de 160 semaines consécutives, entre 1974 et 1977. Après avoir cédé son trône à Bjorn Borg le 23 août 1977, pour une semaine seulement (!), il le récupère pour 84 semaines supplémentaires, jusqu’au printemps 1979. Il a pour l’instant décroché cinq titres du Grand Chelem : l’Open d’Australie (1974), Wimbledon (1974) et l’US Open (1974, 1976, 1978). 

En 1979, Connors n’a pas obtenu des résultats comparables à ceux de ses grandes années. Pour la première fois depuis 1973, il n’a pas atteint une seule finale de Grand Chelem, mais il est tout de même encore classé 3e mondial.

Le lieu : New York

Créé en 1970, le Masters de fin d’année regroupe les huit meilleurs joueurs mondiaux. Le tournoi change initialement de lieu chaque année, et s’installe à New York, au Madison Square Garden, en 1977. Dans cette salle, “la plus célèbre du monde”, le Masters devient bien plus qu’un simple tournoi de tennis, il devient un véritable spectacle. Lors de cette première édition, les billets sont tous vendus longtemps à l’avance, avec plus de 18 500 spectateurs se pressant dans les gradins. Le directeur du tournoi, Ray Benton, a déplacé l’épreuve au mois de janvier afin d’éviter d’être en concurrence avec le football américain, et, dans l’attente du Super Bowl, le Masters de tennis est le principal événement de tennis aux États-Unis cette semaine-là.

L’histoire :

Lorsque Vitas Gerulaitis affronte Jimmy Connors en demi-finale du Masters 1979, qui a lieu au mois de janvier 1980, c’est peu dire qu’il ne part pas favori. La superbe performance qu’il a livrée en match de poules pour battre John McEnroe (3-6, 7-6, 7-6) pèse peu face aux 16 défaites consécutives qu’il a subies contre Connors.

Dans un premier temps, il semble bien que Connors n’ait pas l’intention de relâcher son emprise sur Gerulaitis, puisqu’il se détache 5-3. Lors de ce neuvième jeu, une certaine confusion s’installe en raison de multiples « overrules », et, après que Gerulaitis a écarté une première balle de set, Connors s’en procure une seconde, que le New Yorkais sauve en claquant un ace. Cet ace est annoncé faute bien tardivement par le juge de ligne, mais, lorsque Gerulaitis passe son deuxième service, Connors se contente de pousser la balle de l’autre côté du filet et marche vers le côté des égalités, livrant ainsi le point à son adversaire qui, malgré la surprise, parvient à renvoyer la balle. Il s’avèrera en conférence de presse qu’avec toutes les erreurs accumulées par les juges de ligne au cours de ce jeu, Gerulaitis n’a même pas réalisé qu’il s’agissait d’une balle de set. « C’était une balle de set ? » demandera-t-il aux journaliste, d’après le New York Times« Je pense qu’il savait que mon ace était bon, alors il m’a donné le point. »

« J’en avais assez de ces conneries », expliquera quant à lui Connors, ajoutant qu’il s’était trouvé « coincé entre l’indécision des arbitres » et son désir d’être juste envers Gerulaitis.

Connors ne tire aucun bénéfice de cet acte de fair-play plutôt inhabituel, puisque Gerulaitis gagne les quatre jeux suivants pour empocher la manche, 7-5, avant de breaker son adversaire à deux reprises pour s’imposer 7-5, 6-2.

Lors de la conférence de presse qui suit la rencontre, le Lion Lituanien prononce une phrase qui fera date dans l’histoire du tennis :

« Et que cela vous serve de leçon, à tous. Personne ne bat Vitas Gerulaitis 17 fois d’affilée. »

La postérité du moment

Après cette grande victoire contre Connors, Gerulaitis affrontera un joueur qu’il n’avait encore jamais battu en 11 rencontres, le légendaire Suédois Bjorn Borg. Cette fois, il n’y aura pas de miracle, Borg s’imposera 6-2, 6-2. « Il y a Bjorn Borg, et puis il y a les autres », commentera Gerulaitis.

Gerulaitis remportera cinq matches consécutifs contre Connors, mais il ne battra jamais Borg. D’ailleurs, le Suédois contredira l’affirmation faite par l’Américain en 1980 : selon les statistiques de l’ATP, il dominera bien Gerulaitis 17 fois sans jamais s’incliner.

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