13 septembre 2010 : Le jour où Nadal réalise le Grand Chelem en carrière et entre dans l’histoire

Rafael Nadal est le plus jeune joueur de l’Ère Open à réaliser le Grand Chelem en carrière, et il n’est que le troisième, après Agassi et Federer, à s’imposer sur les quatre surfaces différentes. L’Espagnol devient l’un des plus grands joueurs de tous les temps.

Nadal OTD

Ce qui s’est passé ce jour-là : dans la légende

Ce jour-là, le 13 septembre 2010, Rafael Nadal, en battant Novak Djokovic en finale de l’US Open (6-4, 5-7, 6-4, 6-2), accomplit le Grand Chelem en carrière, à l’âge de 24 ans. Il est le plus jeune joueur de l’Ère Open à réaliser cet exploit, et il n’est que le troisième joueur, après Andre Agassi et Roger Federer, à y parvenir en s’imposant sur quatre surfaces différentes. Ce jour-là, il n’assure pas seulement sa place de premier mondial avec un troisième succès majeur en 2010. Il devient aussi l’un des plus grands joueurs de tous les temps.

Nadal - US Open - 2010

Les joueurs

Nadal : il n’a encore jamais atteint la finale de l’US Open

En septembre 2010, Rafael Nadal n’a que 24 ans. Mais ses exploits lui ont déjà garanti un chapitre dans les livres d’histoire du tennis. Ses statistiques sur terre battue sont incroyables. Presque invincible sur sa surface de prédilection, il a remporté Roland-Garros dès sa première participation (aux dépens de Mariano Puerta, 6-7, 6-3, 6-1, 7-5), et depuis, il a triomphé à quatre autres reprises à Paris, en 2006, 2007, 2008 et 2010, affichant 38 victoires pour seulement une défaite.

En-dehors de Robin Soderling, qui l’a éliminé en huitièmes de finale en 2009 (6-2, 6-7, 6-4, 7-6), personne n’a réussi prendre plus d’un set à Nadal à Roland-Garros. Il détient également un record de 81 victoires consécutives sur terre, surface sur laquelle il a remporté un total de 29 tournois. Par ailleurs, suite à son deuxième succès en Grand Chelem, il a fait évoluer son jeu, le rendant plus agressif afin d’être plus à l’aise sur surfaces rapides.

Vaincu par Roger Federer en finale de Wimbledon en 2006 et en 2007, il s’impose finalement au All England Club en 2008, venant à bout de son rival suisse à l’issue de l’un des plus beaux matches de tous les temps (6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7). Il devient numéro 1 mondial pour la première fois, mettant fin au règne de Federer, long de 237 semaines. En 2009, il gagne un premier tournoi du Grand Chelem sur dur, à l’Open d’Australie, où il se sort d’une demi-finale de cinq heures contre Fernando Verdasco (6-7, 6-4, 7-6, 6-7, 6-4) avant de batailler pendant cinq sets pour battre Federer en finale (7-5, 3-6, 7-6, 3-6, 6-2).

Les blessures le minent pendant les douze mois suivants, mais il revient plus fort que jamais en 2010, prenant sa revanche sur Soderling en finale de Roland-Garros (6-4, 6-2, 6-4) avant de remporter Wimbledon pour la deuxième fois, écartant en finale Tomas Berdych (6-3, 7-5, 6-4). Capable de gagner sur n’importe quelle surface, il est maintenant en quête du dernier tournoi du Grand Chelem manquant à son palmarès : l’US Open, où il n’a encore jamais atteint la finale.

Djokovic : un seul Grand Chelem au palmarès

Novak Djokovic est né en 1987. Il entre dans le top 100 en 2005, saison qu’il termine à la 83e place mondiale. En 2006, il fait parler de lui lorsque, classé 63e mondial, il atteint les quarts de finale de Roland-Garros après avoir éliminé le 9e mondial Fernando Gonzalez au deuxième tour. Sa carrière décolle en 2007 : il se hisse en demi-finales à Roland-Garros et à Wimbledon (arrêté à chaque fois par Rafael Nadal) avant de se tailler un chemin jusqu’en finale de l’US Open où il est vaincu par Roger Federer (7-6 7-6 6-4).

Début 2008, il triomphe pour la première fois en Grand Chelem, à l’Open d’Australie, aux dépens de Jo-Wilfried Tsonga (4-6 6-4 6-3 7-6). Depuis, Djokovic reste à la troisième place, atteignant régulièrement les derniers tous des épreuves majeures où il bute sans cesse sur Federer et Nadal qui l’empêchent d’ajouter de nouveaux grands titres à son palmarès : l’Espagnol l’élimine en demi-finale de Roland-Garros en 2008 (6-4, 6-2, 7-6), tandis que le Suisse le stoppe à deux reprises en demi-finale de l’US Open, en 2008 et 2009. En septembre 2010, Djokovic a déjà remporté 17 tournois sur le circuit, dont un Grand Chelem, le Masters 2008 (aux dépens de Nikolay Davydenko, 6-1, 7-5) et cinq Masters 1000.

Le lieu : Flushing Meadows

L’US Open (appelé US Nationals avant 1968 et le début de l’Ère Open) a été créé en 1881. Bien qu’il soit le seul Grand Chelem à avoir été disputé sans la moindre interruption depuis ses débuts, le tournoi a changé de site à plusieurs reprises au fil des ans. Les premières éditions se déroulent sur les courts en herbe du Casino de Newport, à Rhode Island, puis, en 1915, l’épreuve s’installe à New-York, au West Side Tennis Club, dans le quartier de Forest Hills,  jusqu’en 1977 (avec une parenthèse de 1921 à 1923, où les joueurs s’affrontent à Philadelphie). De 1975 à 1977, le tournoi se dispute sur terre battue.

En 1978, l’US Open quitte le West Side Tennis Club, désormais trop petit pour accueillir un événement d’une telle importance, pour l’USTA National Tennis Center, situé à Flushing Meadows, à New-York. Par la même occasion, le tournoi se dispute à présent sur surface dur. Le Tennis Center est l’un des plus grands complexes de tennis au monde et son court central est le Stade Louis Armstrong, d’une capacité de 14 000 places. En 1997, un nouveau court central, le Stade Arthur Ashe, est inauguré. Avec ses 23,000 places, c’est le plus grand terrain de tennis au monde.

L’histoire : si jeune et déjà au sommet

La finale de l’US Open 2010 voit s’affronter deux joueurs en mission. Rafael Nadal, numéro 1 mondial, est déterminé à s’imposer à Flushing Meadows pour boucler le Grand Chelem en carrière, à l’âge de 24 ans. Novak Djokovic, 3e mondial à 23 ans, n’a pas réussi à remporter un deuxième titre du Grand Chelem après son succès à l’Open d’Australie 2008. Il veut à tout prix confirmer son potentiel et viser ainsi la place de premier mondial.

L’US Open est alors le tournoi qui réussit le moins bien à Nadal. Il y a connu plusieurs défaites précoces, et bien qu’il soit parvenu à deux reprises dans le dernier carré, Juan Martin del Potro l’avait détruit lors des demi-finales en 2009 (6-2, 6-2, 6-2). Toutefois, il semble plus fort que jamais en 2010, après avoir réalisé le doublé Roland-Garros-Wimbledon. Son service est bien plus rapide qu’avant, ce qui le rend moins vulnérable sur les courts en dur de Flushing Meadows. D’ailleurs, il s’est hissé en finale sans perdre un seul set.

Djokovic n’apparaît pas aussi confiant. Après une saison 2009 décevante, il est loin d’avoir atteint ses objectifs en 2010. Ne remportant qu’un seul tournoi, son meilleur résultat jusqu’à présent reste une demi-finale atteinte à Wimbledon, perdue face à Tomas Berdych (6-3, 7-6, 6-3). Poussé à disputer cinq sets au premier tour par son compatriote serbe Viktor Troicki (6-3, 3-6, 2-6, 7-5, 6-3), il ne rencontre ensuite que peu de résistance jusqu’à ses retrouvailles avec Roger Federer en demi-finale. Il finit par dominer le Suisse à l’issue d’un combat homérique au cours duquel il sauve deux balles de match (5-7, 6-1, 5-7, 6-2, 7-5).

Rafael Nadal - US Open - 2010

« C’est plus que ce dont j’avais jamais rêvé »

Le Serbe est déterminé à tout donner pour faire vaciller Nadal, et met en place un plan de jeu agressif, mais l’Espagnol tient le choc, grâce à sa fantastique couverture de terrain. Les deux joueurs se lancent dans des échanges à couper le souffle, mais Nadal se procure plus de balles de break. C’est d’ailleurs la clé de cette finale : alors que le gaucher a indiscutablement progressé au service au cours des mois précédents, Djokovic se démène avec des problèmes techniques depuis 2009, ce qui le met souvent en danger.

A l’arrivée, c’est Nadal qui prend le dessus en quatre sets (6-4, 5-7, 6-4, 6-2) après 3 heures et 42 minutes de bagarre.

« C’est plus que ce dont j’avais jamais rêvé » : C’est avec des mots aussi simples que l’Espagnol, qui vient de réaliser le Grand Chelem en carrière, décrit ses sentiments après la victoire. Son oncle et coach, Toni, se montre plus bavard, selon le New York Times. 

« Au-delà de la victoire, ce qui m’apporte beaucoup de satisfaction c’est de voir à quel point il a progressé sur surface rapide », déclare Toni Nadal. « C’est un objectif que nous avions en tête sans savoir si nous allions y parvenir. Mais il retourne mieux, il sert mieux et il est plus près de sa ligne. Son revers slicé est bien meilleur. A l’arrivée, c’est satisfaisant de voir tout ça. »

Postérité du moment : une rivalité

Bien qu’à ce moment, il semble que personne ne soit en mesure de contester la domination de Nadal, tout changera radicalement en 2011. Novak Djokovic prendra les commandes du circuit : le Serbe remporte tous les tournois majeurs à l’exception de Roland-Garros. Au cours des années suivantes, leur rivalité atteindra des sommets et deviendra l’une des plus grandes de tous les temps : en 2020, ils seront affrontés à 55 reprises, le Serbe menant 29-26. Nadal détiendra 19 titres du Grand Chelem, et Djokovic 17.

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