17 avril 2005 : Le jour où Nadal a gagné Monte-Carlo pour la première fois

Rafael Nadal a remporté son tout premier titre en Masters 1000 le 17 avril 2005, à Monte-Carlo, en dominant Guillermo Coria en finale. Le début d’une incroyable période de domination du Majorquin sur terre battue.

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Ce qu’il s’est passé ce jour-là : Un premier grand titre pour Nadal

Le 17 avril 2005, Rafael Nadal, âgé de 18 ans, remporte son premier Masters 1000, à Monte-Carlo. Classé 17e mondial, il domine le tenant du titre Guillermo Coria, l’un des meilleurs joueurs de terre battue au monde. Cette victoire lui permet de s’approcher aux portes du Top 10 (N.11) et fait de lui un sérieux prétendant au titre pour Roland-Garros. Elle marque aussi le début de la plus grande domination qu’un joueur ait jamais exercé sur terre battue, l’Espagnol établissant par la suite un incroyable record de 13 titres à Roland-Garros.

Les acteurs : La pépite Nadal contre Coria, le “roi de la terre battue” de l’époque

En avril 2005, lorsque débute le tournoi de Monte-Carlo, le jeune Rafael Nadal n’a que 18 ans. Mais il s’est déjà imposé sur le circuit comme une menace à l’ordre établi. En 2002, âgé de 15 ans, 10 mois et 26 jours, il fait sa première apparition sur le circuit principal, comme invité dans le tableau principal par le directeur de l’Open de Majorque. Devant son public, le 762e joueur mondial dispute son premier match ATP et se permet même de le gagner, en battant le 81e joueur mondial, Ramon Delgado, en deux sets (6-4, 6-4). Un an plus tard, au Masters 1000 de Monte-Carlo, Nadal bat le tenant du titre de Roland-Garros, Albert Costa (7-5, 6-3), avant d’atteindre le troisième tour de Wimbledon (éliminé par Paradorn Srichaphan, 6-4, 6-4, 6-2). En 2004, il élimine le nouveau N.1 mondial, Roger Federer, au Masters 1000 de Miami (6-4, 6-4) et participe à la victoire espagnole en Coupe Davis en battant le N.2 mondial, Andy Roddick, lors de la finale contre les États-Unis (6-2, 6-7, 7-6, 6-2).

En août, il remporte son premier tournoi ATP, à Sopot, en battant Jose Acasuso en finale (6-3, 6-4). Il commence l’année 2005 en atteignant les huitièmes de finale de l’Open d’Australie (battu par Lleyton Hewitt, 7-5, 3-6, 1-6, 7-6, 6-2), avant de décrocher deux titres consécutifs sur terre battue en Amérique du Sud (à Costa do Sauipe et Acapulco). Ensuite, au Masters 1000 de Miami, il se hisse en finale où, à l’étonnement général, il se détache deux manches à rien face à Federer, avant de voir le n°1 mondial remonter et lui damer le pion (2-6, 6-7, 7-6, 6-3, 6-1). Il est à présent 17e mondial.

En 2005, Guillermo Coria, âgé de 23 ans et classé à la 11e place mondiale, est considéré comme l’un des meilleurs joueurs de terre battue du circuit. Son début de carrière est marqué par une suspension de 7 mois pour dopage, en 2001, qui lui a même valu le surnom de “Nandrolino” dans la presse hispanophone. Néanmoins, il parvient à revenir et il se révèle réellement au plus haut niveau en 2003. Cette année-là, Coria atteint la finale de l’Open de Monte-Carlo (battu par Juan Carlos Ferrero, 6-2, 6-2), mais il remporte également son premier titre en Masters 1000 à Hambourg (en battant Agustin Calleri en finale, 6-3, 6-4, 6-4), avant d’atteindre la demi-finale à Roland-Garros (éliminé par Martin Verkerk, 7-6, 6-4, 7-6). Sa carrière atteint son apogée en 2004, lorsqu’il triomphe à Monte-Carlo (en battant Rainer Schüttler en finale, 6-2, 6-1, 6-3). À cette époque, Coria est même appelé “le roi de la terre battue” par certains experts, et atteint la finale de Roland-Garros, où il s’incline à l’issue d’une finale dramatique contre Gaston Gaudio, où il perd une avance de deux sets et deux balles de match (0-6, 3-6, 6-4, 6-1, 8-6). Il n’en reste pas moins un sérieux prétendant au titre de Roland-Garros 2005. Surnommé “El Mago” (“le Magicien”), son jeu est basé sur un jeu de jambes incroyable, un jeu de fond de court solide et un toucher exceptionnel.

Le lieu : Le Monte-Carlo Country Club

Situé en haut du Rocher de Monaco, avec une vue unique sur la mer Méditerranée, le Monte-Carlo Country Club accueille depuis 1928 l’un des plus anciens tournois internationaux de tennis. Il est généralement considéré comme le lancement de la saison sur terre battue, et il fait désormais partie de la catégorie des Masters 1000. Au palmarès du tournoi, on trouve de nombreuses terreurs de la terre battue, comme Bjorn Borg, Guillermo Vilas, Ivan Lendl, Mats Wilander, Sergi Bruguera ou encore Gustavo Kuerten.

Monte-Carlo

L’histoire : La tornade Nadal finit par emporter Coria

En 2005, à Monte-Carlo, le jeune Rafael Nadal est la principale attraction du tournoi. Le gaucher de 18 ans s’est déjà fait connaître par quelques victoires marquantes ces dernières années. Mais il est en train de changer de dimension. Il n’est plus un nouveau venu sur le circuit. Il a déjà remporté deux titres ATP en 2005 et la semaine précédente, au Masters 1000 de Miami, il est passé tout près de battre le N.1 mondial, Roger Federer, en finale. Nadal est désormais 17e mondial, et ceux qui l’ont vu martyriser le Suisse sur sur avec son lift incroyable sont impatients de le voir à l’œuvre sur terre battue.

Le Majorquin produit un niveau de tennis impressionnant tout au long de la semaine. Mais il doit batailler ferme pour venir à bout d’un Richard Gasquet très inspiré, à l’issue d’une demi-finale très intense (6-7, 6-4, 6-3), et son adversaire Guillermo Coria est l’un des meilleurs joueurs de terre battue de ces trois dernières années. Ainsi, lorsque Nadal entre sur le court central, vêtu de son débardeur orange, il est difficile de dire qui est le favori : le plus jeune ou le plus expérimenté ?

Au début, l’Argentin semble prendre l’avantage. Grâce à ses amorties, il fait le break et se détache 3-1. Mais il perd beaucoup d’énergie à contrôler le terrible lift de Nadal et bientôt, il commence à commettre plus d’erreurs qu’à son habitude. Le monde du tennis découvre les dégâts que le jeune Nadal peut faire avec son coup droit gaucher et son incroyable endurance. Il tourne autour de son revers autant que possible pour harceler Coria sur son propre revers, et il semble presque impossible de lui infliger le moindre coup gagnant. Nadal prend les devants, 6-3, 6-1. Il est victime d’un passage à vide dans le troisième set, qu’il perd 6-0, commettant de nombreuses fautes directes.

Comme un prélude au formidable combat que les deux joueurs se livreront quelques semaines plus tard à Rome, le quatrième set est fait de longs échanges du fond de court, interrompus de temps à autre par les amorties de Coria. Mais Nadal est partout, débordant d’énergie et hurlant son désormais célèbre “Vamooos” après chaque rallye gagné. Il mène 4-1, deux doubles balles de break, mais Coria n’a aucune intention de baisser les bras, et se met à jouer de manière plus agressive, alors que Nadal est peut-être un peu plus tendu. Se battant sur chaque point, l’Argentin parvient à conserver son service et à revenir à 4-4.

Rafael Nadal vs Guillermo Coria, Monte-Carlo final, 2005

Mais il en faut plus pour décontenancer Nadal qui se met à frapper la balle encore plus fort et ne concède aucun point facile à son adversaire. Enfin, un dernier coup droit gagnant scelle sa victoire : Nadal est le nouveau champion de Monte-Carlo. Ce que personne ne sait à ce moment-là, c’est qu’il y conservera son titre jusqu’en 2013, remportant le titre 8 fois de suite à l’issue d’une série de 46 victoires.

La postérité du moment : Nadal lancé pour de bon, le début de la fin pour Coria

La semaine suivante, Nadal restera invaincu à Barcelone, venant à bout de Juan Carlos Ferrero en finale (6-1, 7-6, 6-3), et intègrera le Top 10 pour la première fois. A Rome, débordant de confiance, il continuera sa série victorieuse, dominant en finale Guillermo Coria à l’issue de la plus longue finale jamais disputée sur le circuit ATP (6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6). Ces résultats incroyables feront de lui le favori à l’occasion de sa première participation à Roland-Garros. Cette nouvelle pression ne perturbera pas Nadal, qui remportera le tournoi dès son coup d’essai, écartant au passage Roger Federer en demi-finale (6-3, 4-6, 6-4, 6-3) puis Mariano Puerta en finale (6-7, 6-3, 6-1, 7-5). Il ne sera battu sur sa surface de prédilection que le 20 mai 2007, lorsque Federer parviendra enfin à la battre sur terre (2-6, 6-2, 6-0).

Guillermo Coria, deuxième favori après Nadal à Roland-Garros, y tombera dès les huitièmes de finale contre Nikolay Davydenko (2-6, 6-3, 7-6, 6-2). Il ne gagnera plus jamais un match à Roland-Garros. Plus tard en 2005, il atteindra encore les huitièmes de finale à Wimbledon (défaite contre Andy Roddick, 6-3, 7-6, 6-4) et les quarts de finale à l’US Open (battu par Robby Ginepri, 4-6, 6-1, 7-5, 3-6, 7-5). En septembre, il croisera une troisième fois la route de Nadal en finale de Pékin et l’Espagnol s’imposera à nouveau (5-7, 6-1, 6-2). À partir de cette époque, suite à une blessure à l’épaule, Coria rencontrera des problèmes avec son service, servant parfois jusqu’à vingt doubles fautes par match. Ces problèmes l’empêcheront d’être performant au plus haut niveau et ruineront la suite de sa carrière. Après 2005, il ne participera plus qu’à trois tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie et l’US Open en 2006, et Roland-Garros en 2008, son meilleur résultat étant un troisième tour à Melbourne. Il annoncera sa retraite en 2009.

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