11 avril 1993 : le jour où Pete Sampras a signé sa place de numéro un mondial à Tokyo

Le 11 avril 1993, Pete Sampras remporte le tournoi de Tokyo avec panache pour marquer son accession à la place de numéro un mondial. Mais il lui faudra attendre sa victoire à Wimbledon pour s’en sentir digne.

Ce qui s’est passé exactement le 11 avril 1993 : Sampras gagne à Tokyo n°1 mondial

Ce jour-là, le 11 avril 1993, Pete Sampras domine Brad Gilbert en finale de l’Open du Japon, à Tokyo (6-2, 6-2, 6-2), pour devenir n°1 mondial dès le lendemain, pour la première fois de sa carrière, avec la manière. Le plus jeune vainqueur de l’histoire de l’US Open (19 ans), bien qu’il n’ait plus remporté de Grand Chelem depuis son succès à Flushing Meadows en 1990, a cumulé pas moins de sept titres au cours des douze derniers mois, dont l’Open de Miami, quelques semaines auparavant.

Les acteurs : Pete Sampras et Brad Gilbert

• Sampras, le jeune loup qui doit confirmer

Pete Sampras est né en 1971. Bien qu’il fasse partie de la génération dorée américaine, avec Agassi, Chang et Courier, il est le dernier d’entre eux à atteindre le plus haut niveau. Fin 1989, alors que ses rivaux ont tous déjà remporté des titres et réalisé des performances remarquables en Grand Chelem, Sampras n’est que 81e mondial. En novembre de la même année, Ivan Lendl, alors numéro 1 mondial, l’invite chez lui pour s’entraîner avec lui pendant dix jours : le jeune Américain réalise alors l’investissement nécessaire pour devenir un champion.

Six mois plus tard, il entre dans le top 20 après avoir remporté ses deux premiers titres à Philadelphie et à Manchester. En septembre 1990, il surprend tout le monde en devenant le plus jeune joueur à avoir jamais triomphé à l’US Open, en battant Agassi en finale (6-4, 6-3, 6-2). Grâce à cette grande victoire, il entre dans le top 10, mais au premier semestre 1991, Sampras peine à confirmer son nouveau statut.

Il subit plusieurs grandes déceptions, comme notamment ses deux défaites en finale de la Coupe Davis 1991 (contre les Français Henri Leconte et Guy Forget), et une cruelle défait en finale de l’US Open contre Stefan Edberg (3-6, 6-4, 7-6, 6-2). Il dira plus tard que cet échec lui a fait réaliser qu’être le numéro 2 ne pourrait jamais le satisfaire. Au début de l’année 1993, il est en grande forme, mais à l’Open d’Australie, il est à nouveau battu par Edberg (7-6, 6-3, 7-6). Après avoir triomphé à Sydney et à Miami, il est n° 2 mondial au début du mois d’avril, juste derrière Jim Courier.

• Brad Gilbert, ex-n°4 mondial

L’Américain Brad Gilbert est né en 1961, il a désormais dépassé la trentaine. Il passe pro en 1982, et remporte quelques mois plus tard à Taipei son premier titre (aux dépens de Craig Wittus, 6-1, 6-4). Contrairement à la plupart des joueurs de son temps, Gilbert ne dispose pas de grands coups d’attaque, et l’essentiel de son jeu repose sur son sens tactique. Bien qu’il ait réussi à se hisser à la 4e place mondiale au début 1990, après avoir gagné cinq tournois en 1989, ses meilleurs résultats en Grand Chelem restent deux quarts de finale, à l’US Open 1987 (battu par Jimmy Connors, 4-6, 6-3, 6-4, 6-0) et à Wimbledon 1990 (battu par Boris Becker, 6-4, 6-4, 6-1).

Brad Gilbert a également obtenu une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988, après avoir été éliminé en demi-finale par son compatriote Tim Mayotte (6-4, 6-4, 6-3). En septembre 1990, il remporte le vingtième et dernier titre de sa carrière, à Brisbane, en battant Aaron Krickstein en finale (6-3, 6-1), et au mois d’avril 1993, il pointe au 32e rang mondial.

Le lieu : l’Ariake Coliseum de Tokyo

L’Open du Japon, créé en 1973, se déroule au Ariake Tennis Forest Park, situé à Tokyo. Son court central, l’Ariake Coliseum, construit entre 1985 et 1987, peut accueillir 10.000 spectateurs. La première édition du tournoi a été remportée par la légende australienne Ken Rosewall, et depuis, plusieurs autres légendes ont triomphé à Tokyo, comme Ivan Lendl (1980), John McEnroe (1988) et Stefan Edberg (1987, 1989, 1990, 1991). Le tenant du titre est le n° 1 mondial, Jim Courier.

Les faits : Sampras profite de la défaite précoce de Courier

En avril 1993, Pete Sampras est à la poursuite de la première place mondiale, principalement détenue par Jim Courier depuis février 1992. Mais au cours des derniers mois, Sampras a cumulé sept titres ATP, a atteint les demi-finales à Wimbledon en 1992 ainsi qu’à l’Open d’Australie 1993, et il a été finaliste malheureux à Flushing Meadows en 1992, battu par Stefan Edberg.

Sampras et Courier participent tous deux à l’Open du Japon, à Tokyo, dont Courier est le tenant du titre. Le n°1 mondial est surpris par Jonathan Stark, 77e mondial, au troisième tour (6-4, 6-2), et Sampras peut donc s’emparer de la première place à condition d’atteindre les demi-finales. 

Le Californien, malgré la pression inhérente à un tel exploit, parvient à battre David Wheaton en quart de finale (6-3, 3-6, 6-4) et à s’assurer la première place mondiale pour la première fois de sa carrière. Deux jours plus tard, en finale, il affronte Brad Gilbert, qui a entretemps battu Stark, et il le balaie (6-2, 6-2, 6-2), commençant ainsi son règne avec autorité. Cependant, le nouveau n°1 sait qu’il lui reste encore beaucoup à prouver.

“Ça a vraiment bien marché pour moi cette semaine”, déclare Sampras, selon le New York Times. “Être numéro 1 est une grande réussite, mais je pense que le plus important est de gagner les grands tournois. Mon prochain objectif est Roland-Garros, même si la terre battue n’est pas la meilleure surface pour moi.”

25 ans plus tard, revenant sur cet exploit majeur pour atptour.com, Sampras confirmera ce qu’il avait déjà dit en 1993.

“Je me suis préparé pour être n°1 et quand j’y suis arrivé, il y avait de la satisfaction, mais ce n’est qu’après avoir gagné Wimbledon quelques mois plus tard que j’ai senti que je le méritais. Mais il est certain qu’après avoir atteint la première place, [mon entraîneur] Tim [Gullikson] et moi avons senti que nous pouvions maintenant pousser et travailler plus dur afin de gagner un autre majeur.”

Après ça : Sampras, incontestable numéro un

La semaine suivante, en finale de l’Open de Hong Kong, Sampras dominera son rival Courier (6-3, 6-7, 7-6). Quelques mois plus tard, il le battra à nouveau, en finale de Wimbledon (7-6, 7-6, 3-6, 6-3). Sampras, critiqué à ses débuts pour avoir atteint la première place mondiale sans avoir remporté un tournoi du Grand Chelem depuis plus de deux ans, va remporter trois titres majeurs consécutifs : Wimbledon et l’US Open en 1993, suivis de l’Open d’Australie en 1994. Pistol Pete passera un total de 286 semaines en tant que n° 1 mondial (un record qui ne sera battu que par Roger Federer en 2012) et, accumulant 14 titres du Grand Chelem (un record à l’époque), il terminera six saisons consécutives au sommet du classement (un record absolu). Il jouera son dernier match à l’US Open 2002, où il battra son éternel rival Agassi en finale (6-3, 6-4, 5-7, 6-4) pour remporter son 14e titre du Grand Chelem.

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