« Le chemin a été long, mais c’était le mien » : Pavlyuchenkova voit le bout d’une quête longue de 10 ans

Dix ans après son premier quart de finale en Grand Chelem, déjà à Roland-Garros, Anastasia Pavlyuchenkova s’est qualifiée pour sa première finale de Majeur jeudi. La suite logique d’un processus sur lequel la Russe ne nourrit aucun regret.

10 juin 2021
Anastasia Pavlyuchenkova at Roland-Garros in 2021

La plus âgée des huit quarts-de-finalistes de Roland-Garros cette année, Anastasia Pavlyuchenkova (29 ans) joue des tournois du Grand Chelem depuis 2007. Quand elle n’était encore qu’adolescente, elle ne pensait probablement pas qu’il lui faudrait attendre 2021 pour atteindre sa première finale en Majeur.

Après tout, Pavlyuchenkova s’était frayée un chemin jusqu’en quarts de finale de Roland-Garros en 2011, à seulement 19 ans. Elle était même passée à deux jeux de se qualifier pour les demi-finales, avant de dilapider une avance d’un set et d’un break contre la tenante du titre Francesca Schiavone. En dépit de cette défaite frustrante, elle avait envoyé des signaux positifs pour la suite.

Enfin franchir les quarts, le déclic pour Pavlyuchenkova

Pavlyuchenkova a enchaîné en se hissant jusqu’en quarts de finale de l’US Open 2011 quelques mois plus tard. Elle a finalement disputé quatre quarts de finale de Grand Chelem supplémentaires, et a atteint ce stade de la compétition au moins une fois dans chacun des quatre tournois majeurs. Mais une demi-finale, et encore plus une finale, lui échappait encore.

Tout a changé cette année à Roland-Garros, pour la 52e apparition en Grand Chelem de la carrière de Pavlyuchenkova. Dans la foulée de sa victoire contre sa partenaire de double Elena Rybakina en quart de finale (6-7, 6-2, 9-7), la Russe a battu Tamara Zidansek ce jeudi (7-5, 6-3) pour enfin se présenter en finale d’un tournoi majeur. Elle y affrontera samedi Barbora Krejcikova, victorieuse de Maria Sakkari en demi-finale.

Anastasia Pavlyuchenkova, Roland-Garros 2021

Pas besoin de préciser que l’attente valait le coup.

« La moi de 14 ans me demanderait : ‘Pourquoi cela a pris si longtemps ?’, a confié Pavlyuchenkova en conférence de presse après son succès sur Zidansek. Le chemin a été long, mais c’était le mien. Chacun a sa voie. Il y a eu beaucoup de hauts et de bas. Ç’a été compliqué. »

« Je ne m’attendais vraiment pas à être en finale cette année. Je suppose que vous ne pouvez pas anticiper ces choses-là. J’étais juste là à travailler dur, à faire tout mon possible. Je me disais simplement : ‘Tu sais quoi, cette année fais tout ce qu’il faut tout ce que tu peux pour améliorer ton jeu, ta mentalité’. J’ai commencé à travailler avec un psychologue du sport, j’ai tout fait. Je voulais tout donner pour ne pas avoir de regrets après. »

J’y pense tout le temps, depuis que je suis junior, depuis que je suis une enfant

Anastasia Pavlyuchenkova, sur son envie de gagner un Grand Chelem

La 32e joueuse mondiale n’a pas de regrets, à coup sûr désormais. Maintenant elle veut franchir une marche supplémentaire et soulever un trophée du Grand Chelem pour la première fois.

« C’est quelque chose à laquelle je pense à chaque fois, a répondu Pavlyuchenkova à la question de savoir quand elle avait commencé à envisager la possibilité de gagner un Majeur. En tant que joueuses de tennis, je pense que c’est le seul objectif que nous avons en tête. C’est pour ça que nous jouons au tennis. C’est pour nous le plus grand accomplissement que nous puissions réaliser. »

« J’y pense tout le temps, depuis que je suis junior, depuis que je suis une enfant, depuis que j’ai commencé à jouer au tennis. C’est ce pour quoi vous jouez. C’est ce que vous voulez. C’est dans ma tête depuis toujours. »

Et maintenant elle tient l’occasion d’exorciser pour de bon les démons de sa défaite contre Schiavone en 2011.

« Je ne pensais pas à ce match parce que c’était un quart de finale, pas une demie, a assuré Pavlyuchenkova à Tennis Channel après sa victoire de jeudi. Je pense que c’était un bon exemple de mon incapacité à gérer le moment. Ce sont des leçons dures, mais elles sont bonnes à apprendre. Ça m’a pris du temps. »

Dix ans. Une éternité à l’échelle d’une carrière. Mais un voyage dont la finalité pourrait être l’accomplissement d’un rêve de petite fille. Et ça vaut toutes les années passées à se perdre dans cette quête.

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